Le Nürburgring Nordschleife n’est pas un circuit comme les autres. Long de 20,8 kilomètres, truffé de virages et de bosses, il sert depuis des décennies de juge de paix pour les constructeurs automobiles. Ici, pas de place pour l’approximation. C’est donc sur ce terrain que Ford est venu poser son empreinte. La GT Mk IV a bouclé un tour en 6 minutes et 15,997 secondes, un chrono qui lui permet de s’installer en tête des voitures de production sur la piste allemande. Au volant, le Belge Frédéric Vervisch, spécialiste des lieux, n’a pas tremblé.
Un tour qui met tout le monde d’accord
Dans la hiérarchie globale, quelques machines très particulières — souvent des électriques ou des hybrides, pas vraiment comparables donc — restent devant. Mais pour une voiture thermique disponible à l’achat (enfin, façon de parler), Ford prend la première place. Le constructeur ne s’en cache pas : au-delà du record, l’objectif est aussi de montrer ce dont ses équipes sont capables sur un circuit aussi exigeant. Le Nürburgring reste un excellent terrain pour tester les limites d’une voiture et de ceux qui la conçoivent.
La GT Mk IV n’a pas vocation à chercher le pain le matin. Ici, tout est pensé pour la piste, et uniquement pour la piste. Pas de compromis, pas de concessions. Sous la carrosserie en fibre de carbone, on retrouve un V6 biturbo de plus de 800 chevaux. La voiture repose sur un châssis spécifique, une suspension de compétition et une aérodynamique particulièrement travaillée. Résultat : une machine taillée pour aller vite, très vite.
Frédéric Vervisch résume bien l’expérience : « La voiture est une véritable arme, une extension de votre volonté. Chaque action est immédiatement traduite avec précision. » Ford prévoit de produire seulement 67 exemplaires de cette GT Mk IV. Un clin d’œil à la victoire de la GT40 Mk IV au Mans en 1967. Et pour mettre la main dessus, il faudra débourser environ 1,7 million de dollars. Autant dire que le club sera très fermé.
Ce tour record n’arrive pas par hasard. Il marque aussi la fin d’une génération pour la Ford GT, relancée il y a une dizaine d’années avec un retour remarqué en compétition. En s’imposant sur le Nürburgring, le constructeur reprend aussi l’avantage face à d’autres constructeurs américains, dans une rivalité qui dépasse largement le simple cadre du chrono. À tous ceux qui se demandent à quoi tout cela sert, le constructeur insiste sur l’utilité de ce type d’exercice : ce qui est appris sur la piste peut ensuite servir sur des modèles plus accessibles. Une manière de relier les performances extrêmes à des voitures de tous les jours.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.