C’était une idée dans l’air du temps : proposer un chatbot capable de tenir des conversations érotiques, et donc réservé aux adultes. Mais chez OpenAI, l’enthousiasme est rapidement retombé. Le projet, connu en interne sous le nom de « Citron mode », est désormais « en pause indéfinie », comme le révèle le Financial Times. Initialement évoqué fin 2025, le lancement avait déjà été repoussé une première fois. Entre-temps, les discussions se sont intensifiées en interne… jusqu’à aboutir à une décision claire : mieux vaut lever le pied.
Un projet qui a vite refroidi en interne
Plusieurs signaux ont contribué à ce revirement. D’abord, des inquiétudes chez certains employés et investisseurs. L’idée d’un chatbot à connotation sexuelle ne faisait pas l’unanimité, notamment en raison des risques de dépendance émotionnelle ou d’usage problématique. L’IA ne devrait pas remplacer ses amis ou sa famille, résume un ancien cadre qui a quitté l’entreprise en partie pour cette raison.
Le contexte actuel n’a pas aidé non plus. Les grandes plateformes sont déjà sous surveillance sur la question de la protection des mineurs. Ajouter une couche supplémentaire avec du contenu sensible n’avait rien d’évident, ni de très malin. Au-delà des débats éthiques, le projet a buté sur des difficultés très concrètes. Les modèles d’OpenAI sont justement entraînés pour éviter les contenus explicites. Leur apprendre à en produire, tout en filtrant strictement les dérives illégales, s’est révélé plus compliqué que prévu.
Autre point délicat : vérifier l’âge des utilisateurs. L’entreprise a mis en place des outils d’estimation, mais leur marge d’erreur dépasse les 10 %. C’est suffisant pour laisser passer des mineurs, et c’est un scénario difficilement acceptable pour ce genre de service. Sam Altman avait pourtant ouvert la porte à un assouplissement des règles sur certains contenus. Mais entre les incertitudes techniques et le manque de recul sur les effets de ces interactions, la prudence l’a emporté.
Résultat : OpenAI préfère mettre le projet sur pause. L’entreprise veut maintenant concentrer ses ressources sur des usages plus classiques (et plus rémunérateurs), notamment les outils de productivité pour les professionnels et les entreprises, et de développement. L’objectif est de faire de ChatGPT une plateforme centrale pour travailler, coder ou créer.
Ce recentrage ne concerne pas que ce projet. La société a également décidé de tourner la page de Sora, son service de génération vidéo. En interne, ces initiatives sont désormais vues comme des « à-côtés », des « quêtes secondaires ». Ça n’empêche qu’à côté, certains concurrents continuent d’explorer les usages « coquins ». xAI, avec Grok, s’y est essayé, avec des résultats qui n’ont pas fait l’unanimité.
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