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Le bug de l’an 2000 c’était rien, celui de 2038 pourrait menacer des millions de systèmes dans le monde

Après le bug de l’an 2000, un nouveau risque informatique inquiète les experts : le problème de l’an 2038. Certains systèmes pourraient rencontrer des dysfonctionnements liés à la gestion du temps.

Beaucoup redoutaient le passage à l’an 2000 et ses possibles répercussions sur l’infrastructure informatique mondiale. Pour éviter d’importantes pannes bancaires, dans les transports ou encore dans les usines, les gouvernements et entreprises de l’époque avaient alors entamé un gigantesque chantier pour adapter leurs programmes informatiques, avec des coûts de plusieurs centaines de milliards d’euros pour certains.

Mais est-ce que pareille situation pourrait se reproduire ? Selon des experts, elle pourrait même survenir plus vite qu’on ne le pense, à savoir le 19 janvier 2038 à très exactement 03h14 et 7 secondes. Et comme pour l’an 2000, la cause vient de la manière dont les ordinateurs stockent les dates et le temps.

Le problème concerne les machines dont le système d’exploitation est basé sur Unix. C’est le cas de Linux et de macOS, mais pas de Windows, qui est, pour une fois, préservé. Le principe du “problème” est assez simple : un ordinateur compte le temps écoulé en secondes depuis le 1er janvier 1970 à minuit.

Et 2 147 483 647 secondes plus tard…

Dans les anciens systèmes informatiques, ce compteur est stocké dans un entier signé sur 32 bits. La valeur maximale possible de ce “chronomètre” serait alors de 2 147 483 647 secondes. Et puisqu’un entier signé sur 32 bits peut représenter 2³² valeurs différentes au total, impossible pour un système de 32 bits de compter une seconde de plus.

En ajoutant ces 2 147 483 647 secondes au 1er janvier 1970, on se retrouve donc à la date du 19 janvier 2038. Après cette date, le compteur dépassera la valeur maximale, provoquant un débordement informatique. Certaines machines pourraient revenir à des dates négatives, tandis que d’autres pourraient afficher des dates autour de 1901.

Pour les anciens systèmes 32 bits ou les logiciels qui utilisent encore le temps Unix sur 32 bits, les conséquences pourraient être fâcheuses, avec des crashs de logiciels voire des dysfonctionnements de systèmes. Certes, le commun des mortels n’utilise plus beaucoup de machines 32 bits basées sur Unix, mais c’est encore le cas pour de nombreux vieux serveurs, pour des systèmes industriels, pour des objets connectés ou encore pour des équipements embarqués.

Apple et Linux déjà prêts

YouTube est le parfait exemple de cette limite liée au chiffre 2 147 483 647. On se rappelle tous de la musique Gangnam Style, véritable phénomène du coréen PSY sorti en 2010. Quelques mois après sa sortie, la vidéo a atteint puis dépassé les 2 147 483 647 vues. Pour éviter que d’importants problèmes ne se produisent sur la plateforme et pour que le compteur puisse continuer de comptabiliser les vues, YouTube a dû passer son système en 64 bits.

Heureusement, les systèmes modernes ont déjà fait la transition vers le compteur 64 bits. Apple a ainsi abandonné les applications 32 bits depuis 2019 avec macOS Catalina, tandis que Linus intègre les correctifs et le passage au 64 bit depuis le noyau 5.6. En revanche, le danger vient surtout des systèmes qui ne seront jamais mis à jour car trop vieux.

Le passage au compteur sur 64 bits est donc la solution toute trouvée, puisqu’il permettra de compter le temps jusqu’à l’année 292 milliards environ. Le problème ne risque donc pas de se reproduire de sitôt…

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