Quel symbole plus légendaire de la saga Star Wars que le petit droïde astromécano R2-D2 ? Avec son look d’enfer, son capital sympathie infini, son caractère bien trempé, et surtout ses petits « beep-beep-bop », il restera à jamais dans le cœur des fans. Saviez-vous que, dans la nature, il existe des oiseaux qui savent reproduire si fidèlement ses sons que l’on se croirait en compagnie du petit droïde d’Alderaan en personne ? Des chercheurs néerlandais viennent de comprendre comment ils s’y prennent et c’est évidemment du côté de leur anatomie qu’il faut aller chercher… et de leur sens du spectacle !
R2-D2 en version ornitho
La « voix » (appelez-la comme vous le souhaitez) de R2-D2 est iconique et reconnaissable entre mille. Mélange de bips et d’éclats de rire électroniques, de cris paniqués (« Whaaaaaaaaooooouw !») et de gazouillis synthétiques, celles et ceux qui ont grandi avec Star Wars, généralement, l’adorent.
C’est à Ben Burtt qu’on la doit, un concepteur sonore américain, qui l’a créée à partir d’un synthétiseur ARP 2600 aux sonorités typiques de la décennie 70-80, et d’un ring modulator (dispositif audio analogique utilisé pour fusionner deux signaux sonores et en créer un troisième). Burtt enregistrait sa propre voix, qu’il modulait ensuite avec ces deux machines : le mélange a donné sa voix mythique à R2-D2.
Un timbre si particulier qu’il a inspiré une étude, publiée le 6 novembre dans la revue Scientific Reports, dans laquelle des chercheurs de l’Université d’Amsterdam et de Leiden ont voulu tester chez neuf espèces d’oiseaux chanteurs leur aptitude à imiter les sons multiphoniques et monophoniques du droïde.
Ils ont ainsi analysé 115 vidéos postées par des particuliers sur le site participatif The Bird Singalong Project, où des passionnés s’amusent à faire imiter à leurs compagnons à plumes les sons de R2-D2.
Si on avait pu s’attendre à ce que les perroquets ou les corbeaux arrivent en tête des meilleurs imitateurs, ce n’est pas le cas. Ce sont les étourneaux sansonnet (Sturnus vulgaris) qui ont pulvérisé le classement, grâce à un organe vocal unique au monde : la syrinx. Situé au fond de la trachée, tous les oiseaux en possèdent un, mais les étourneaux disposent d’une syrinx à deux voies sonores indépendantes, leur permettant de chanter à deux voix, comme s’ils avaient un mini-synthé intégré. « Les étourneaux peuvent produire des sons multiphoniques que même les perroquets les plus doués ne parviennent pas à reproduire », expliquent les chercheurs.
Pas besoin d’un gros cerveau pour être bon imitateur
La plupart des perroquets disposent d’une syrinx plus proche de notre larynx ; elle est plus simple et ne peut produire qu’un ton à la fois. Ils arrivent à chanter quelques petits « bips » rudimentaires du droïde, mais sont bien incapables d’imiter ses envolées polyphoniques plus complexes.
Les plus petits de cette famille d’oiseaux, comme la Perruche ondulée (Melopsittacus undulatus) ou la Calopsitte élégante (Nymphicus hollandicus) ont tout de même su tirer leur épingle du jeu. Bien mieux que les plus grandes espèces comme les perroquets gris (Psittacus erithacus) ou les aras bleus (Ara ararauna). « En réalité, les oiseaux dotés d’un plus grand cerveau ont imité les sons simples avec significativement moins de précision que les Perruches ondulées et les Calopsittes », note l’équipe, sans toutefois pouvoir avancer une réelle explication.
Bien évidemment, tous ces oiseaux n’ont que faire de R2-D2, mais ils ne le miment pas non plus pour rien. L’imitation est, pour eux, un véritable langage social qui leur sert à communiquer avec leurs congénères ou propriétaires, à se différencier des autres, à séduire ou à s’intégrer. Quant à C-3PO, il peut dormir tranquille : aucun étourneau n’est prêt à débiter ses six millions de langages avec son ton nasillard et sa syntaxe pincée de majordome galactique.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.