Pendant trois jours, plus de 280 équipes issues d’universités et d’entreprises de 16 pays ont présenté leurs robots à Pékin. Les épreuves allaient du football au kickboxing, en passant par la course ou les parcours d’obstacles. Certains robots ont montré des capacités acrobatiques inédites, réussissant des saltos arrière ou franchissant un terrain accidenté.
Prouesses et maladresses
Mais la réalité du terrain fut souvent plus comique que spectaculaire. Lors des matchs de football, des robots pas plus grands que des enfants se sont écroulés les uns sur les autres comme des dominos. Un gardien est resté immobile alors qu’une balle rebondissait plusieurs fois contre ses jambes avant d’entrer dans le but. Dans les combats de boxe, équipés de gants colorés, les robots frappaient dans le vide. « Le taux de réussite est un peu faible », a reconnu avec humour un commentateur officiel.
Les organisateurs n’ont pas échappé à quelques incidents : un robot de la société chinoise Unitree Robotics a renversé un membre du personnel en pleine course. Pourtant, un autre modèle de la même entreprise a remporté l’épreuve du 1.500 mètres indoor avec un temps de 6 minutes 34 secondes, une performance remarquable pour un robot… même si elle reste loin des 3 min 29 s du recordman humain Jakob Ingebrigtsen.
Ces jeux n’étaient pas qu’une simple curiosité. C’était aussi pour Pékin l’occasion de mettre en scène ses ambitions en robotique. Déjà en février, des humanoïdes avaient dansé lors du gala télévisé du Nouvel An lunaire. En avril, le gouvernement avait organisé un semi-marathon intégrant une vingtaine de robots parmi les coureurs.
Les autorités locales présentaient cette compétition comme un test grandeur nature pour évaluer les progrès de la discipline. Car malgré les chutes, les spectateurs ont pu constater des avancées importantes en locomotion et en équilibre. Les robots capables de courir ou de réaliser des acrobaties n’étaient qu’un fantasme il y a encore quelques années.
Produire un robot humanoïde n’est plus réservé à quelques laboratoires disposant de budgets colossaux. L’accès plus large au matériel et les progrès de l’IA permettent désormais d’élargir le champ des expériences et des constructeurs. Ces avancées ne doivent toutefois pas masquer les limites actuelles. Les robots présentés à Pékin n’ont pas encore les capacités de planification ou de raisonnement qui permettraient de les rendre véritablement autonomes. Les robots restent encore… un peu bêtes.
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