Passer au contenu

IPTV : la justice rend l’accès encore plus difficile en bloquant le contournement des VPN

La dernière décision du tribunal judiciaire de Paris referme progressivement les possibilités de profiter des services de l’IPTV.

La plupart des IPTV offres services de télévision par Internet non autorisés proposent des abonnements à 5-15 € par mois donnant accès à des milliers de chaînes, dont les matchs de Ligue 1, la Formule 1 ou la Ligue des champions, mais aussi des plateformes de streaming, le tout de façon parfaitement illégale.

Le problème pour les pirates utilisant ce genre de service, les fournisseurs d’accès Internet français ont l’obligation de bloquer massivement ces plateformes sur ordre de la justice et c’est là qu’interviennent les VPN. En masquant l’adresse IP réelle et en la remplaçant par une IP située dans un autre pays, ces services permettaient de contourner facilement les restrictions imposées par les FAI français. Un utilisateur bloqué par Orange pouvait simplement activer son VPN, se connecter via un serveur belge ou suisse et retrouver l’accès à son IPTV pirate.

La stratégie du tribunal, fermer toutes les issues

La décision du 18 décembre représente la troisième vague d’une offensive judiciaire méthodique. La Ligue de football professionnel, Canal Plus et beIN Sports ont progressivement remonté chaque chose pouvant permettre facilement l’accès aux IPTV. La première étrape était de procéder au blocage classique chez les FAI. La deuxième était de bloquer les résolveurs DNS publics comme Google DNS ou Cloudflare. Beaucoup d’utilisateurs d’IPTV modifiaient leurs paramètres DNS pour échapper aux blocages FAI.

Vient ensuite le blocage direct au niveau des VPN. CyberGhost, ExpressVPN, NordVPN, ProtonVPN et Surfshark doivent désormais empêcher l’accès depuis la France aux domaines visés où les IPTV trouvent leurs sources. Cette stratégie en entonnoir rend de plus en plus compliqué l’accès aux plateformes pirates, même pour les utilisateurs techniquement débrouillards.

Concrètement, qu’est-ce qui change pour les adeptes d’IPTV ?

Ceux qui utilisent un VPN pour accéder à une IPTV pirate, il faudra probablement changer de service qui eux, ne sont pas touchés par la décision de justice. Les revendeurs d’abonnements pirates devront investir davantage dans des solutions techniques complexes pour maintenir l’accessibilité de leurs services. Ces coûts supplémentaires se répercuteront inévitablement sur les prix.

Les IPTV à 10 € par mois pourraient progressivement grimper à 15-20 €, grignotant leur principal argument face aux offres légales. Parallèlement, la stabilité du service risque de se dégrader avec des coupures plus fréquentes, temps de latence accrus, et la nécessité de jongler entre plusieurs applications ou domaines.

Pour les utilisateurs occasionnels, peu enclins à suivre les péripéties techniques du jeu du chat et de la souris, l’expérience deviendra franchement pénible. Seuls les plus motivés continueront à naviguer dans ce labyrinthe de blocages et de contournements. La justice française parie que de plus en plus de consommateurs franchiront le pas vers la légalité, surtout si l’accès aux solutions pirates devient vraiment compliqué.

NordVPN a fait appel et d’autres procédures judiciaires suivront probablement. Mais la tendance est claire, l’étau se resserre méthodiquement autour des IPTV pirates en France. Si cette jurisprudence se confirme et inspire d’autres pays européens, le modèle économique du streaming illégal pourrait vaciller. Pas au point de disparaître complètement puisque les pirates ont toujours une longueur d’avance technologique, mais suffisamment pour que l’expérience utilisateur se dégrade sérieusement.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode