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“Il n’y a plus rien !” le prix de l’essence atteint un record depuis 1985, déjà plus de 1000 stations à sec en France !

Blocage du détroit d’Ormuz, flambée du pétrole, stations à sec… En quelques semaines, la situation des carburants s’est brutalement tendue en France. Et rien n’indique un retour au calme.

Un mois. C’est le temps qu’il aura fallu pour faire basculer les prix des carburants dans une nouvelle zone de turbulence, et pas des moindre !

Tout s’est accéléré fin février avec le déclenchement de l’offensive israélo-américaine en Iran. Dans la foulée, le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, a immédiatement fait réagir les marchés. Le baril de Brent est passé de 105 dollars le 27 mars à plus de 115 dollars le 30 mars. Certains analystes évoquent désormais un scénario à 130 dollars si la situation perdure. À ce niveau, le litre au-delà de 2 euros deviendrait la norme.

Et la hausse se voit déjà à la pompe ! Ce mardi, le gazole progresse encore d’environ 1 centime en une seule journée, pour atteindre autour de 2,23 €/L. Les essences suivent la même trajectoire : le SP98 se situe autour de 2,07 euros, tandis que le SP95-E10 frôle les 2 euros à environ 1,99 euro.

Une facture déjà alourdie avant la crise

Cette flambée géopolitique s’ajoute en réalité à une hausse plus discrète mais bien réelle. Depuis le 1er janvier 2026, les carburants ont déjà pris entre 4 et 6 centimes par litre, conséquence du nouveau régime des certificats d’économie d’énergie (CEE). Autrement dit, les prix étaient déjà orientés à la hausse avant même la crise actuelle.

Le problème ne se limite d’ailleurs plus aux tarifs. Sur le terrain, la situation logistique se dégrade rapidement. Ce mardi matin, plus d’un millier de stations-service sont en rupture de stock en France, contre une soixantaine fin février et 537 le 27 mars. La progression est brutale. En moyenne, 13 % des stations manquent de gazole, 28 % d’E10 et jusqu’à 69 % de SP95. Dans plusieurs régions, les tensions ne concernent plus seulement un type de carburant, mais l’ensemble des produits disponibles, signe d’un déséquilibre profond dans la chaîne d’approvisionnement. Certaines stations ferment temporairement, faute de livraison, renforçant un effet domino sur les zones encore approvisionnées. Dans certaines villes, les premières mesures de rationnement apparaissent donc. À Poitiers, par exemple, certaines stations limitent les ventes à dix litres par passage.

Un gouvernement sur la défensive

Face à cette tension, le gouvernement a pris une décision exceptionnelle le 26 mars en autorisant la vente d’un gazole non conforme aux standards habituels. Il s’agit d’un carburant d’été, moins résistant au froid, mis sur le marché pour augmenter rapidement les volumes disponibles. Les éventuelles pannes restent toutefois à la charge des automobilistes !

Pour le moment, l’exécutif a choisi une autre voie pour contenir la crise : renforcer les contrôles plutôt que réduire les taxes. Un plan de 500 inspections a été lancé pour identifier les hausses abusives, avec déjà 6 % des stations contrôlées visées par des procédures. L’idée d’un plafonnement des marges des distributeurs est également étudiée, sur le modèle grec.

En revanche, aucune baisse de fiscalité n’est envisagée. Or, les taxes représentent entre 50 et 55 % du prix du carburant. Des aides ciblées ont bien été annoncées pour les professionnels (pêcheurs, transporteurs, agriculteurs) mais rien de systématique pour les particuliers.

Sans solutions ?

Du côté des distributeurs, certains ajustent leurs offres. TotalEnergies a temporairement plafonné ses prix à 1,99 €/L pour l’essence et 2,09 €/L pour le gazole sous certaines conditions. Mais ce dispositif évolue déjà puisqu’à partir du 17 avril, seuls les clients cumulant plusieurs contrats énergétiques pourront en bénéficier. Les autres paieront les prix du marché.

Les effets commencent aussi à se diffuser dans toute l’économie. Selon l’Insee, l’inflation atteint 1,7 % sur un an en mars 2026, contre 0,9 % en février. Les prix de l’énergie bondissent de 7,3 %, faisant du carburant un moteur central de la hausse des prix, comme lors des précédents chocs pétroliers.

Du côté des particuliers, une alternative gagne du terrain en silence : la reprogrammation moteur pour passer à l’E85. Face aux prix toujours élevés, des automobilistes se tournent vers cette solution, qui reste dans une zone grise juridique. L’E85 se maintient lui autour de 0,76 €/L, soit moins de la moitié du gazole actuel.

Sur le terrain social, la tension monte également. Les transporteurs ont bloqué le périphérique parisien le 30 mars, certains évoquant un surcoût de 30 000 euros sur le seul mois. Des opérations escargot se multiplient sur les grands axes, tandis que les oppositions avancent leurs propres solutions, entre gel des prix, baisse de TVA ou retour d’une TICPE flottante.

La France dispose bien de réserves stratégiques équivalentes à environ trois mois de consommation. De quoi éviter une pénurie totale à court terme. Mais pas de quoi faire redescendre les prix !

 

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