C’est un compte à rebours préoccupant qui alerte professionnels, usagers et collectivités. Dès septembre 2026 pour Orange, puis fin d’année pour Bouygues et SFR, la 2G cessera d’émettre. Celle de la 3G suivra en 2029. Derrière ce calendrier officiel, le basculement technique risque de poser nombre de problèmes. L’infrastructure de sécurité et d’assistance au quotidien repose encore massivement sur ces réseaux vieillissants, et pourrait impacter leur fonctionnement.
La sécurité en première ligne
Premier secteur concerné : la téléassistance pour les personnes âgées. Très répandus dans les foyers, ces dispositifs permettent d’alerter secours ou proches en cas de chute ou de malaise. Or, la majorité fonctionne encore avec une carte SIM 2G. Faute d’anticipation, des milliers de personnes vulnérables pourraient se retrouver sans solution fiable.
Même constat pour les ascenseurs : près de 230 000 cabines sont dépendantes de la 2G pour transmettre une alerte lorsqu’un utilisateur reste bloqué. Si les alarmes sonneront toujours, les appels d’urgence ne seraient plus transmis aux centres d’assistance. Ici encore, l’impact sur la sécurité des usagers est jugé critique.
Enfin, dans les logements et entreprises, les systèmes de télésurveillance – intrusion, incendie, bouton d’alerte – risquent également de perdre leur fonctionnalité connectée. Selon les premières estimations, environ 700 000 installations dépendent encore directement de cette technologie.
Un coût technique et financier
La transition n’est pas simplement technique : elle est aussi budgétaire. Passer d’un module 2G à un module compatible 4G ou 5G implique de nouveaux équipements, des interventions de techniciens et une hausse des abonnements. Dans le cas des ascenseurs, la facture peut aller de 300 à 500€ pour un simple remplacement de module à plusieurs milliers pour une modernisation complète. À cela, il faut encore ajouter le coût de l’abonnement en hausse. Un tarif qui risque d’être répercuté aux particuliers, surtout par les plus petites structures de télésurveillance.
Face à ces inquiétudes, les opérateurs gardent leur ligne : libérer des fréquences pour les réseaux modernes, moins vulnérables aux cyberattaques et plus adaptés aux usages actuels. Quant au gouvernement, il se retranche derrière la responsabilité des opérateurs privés. Certaines demandent un sursis supplémentaire de deux ans afin de sécuriser la transition. Mais jusqu’ici, la réponse officielle reste minimaliste.
Un chantier urgent
Au-delà de l’opposition entre anciens et nouveaux réseaux, la question renvoie à une problématique plus large : comment gérer une transition numérique qui touche directement à la sécurité quotidienne ? La disparition de la 2G et de la 3G cristallise cette tension. La technologie, bien que considérée comme obsolète, demeure, dans les faits, le socle invisible d’une multitude de services. À mesure que la date approche, la question n’est plus de savoir si le pays est prêt à passer à une technologie supérieure, mais si elle aura les moyens d’éviter une rupture brutale.
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