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L’Union européenne assume : pas d’images générées par IA dans la com’ de Bruxelles

Pour éviter toute confusion entre vrai et faux, les institutions européennes ont décidé de bannir les images et vidéos générées par IA dans leurs communications officielles. Une position prudente, qui tranche avec certaines pratiques politiques ailleurs dans le monde — aux États-Unis en particulier.

C’est une consigne nette : la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne ont demandé à leurs équipes de ne plus utiliser d’images ou de vidéos entièrement générées par intelligence artificielle dans leurs communications officielles.

Bruxelles préfère la carte de l’authenticité

Alors que les deepfakes se multiplient, l’objectif des institutions européennes est d’éviter toute ambiguïté. La frontière entre contenus réels et contenus fabriqués devient de plus en plus difficile à distinguer. L’an dernier, près de 8 millions de deepfakes ont circulé en ligne, et, selon certaines estimations, les contenus générés par IA dépasseraient désormais ceux créés par des humains.

Pour l’UE, la priorité reste la confiance. « Les images et vidéos que nous diffusons […] n’incluent pas de contenus générés par IA », a rappelé un porte-parole auprès de Politico. L’idée est de garantir que ce qui est publié correspond bien à la réalité, sans interprétation possible. Une approche bien vue par les experts du secteur, et qui montre que l’Union réfléchit d’abord aux risques, notamment en matière de contenus trompeurs ou difficiles à assumer publiquement.

Dans les faits, Bruxelles ne ferme pas totalement la porte à l’IA : les outils peuvent toujours être utilisés pour améliorer la qualité d’images existantes, par exemple pour les rendre plus nettes. Ce choix n’est toutefois pas partagé par tout le monde. Plusieurs spécialistes de la communication estiment qu’un refus total pourrait être contre-productif.

C’est qu’il ne faudrait pas tomber dans l’excès inverse. Un usage responsable serait préférable à une interdiction pure et simple, selon des spécialistes. D’autant que la communication politique évolue vite. Aux États-Unis, Donald Trump n’hésite pas à utiliser des images générées par IA pour illustrer ses messages sur Truth Social. Certaines publications sont volontairement spectaculaires ou complètement bidonnées, avec un objectif évident : capter l’attention.

En Europe aussi, les lignes bougent. Des responsables politiques commencent à expérimenter ces formats, parfois pour sensibiliser le public. En Allemagne, une vidéo truquée du chancelier Friedrich Merz a par exemple été diffusée pour expliquer les risques liés à l’IA. Mais les dérives existent. Un cas récent a marqué les esprits : une prétendue militaire américaine très active sur les réseaux sociaux et très fan de Donald Trump, s’est révélée être un personnage entièrement fictif, généré par IA.

L’Union européenne ne risque pas d’exploiter l’IA de cette manière, mais en n’utilisant pas ces outils, même de manière encadrée, elle pourrait se priver d’un moyen de montrer au public à quoi ressemble une utilisation « propre » de l’IA. Mais est-ce seulement possible ?

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