L’on vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Dans les années 2000, une étrange souris devient la star des cours de récré de l’Hexagone. Partout en France, les écoles primaires deviennent d’énormes marchés au troc, où les enfants s’échangent des feuilles de papier. Les cartes Pokémon sont reléguées au rang d’antiquité, pour être cool auprès de ses camarades, il faut posséder les best-sellers rayon papeterie. À une époque où les mails et les SMS remplacent peu à peu les lettres, les enfants des années 2000 s’arrachent des outils pour écrire des missives. Éditée par Depesche Vetrieb GmbH, la collection Diddl est un succès inespéré.
Les illustrations de Thomas Goltez, d’abord pour des cartes postales, trouvent un écho chez les préados d’une trentaine de pays européens. Diddl est une souris à la trogne particulière, il est accompagné d’autres personnages hauts en couleur. L’ours Pimboli, le mouton noir Wollywell ou encore le cheval Galupy, la bande se décline sous de nombreuses formes. Trousses, agenda, crayons et carnets, il y en a pour tous les goûts. Mais ce sont les blocs-notes qui sont les plus plébiscités.
Le but : faire la collection de toutes les feuilles et de tous les formats. Il faut dire que Depesche soignait ses carnets, avec des timbres détachables, des senteurs à gratter et même des feuilles qui s’assemblent pour former une immense fresque. En 2014, après une décennie de règne sans partage, Diddl tire néanmoins sa révérence et la société Depesche met fin à sa distribution. Une tentative de retour en grâce échouera en 2016, les produits Diddl Forever ne réussiront pas à faire renaître la frénésie des débuts.

Diddl is back in the game ?
10 ans plus tard, Kontiki, société française cette fois, retente l’expérience avec la dénomination “Diddl is back”. Annoncée en janvier dernier, la collection a investi les rayons au début du mois d’octobre. Pile à temps pour Noël, cette gamme veut tabler sur la nostalgie des trentenaires pour s’inviter en tête des ventes chez les distributeurs, comme Cultura, Fnac ou encore en ligne. Les clients se ruent dans les magasins et les rayons se vident à la vitesse de l’éclair. Nous avons nous-mêmes tenté de nous en procurer chez la Fnac, mais force est de constater que les stands faisaient déjà grise mise. Seuls les accessoires, tels que les crayons, les carnets secrets ou les trousses étaient encore disponibles.
Et quand, finalement, nous avons fini par mettre la main sur les précieux blocs, c’est la douche froide. Alors même que l’on s’imaginait déjà troquant nos feuilles entre collègues, Diddl a un certain succès chez le Journal du Geek, celles-ci ne sont pas détachables. Il faudra faire preuve d’inventivité pour utiliser les pages comme feuilles volantes, en utilisant un cutter ou en faisant preuve d’une grande dextérité. Difficile de comprendre le choix de Kontiki de ne pas offrir aux clients ce qui a fait la réputation de Diddl à l’international. De la même manière, les objets associés ne brillent pas par leur qualité, avec des stylos coiffés de figurines franchement pas gracieuses. Côté prix, rien de bien étonnant. Les blocs A6 sont commercialisés 4,99 euros tandis que les A5 sont à 7,99 euros.
@journaldugeek Le retour de Diddl est un vrai flop ! Diddlisback Journaldugeek
Plus largement, Diddl is back semble manquer de ce qui faisait l’essence des produits des années 2000, des illustrations qui racontent des histoires et qui sont ludiques. Ici, le petit personnage est présent en bas de page en version réduite. Les designs sont assez limités et les senteurs plutôt décevantes. Si l’on peut espérer que cette collection capsule ne soit qu’un test à grande échelle pour Kontiki, force est de constater que surfer sur la nostalgie ne porte pas toujours ses fruits. Si les rayons sont vidés, de nombreux clients regrettent le manque d’ambition de Kontiki. Une nouvelle collection doit éclore en 2026 et il se murmure qu’elle signera le retour des feuilles détachables et des produits plus vintage.
On peut imaginer que la marque écoute attentivement les retours de ses clients pour améliorer sa copie. De notre côté, on se dit qu’on s’est fait avoir par cette madeleine de Proust et on regrette amèrement d’avoir accepté que nos chers parents vendent notre classeur débordant de feuilles lors d’un vide-grenier… Mais tout n’est pas pour Diddl, après tout, les cartes Pokémon ont trouvé une manière de revenir sur le devant de la scène !
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