Passer au contenu

TikTok est trop addictif, selon la Commission européenne

Scrolling sans fin, vidéos qui s’enchaînent toutes seules et recommandations ultra-ciblées : la Commission européenne estime que TikTok a un peu trop bien appris à capter l’attention de ses utilisateurs. La plateforme est accusée de ne pas avoir suffisamment mesuré les effets de ces choix sur le bien-être et la santé mentale des utilisateurs, notamment celui des plus jeunes.

TikTok va devoir s’expliquer à Bruxelles. La Commission européenne a publié ses conclusions préliminaires dans le cadre de son enquête sur la conformité du réseau social au DSA, le règlement sur les services numériques. Et le message est clair : l’application aurait été pensée pour retenir ses utilisateurs le plus longtemps possible, parfois au détriment de leur santé mentale.

Scroll infini, cerveau en veille

Dans le viseur de la Commission, on retrouve les grands classiques du genre : le scrolling infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications incessantes et un algorithme de recommandation particulièrement affûté. Pris séparément, ces éléments peuvent sembler anodins. Ensemble, ils formeraient un cocktail redoutablement efficace pour inciter à rester encore « juste cinq minutes de plus ».

Bruxelles va même plus loin en évoquant un passage du cerveau en « mode autopilote ». Autrement dit, l’utilisateur continue de faire défiler les vidéos sans vraiment s’en rendre compte, happé par un flux continu de contenus. La Commission s’appuie sur des travaux scientifiques montrant que ce type de mécaniques peut favoriser des comportements compulsifs et réduire la capacité d’autocontrôle.

Autre reproche formulé à l’encontre de TikTok : ne pas avoir pris au sérieux certains signaux pourtant révélateurs, comme le temps passé sur l’application la nuit ou la fréquence d’ouverture quotidienne. Des indicateurs que le régulateur associe à des usages excessifs, en particulier chez les mineurs et les adultes vulnérables.

TikTok n’est pourtant pas resté totalement les bras croisés. La plateforme met régulièrement en avant ses outils de gestion du temps d’écran et ses contrôles parentaux. Mais pour la Commission, ces garde-fous ressemblent davantage à des symboles plus qu’à de véritables freins. Les limites de temps peuvent être écartées en quelques tapotements et n’introduisent « qu’une friction limitée », selon l’analyse de Bruxelles. Quant aux contrôles parentaux, ils demandent du temps, un certain niveau de maîtrise technique et une implication constante des parents, autant d’éléments qui en réduisent l’efficacité réelle.

À ce stade de la procédure, la Commission estime que TikTok doit revoir en profondeur le design de base de son service. Parmi les pistes évoquées figurent la désactivation progressive de certaines fonctionnalités jugées problématiques, la mise en place de pauses effectives de temps d’écran, y compris pendant la nuit, ou encore des ajustements de l’algorithme de recommandation pour limiter l’enfermement dans des boucles de contenus.

Dans un communiqué, la plateforme rejette en bloc les accusations, dénonçant une description « catégoriquement fausse » de son fonctionnement et promettant de contester les conclusions « par tous les moyens disponibles ». TikTok dispose désormais d’un délai pour répondre officiellement aux griefs de la Commission. S’ils sont confirmés, Bruxelles pourra aller jusqu’à prononcer une sanction financière pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial du groupe.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode