D’anciennes voies ferrées pourraient bientôt accueillir un nouveau type de transport dans la région de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, en Allemagne. Le projet MONOCAB OWL mise sur de petites cabines autonomes, capables d’embarquer quatre à six passagers et de circuler sur une seule voie.
Des cabines à la demande
L’objectif est de proposer une alternative crédible dans des territoires où le train classique est trop coûteux à exploiter. « C’est un moyen idéal pour couvrir efficacement le territoire », explique Achim Oberwöhrmeier, directeur de KVG Lippe. Le système se positionne entre le bus et le train, avec un tarif équivalent à celui du premier.
Côté usage, tout est pensé pour être simple. Les passagers réservent via une application, puis montent dans la prochaine cabine disponible. « C’est comme au ski : on prend le prochain télésiège », résume le concepteur du projet, Thorsten Försterling. Les cabines doivent passer régulièrement, toutes les dix minutes, voire toutes les cinq à terme. Une fréquence qui pourrait changer beaucoup de choses dans des zones où les transports sont aujourd’hui rares. L’idée est aussi de multiplier les arrêts, à condition qu’ils desservent des lieux utiles : habitations, sites touristiques ou fermes isolées.
Derrière ces cabines compactes se cache une mécanique plus sophistiquée qu’il n’y paraît. MONOCAB OWL repose sur un système de monorail capable de gérer des circulations dans les deux sens sur une seule voie. Pour rester stable, les véhicules combinent deux approches : des gyroscopes qui assurent l’équilibre en rotation, et une masse interne mobile qui compense les mouvements. Résultat : pas besoin d’infrastructures lourdes pour maintenir la cabine droite.
Les cabines fonctionnent sur batterie, comme une voiture électrique, ce qui évite d’électrifier les lignes existantes. Pour l’instant, elles roulent à environ 25 km/h, mais elles sont conçues pour atteindre 60 km/h. Des capteurs permettent en outre de détecter les obstacles et d’arrêter automatiquement le véhicule si nécessaire.
Le projet avance à bon rythme. Entre 2020 et 2023, près de 4 millions d’euros ont été investis, avec un financement important de l’Union européenne. Une nouvelle phase, en cours jusqu’en 2026, mobilise plus de 5 millions d’euros supplémentaires. Au-delà de l’aspect technique, MONOCAB OWL mise aussi sur l’accessibilité : les cabines peuvent accueillir des vélos, des fauteuils roulants ou des sièges enfants. Pour les élus locaux, le projet a du potentiel. Les tests devraient être lancés à grande échelle d’ici 2028, pour une mise en service autour de 2032.
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