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Renault pourrait fabriquer des drones pour l’armée française !

Poussé par le gouvernement, le constructeur automobile devrait participer à la fabrication de drones destinés à l’armée française et à l’Ukraine. La perspective divise en interne, certains n’étant pas prêt à fabriquer des armes létales.

Chez Renault, le sujet des drones militaires s’invite jusque dans les conversations informelles des ateliers et des bureaux, comme le rapporte Le Parisien. L’annonce, au printemps dernier, de Sébastien Lecornu, l’ancien ministère des Armées désormais Premier ministre, a surpris tout le monde : l’État souhaite associer le constructeur à une PME française de défense pour produire des drones, destinés aux forces françaises et ukrainiennes.

Un projet imposé par l’État

Pris de court, Renault a dû affronter une vague de critiques, notamment des campagnes de désinformation venues de comptes pro-russes. Face aux rumeurs, la direction du groupe a tenté d’apaiser les tensions par une communication interne. Le message reste volontairement prudent : « Sollicité par le gouvernement français, Renault Group étudie la possibilité de mettre son savoir-faire industriel au service de projets de défense », peut-on lire dans la note adressée aux salariés.

Le constructeur rappelle que d’autres industriels européens ont déjà franchi ce pas, comme Schaeffler en Allemagne ou la famille Porsche, qui a annoncé investir dans la défense. Si Renault insiste sur une démarche exploratoire, l’éventualité de voir l’entreprise produire des drones inquiète une partie des salariés. La CFDT évoque ainsi des équipes « un peu choquées » qui craignent un basculement durable vers l’armement. Au vu du monde tel qu’il est, c’est malheureusement un secteur d’avenir.

« Il ne s’agit pas d’une simple reconversion industrielle, mais d’un basculement vers une activité totalement différente, aux implications fortes », avertit le syndicat dans un tract. Force Ouvrière réclame, de son côté, davantage de transparence de la part de l’État, premier actionnaire de Renault.

Avant de trancher, Renault a passé au crible les avantages et les écueils possibles. Côté bénéfices, la direction évoque la valorisation du savoir-faire industriel, la possibilité d’applications civiles, un soutien à l’activité de certains sites en France et un intérêt économique non négligeable. En face, trois points noirs ressortent : la sécurité des usines, les menaces de cyberattaques et le risque de campagnes de désinformation.

Renault rappelle qu’il ne s’agit pas de devenir un acteur majeur de la défense, mais d’apporter une expertise technique sur des projets ciblés. « Tout en ayant un impact positif sur notre activité », précise la direction. L’entreprise assure que son cœur de métier restera l’automobile civile.

L’idée d’un retour à la production militaire n’est pourtant pas anodine. Le constructeur avait déjà fabriqué des chars et des obus durant la Première Guerre mondiale. Une mémoire historique qui resurgit alors que cette hypothèse des drones prend de l’ampleur. Un autre enjeu pèse dans la balance : produire des drones pour l’Ukraine fermerait presque définitivement les portes du marché russe, où Renault conserve jusqu’en 2028 une option de rachat de Lada…

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