Shein va devoir payer quarante millions d’euros d’amende en France ! Ce qui est reproché à l’enseigne chinoise, c’est d’avoir affiché de fausses réductions sur des milliers de produits vendus en ligne. Les inspecteurs de la DGCCRF ont passé au crible des promotions mises en avant entre l’automne 2022 et l’été 2023. Dans plus de la moitié des cas, le prix de départ affiché n’était pas le bon. Il avait parfois été augmenté avant d’être barré, pour donner l’impression d’une remise plus importante qu’elle ne l’était vraiment.
Une pratique est interdite par le droit européen
Cette pratique permet de pousser le client à acheter vite, persuadé de faire une bonne affaire. Dans les faits, la différence entre le prix de base et le prix payé est souvent bien plus faible que ce qui est annoncé. Pour Shein, cela représentait un argument de vente de plus, sur un site déjà connu pour ses vêtements à bas prix.
L’enquête ne s’est pas arrêtée aux promotions puisque les autorités ont aussi relevé que la marque mettait en avant une baisse de ses émissions de gaz à effet de serre. Un chiffre était avancé : moins 25 % d’ici 2030. Sauf qu’aucun élément n’a permis de vérifier que cet objectif était réel. Pas de méthode claire, pas de contrôle indépendant. Résultat, la promesse a été jugée trompeuse elle aussi.
Shein n’a pas contesté la sanction
Shein, par l’intermédiaire de sa filiale Infinite Style E-commerce Ltd, a reconnu les faits. Pour éviter une longue procédure judiciaire, l’entreprise a accepté la transaction proposée par la DGCCRF : une amende de 40 millions d’euros, soit l’une des plus lourdes infligées en France pour ce type de manquement. L’entreprise chinoise dit avoir revu la présentation de ses prix depuis plusieurs mois et assure que le prix final n’a pas bougé pour les clients. Officiellement, la marque promet aussi de respecter la loi française et européenne.
Cette amende arrive dans un contexte où la fast fashion est de plus en plus surveillée. Les vêtements à bas prix vendus en ligne séduisent un large public mais soulèvent aussi des questions sur la production, le transport et l’impact environnemental. En Europe, le Digital Services Act impose depuis peu aux plateformes comme Shein plus de transparence et plus de contrôles sur ce qu’elles mettent en avant.
Pour l’instant, Shein continue de gagner des parts de marché en France, mais les autorités préviennent qu’elles vérifieront si les pratiques ont réellement changé. La promesse de faire toujours plus de promotions à prix cassés pourrait devenir plus difficile à tenir si chaque réduction doit être justifiée, et chaque engagement prouvé. Pour le consommateur, c’est peut-être le signe que la fête des fausses bonnes affaires touche à sa fin.
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