Quand le Robotics and AI Institute — fondé par un ancien de Boston Dynamics — présente un nouveau robot, c’est généralement qu’il y a quelque chose d’intéressant à voir. Avec le Roadrunner dévoilé cette semaine, l’institut ne déroge pas à la règle. Premier constat : le robot ne ressemble pas vraiment à ses congénères. Il pèse 15 kg et combine deux jambes articulées… terminées par des roues. L’idée peut sembler étrange mais en pratique, elle fonctionne plutôt bien.
Un drôle de mélange entre roues et jambes
Les vidéos de démonstration montrent un robot capable de passer d’un démarrage à l’arrêt à une accélération rapide, puis d’enchaîner avec des escaliers ou une rampe sans perdre le contrôle. Les roues lui servent de pieds pour grimper, puis elles reprennent leur rôle classique dès que le terrain s’y prête.
Côté logiciel, l’approche est tout aussi intéressante. Une seule « politique de contrôle » a été entraînée pour gérer différents modes de déplacement. Résultat : Roadrunner peut enchaîner les comportements sans phase d’adaptation. Certains mouvements sont même exécutés directement sur le robot sans ajustements supplémentaires. Surtout, Roadrunner ne cherche pas à faire semblant d’être humain. Pas de marche hésitante ou de posture à maintenir à tout prix : ici, tout est pensé pour que le robot avance simplement et efficacement.
À l’heure où les robots humanoïdes occupent le devant de la scène, Roadrunner fait presque figure d’outsider. Il ne manipule pas d’objets, ne mime pas les gestes humains et ne cherche pas à s’intégrer dans notre environnement tel quel. Mais c’est justement là son intérêt.
En abandonnant l’idée de reproduire la marche humaine, les ingénieurs s’évitent toute une série de contraintes techniques. Pas besoin de corriger en permanence l’équilibre ou de synchroniser une multitude de mouvements complexes. Le robot peut donc se concentrer sur ce qu’il fait le mieux : couvrir du terrain rapidement.
Les usages envisagés vont dans ce sens. Dans un entrepôt, le robot pourrait accélérer les déplacements entre différentes zones. Pour des inspections industrielles, il est en mesure de parcourir de grandes surfaces plus souvent. Et pour la surveillance, il offrirait des rondes plus rapides sur de grands sites.
Il reste encore des zones d’ombre : la vitesse maximale, l’autonomie réelle ou la capacité de charge n’ont pas été détaillées. Des éléments qui seront déterminants pour juger de son utilité concrète. Roadrunner part sur une idée assez simple : plutôt que de tout vouloir faire, certains robots peuvent gagner à se spécialiser.
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