Avec un effort budgétaire global estimé à 30 milliards d’euros, le gouvernement veut faire le pari d’une stratégie équilibrée entre taxation des plus riches et contribution des classes moyennes. Si l’idée est belle sur le papier, le résultat concret est implacable : il va falloir payer plus de taxes pour réduire un déficit public qui devrait atteindre 5,4% du PIB en 2025. Et comme souvent, ce sont les contribuables qui vont devoir mettre la main à la poche.
Les retraités dans le viseur
La mesure la plus emblématique de cette nouvelle loi finances concerne la suppression de l’abattement de 10% dont bénéficient actuellement tous les retraités. Cette déduction, instaurée en 1978 et jusqu’à présent plafonnée à 4399€, sera remplacée par un forfait unique de 2000€ par membre du foyer fiscal.
Cette réforme devrait rapporter environ un milliard d’euros selon l’Institut des politiques publiques, tout en redistribuant l’effort fiscal. Pas sûr que les retraités apprécient. D’autant plus que la mesure s’accompagne d’un gel complet des pensions de retraite en 2026, puis d’une sous-indexation de 0,4 point par rapport à l’inflation jusqu’en 2030.
200 000 nouveaux contribuables
Le gel du barème de l’impôt sur le revenu constitue une autre mesure majeure du budget 2026. En maintenant les tranches d’imposition à leur niveau actuel malgré une inflation prévue à 1,1%, le gouvernement créera mécaniquement 200 000 nouveaux contribuables l’année prochaine. Les ménages dont les revenus progressent moins vite que l’inflation ne seront donc pas épargnés par cette hausse d’impôt déguisée. Seule consolation, l’ajustement reste relativement modéré compte tenu du faible niveau d’inflation attendu, et des aménagements pourraient être discutés au Parlement pour éviter des situations trop pénalisantes.
Taxer les hauts revenus et les entreprises (mais pas trop quand même)
Pour apaiser la grogne des classes plus modeste, le gouvernement veut aussi introduire une taxe de 2% sur les holdings patrimoniales détenant plus de 5 millions d’euros d’actifs. Le secteur privé n’échappe pas à l’effort fiscal. La surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des 400 plus grandes entreprises est maintenue, mais avec un taux divisé par deux. Elle devrait rapporter 4 milliards d’euros contre 8 milliards en 2025.
En contrepartie, le gouvernement accélère la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Le taux maximal passera de 0,28% à 0,19% dès 2026, puis à 0,09% en 2027, avant une suppression complète en 2028, soit deux ans avant l’échéance initialement prévue. Cette baisse représente 1,3 milliard d’euros de recettes en moins, mais entend soutenir la compétitivité des PME.
Chasse aux niches fiscales
Le projet supprime aussi 23 niches fiscales sur les 474 existantes, jugées obsolètes ou inefficaces. Plusieurs La fiscalisation des indemnités journalières pour affection longue durée (ALD) représente à elle seule 700 millions d’euros de recettes supplémentaires.
Parmi les suppressions figurent également quelques dispositifs symboliques, comme l’exonération fiscale des prix Nobel, de la Légion d’honneur ou des crédits d’impôt pour la formation des dirigeants d’entreprise. De quoi rapporter près de 5 milliards d’euros selon les estimations gouvernementales.
Taxe Shein et vapoteuses
Le budget introduit enfin plusieurs taxes spécifiques. Une taxe de 2€ par colis, devrait permettre de viser les 775 millions de petits envois annuels en provenance d’Asie. Cette mesure temporaire, dans l’attente d’une solution européenne, mais qui devrait générer 500 millions d’euros l’année prochaine.
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