New Glenn n’en est qu’à son deuxième vol, mais les enjeux sont déjà immenses. Lors de son premier tir en janvier dernier, la récupération du premier étage avait échoué à cause d’un problème de télémétrie. Cette fois, Blue Origin espère non seulement envoyer correctement les sondes sur leur trajectoire martienne, mais aussi ramener son imposant booster sur une barge dans l’Atlantique.
Une fusée qui joue gros
Le lanceur est équipé de sept moteurs BE-4, qui fonctionnent au méthane liquide et à l’oxygène liquide. Sa capacité dépasse 45 tonnes en orbite basse, et l’entreprise prévoit de réutiliser le premier étage jusqu’à 25 fois. « Nous apprendrons beaucoup à chaque tentative », avait assuré Dave Limp, le CEO, après l’échec du premier vol.
Réussir cette récupération constituerait un pas décisif pour atteindre l’objectif affiché : enchaîner jusqu’à 24 lancements par an d’ici 2026.
Si New Glenn attire l’attention, la mission embarquée n’est pas en reste. ESCAPADE, pour « Escape and Plasma Acceleration and Dynamics Explorers », consiste en deux petits satellites de moins de 90 kilos chacun, construits par Rocket Lab en Californie. Surnommés « Blue » et « Gold », en hommage à l’université de Berkeley qui pilote la mission, ils partagent une architecture légère mais sophistiquée : panneaux solaires rigides délivrant 260 watts, moteur bi-propulseur et une autonomie suffisante pour un long voyage interplanétaire.
Leur mission est de comprendre comment le vent solaire érode l’atmosphère martienne depuis des milliards d’années. Les deux sondes suivront d’abord une orbite identique autour de Mars pour mesurer les mêmes phénomènes à des moments différents, avant de se séparer pour collecter des données depuis deux points éloignés simultanément.
Chaque appareil emporte trois instruments principaux : un magnétomètre capable de détecter des champs extrêmement faibles, un analyseur électrostatique pour suivre ions et électrons, et une sonde plasma pour mesurer la densité des particules. Ce trio doit fournir un portrait précis de l’interaction entre Mars et son environnement spatial, en plus des observations de la mission MAVEN déjà en orbite. Le voyage prendra environ onze mois, il sera suivi d’une phase scientifique d’un an autour de la planète rouge.
Pour Blue Origin, cette mission ne devra donc pas se résumer à une prouesse technique. Il s’agit aussi d’un test grandeur nature pour décrocher de futurs contrats avec la NASA, notamment dans le cadre du programme VADR qui encourage l’utilisation de nouveaux lanceurs pour des missions à moindre coût.
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