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L’US Navy neutralise des drones depuis un destroyer avec cette arme inédite

L’USS Preble a abattu quatre drones avec le laser HELIOS de Lockheed Martin. Une première prometteuse, mais le système reste limité à un seul navire.

Un missile de défense aérienne classique coûte environ un million de dollars l’unité sur les navires de l’US Navy. Un tir laser, lui, revient à quelques dollars d’électricité. C’est une partie de ce qui rend la démonstration récente de l’USS Preble intéressante, pas juste techniquement, mais stratégiquement.

Quatre drones descendus, un seul navire concerné

Le destroyer USS Preble, de la classe Arleigh Burke, a neutralisé quatre drones lors d’un test récent en mer. L’information a été confirmée par Jim Taiclet, PDG de Lockheed Martin, via un article de The War Zone. L’arme utilisée porte l’acronyme HELIOS, pour High-Energy Laser With Integrated Optical Dazzler and Surveillance, un système à énergie dirigée de 60 kilowatts, également référencé Mk 5 Mod 0. En plus de détruire des cibles, il peut aveugler ou endommager les capteurs ennemis en faisant office de brouilleur optique.

Ce test marque le premier engagement confirmé de cibles multiples avec ce système. Ce n’est pas anodin car jusqu’ici, les démonstrations publiques s’étaient concentrées sur des cibles uniques. Quatre drones enchaînés, c’est autre chose. Ce qu’il faut garder en tête, c’est que l’USS Preble embarque HELIOS depuis 2022 et reste à ce jour le seul navire de toute l’US Navy à en disposer. D’autres destroyers ont bien reçu des lasers d’éblouissement ODIN, mais de puissance bien inférieure. Le HELIOS, lui, n’a pas encore quitté son navire de test.

Le contexte qui explique l’urgence

Les opérations en mer Rouge ont changé la donne. Les essaims de drones coordonnés avec des missiles de croisière et balistiques ont mis sous pression des défenses aériennes pas vraiment dimensionnées pour ça, du moins pas financièrement. Descendre un drone bon marché avec un missile à un million de dollars, c’est une équation qui ne tient pas longtemps.

Les lasers répondent à ce problème d’une façon assez brutale car tant que le navire a de l’électricité et un système de refroidissement qui suit, la capacité de tir est quasi illimitée. Le plus haut gradé de la Marine américaine a d’ailleurs déclaré que les lasers devraient devenir l’option par défaut face aux drones, avant même les missiles.

Les limites que personne ne va régler vite

Le tableau serait trop beau sans les contraintes, et elles sont réelles. Un laser n’engage qu’une cible à la fois, face à un essaim de vingt drones qui arrivent en simultané, c’est un problème. La puissance diminue avec la distance. Les conditions météo, la fumée, la poussière dégradent l’efficacité. Et en mer, il faut ajouter l’exposition à l’eau salée, les mouvements du navire par gros temps, et des besoins en refroidissement qui ne sont pas anecdotiques.

Des questions précises restent sans réponse sur ce test : combien de temps le système a-t-il mis pour passer d’un drone au suivant ? Quelle était la distance d’engagement ? Dans quelles conditions météo ? Lockheed Martin et l’US Navy n’ont pas détaillé ces paramètres, ce qui rend difficile de mesurer exactement ce que “quatre drones neutralisés” veut dire en conditions réelles de combat.

La technologie progresse, clairement. Mais entre une démonstration réussie sur un seul navire et un déploiement à l’échelle de la flotte, il y a encore pas mal de chemin.

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