Treize morts depuis 2014, neuf rien que sur les trois dernières années. Ce sont les agents qui balisent les accidents sur le bas-côté, qui réparent des glissières à 23h sous la pluie, qui sécurisent un véhicule immobilisé avec les voitures qui frôlent à 110. Des métiers invisibles jusqu’au drame. Le ministère des Transports a fini par se tourner vers Waze, 17 millions d’utilisateurs en France, autant de pare-brises potentiels.
Un fourgon orange sur l’écran, un bip, et c’est tout
Rien de spectaculaire dans le dispositif, à vrai dire. L’agent embarque avec une tablette. Dès qu’il est en intervention, il active un signalement. Sur Waze, les conducteurs qui approchent voient apparaître un pictogramme, un fourgon orange, dans l’esprit Bison Futé, et si la zone est sur leur itinéraire, un signal sonore en plus. Quand l’équipe repart, l’alerte s’éteint manuellement. Pas de résidu sur la carte deux heures après.
La différence avec les alertes communautaires habituelles de Waze, c’est justement ça : ça ne repose pas sur un autre automobiliste qui aurait eu le réflexe de signaler quelque chose. C’est l’agent qui tient le dispositif à jour lui-même, en direct.
Routes nationales seulement, et encore.
Beaucoup d’articles sur le sujet passent vite là-dessus, mais le périmètre est franchement limité pour l’instant. Uniquement les routes nationales, ni autoroutes, ni départementales malheureusement. Et même sur ce périmètre, on en est aux prémices. La phase pilote a démarré l’été dernier en Nouvelle-Aquitaine, et depuis quelques semaines c’est la DIR Ouest, la Direction interdépartementale des routes de l’Ouest, qui étend le dispositif en Bretagne et dans les Pays de la Loire. La couverture nationale reste l’objectif affiché, sans date précise pour y arriver.
Mais est-ce que les conducteurs qui roulent sur ces nationales ont Waze ouvert ? Ceux qui font le trajet tous les jours connaissent souvent la route par cœur et n’ont plus forcément l’appli active. C’est le genre de limite que le partenariat ne résout pas.
Ce n’est pas une feature, c’est un accord d’État
La plupart des nouveautés Waze arrivent parce que Google a décidé d’enrichir son appli. Là, c’est différent puisque c’est le ministère qui a frappé à la porte, les services de l’État qui tiennent le signalement à jour, et Waze qui n’est que le canal. Ça ne change rien pour l’utilisateur final, mais ça dit quelque chose sur la façon dont les institutions commencent à intégrer ces plateformes dans leur outillage opérationnel.
Ce qu’on n’a pas encore, c’est un bilan. Aucun chiffre sur la phase pilote en Nouvelle-Aquitaine n’est sorti, ni baisse de vitesse mesurée, ni incident évité comptabilisé. L’outil existe, la mortalité des agents est documentée, mais le lien entre les deux reste à démontrer.
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