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Un concept des années 70 ressuscité pour un porte-avion volant de drones en Chine

Un « porte-avion volant » pour drones, inspiré d’une idée oubliée des années 1970 : des ingénieurs chinois planchent sur un appareil hypersonique doté d’une aile oblique pivotante, capable de filer à Mach 5 et de larguer une nuée de drones derrière les lignes ennemies.

En Chine, des chercheurs de l’Université polytechnique du Nord-Ouest ont remis au goût du jour une idée née dans les années 1970 : l’aile oblique. Popularisée par le petit appareil expérimental AD-1 de la Nasa, cette configuration consiste à faire pivoter une aile unique de 0 à 90 degrés selon la vitesse de vol.

Un vaisseau-mère à Mach 5

À faible allure, elle est perpendiculaire au fuselage, ce qui maximise la portance. Autour de Mach 1, elle pivote à 45 degrés pour réduire la traînée d’onde, et à Mach 5, elle se cale parallèlement au fuselage, transformant l’appareil en « waverider » capable de tirer parti des chocs aérodynamiques.

L’objectif est de concevoir un avion sans pilote, capable d’atteindre cinq fois la vitesse du son, pour servir de plateforme de lancement à des essaims de drones. Une version moderne du « scissor wing », selon les chercheurs, qui pourrait surmonter les limites ayant condamné les expériences américaines des décennies passées.

Le projet présenté par l’équipe du professeur Ma Yiyuan imagine un « vaisseau-mère » évoluant à 30 km d’altitude, près de la limite de l’espace. L’appareil transporterait environ 2 tonnes de charge utile, soit 16 à 18 drones autonomes capables de frapper rapidement des infrastructures sensibles : radars, centres de communication ou postes de commandement. Une fois sa mission accomplie, l’engin retournerait se poser de manière autonome.

Selon l’étude publiée fin juillet, la simplicité structurelle de l’aile oblique présente des avantages par rapport aux ailes à géométrie variable : un caisson central plus solide, moins de pièces mobiles et donc, en théorie, une meilleure fiabilité. « L’aile reste un élément unique et intégré », expliquent les auteurs, qui voient là un atout décisif face à des conceptions plus lourdes et complexes.

Si la théorie paraît séduisante, dans la pratique ce n’est tout de même pas gagné. Le pivot central de l’aile devra supporter des charges extrêmes, avec des contraintes de flexion et de torsion inédites à ces vitesses. À Mach 5, les bords d’attaque atteignent des températures supérieures à 1.000 °C, mettant à rude épreuve les matériaux et les systèmes de lubrification. À cela s’ajoutent les risques de fissures liées aux cycles répétés de vol et d’atterrissage.

À ce niveau, la redondance est indispensable : il est nécessaire d’intégrer des systèmes de secours, des capteurs en temps réel et des mécanismes capables de bloquer l’aile en position stable en cas de panne. Néanmoins, les outils modernes (calculs numériques avancés, IA et structures intelligentes) pourraient lever les verrous qui avaient fait échouer la Nasa et la Darpa.

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