C’est un avantage social que les Français ont appris à défendre farouchement depuis le covid. Cofinancé par l’employeur à hauteur de 50 à 60 %, plafonné à 25€ par jour et utilisable en restaurant et dans la plupart des magasins alimentaire, le ticket-restaurant est aujourd’hui utilisé par environ cinq millions de salariés dans quelque 244 000 points de vente. Un système bien installé, mais qui n’a jamais fait l’objet d’une vraie réforme de fond. C’est justement ce que le gouvernement entend changer avant la fin 2026.
Le 4 avril, dans un entretien accordé au Parisien, Serge Papin, ministre des PME, du Commerce, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, a annoncé les grandes lignes d’une proposition de loi qui sera déposée d’ici l’été. Le texte est prêt et sera porté par les parlementaires avec l’objectif d’une adoption avant décembre.
Ce qui va officiellement changer
La mesure la plus visible de la réforme, et sans doute celle qui va plaire le plus aux consommateurs, est l’ouverture du dispositif aux dimanches. Jusqu’ici, l’utilisation des titres-restaurant était en principe réservée aux jours effectivement travaillés, soit du lundi au samedi, avec des dérogations uniquement pour les salariés exerçant dans des secteurs spécifiques (restauration, santé, commerce). D’ici la fin de l’année, tous les salariés pourront l’utiliser le dimanche. Les jours fériés, eux, resteraient exclus du dispositif.
Deuxième point structurant : la pérennisation de l’usage en supermarché. Depuis la pandémie, les titres-restaurant ont été autorisés à titre temporaire dans les grandes surfaces. Cette mesure, reconduite chaque année, devait s’arrêter fin 2026. Elle sera désormais inscrite dans la durée, mais avec un encadrement renforcé : les titres ne pourront être utilisés que dans des commerces essentiellement alimentaires. Une formulation qui vise directement les dérives récentes, comme l’agrément obtenu par l’enseigne de décoration Hema au motif d’une offre alimentaire, principalement des confiseries et des snacks.
La réforme prévoit également la dématérialisation complète du dispositif. Environ un quart des titres-restaurant circulent encore sous format papier en 2025. La loi viendra officiellement entériner cette transition. Autre nouveauté : les salariés pourront faire don de leurs titres non utilisés à une association agréée.
Les restaurateurs, grands perdants du dimanche
La profession de restaurateur n’a pas attendu la publication du texte pour monter au créneau. La colère semble proportionnelle à l’ampleur des sommes en jeu. Catherine Quérard, présidente du Groupement Hôtellerie et restauration (GHR), dénonce une “vraie injustice”. Elle pointe notamment la différence de traitement fiscal : les dépenses au restaurant sont soumises à une TVA à 10 %, contre 5,5 % en supermarché.
Depuis des années, les professionnels réclament un double plafond de dépenses, distinguant restauration et grande distribution, pour éviter que les titres ne deviennent un bon de réduction alimentaire universel. Certains évoquent même la possibilité d’un boycott des titres-restaurant.
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