Voilà déjà une semaine que Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen se sont arrachés à la gravité terrestre à bord du SLS (Space Launch System). La mission se déroule à merveille et l’équipage a survolé la Lune, comme c’était prévu, il y a deux jours. Si les astronautes ont un planning bien chargé, la NASA n’oublie pas qu’ils ne sont pas des robots, et qu’un peu de réconfort à bord de la capsule Orion est absolument essentiel. Quoi de mieux pour cela qu’une playlist Spotify pour démarrer la journée du bon pied ?
C’est une tradition qui date de l’ère Apollo que l’agence spatiale n’est pas prête d’abandonner. Baptisée Wake-up calls, elle est orchestrée par le centre de contrôle de mission à Houston, qui diffuse des morceaux motivants juste avant que le CAPCOM -seul interlocuteur au sol autorisé à parler directement aux astronautes – ne salue l’équipage au réveil. Le son se propage peut-être très mal dans le vide, mais à l’intérieur de la capsule, il doit leur aller droit au cœur tant cette cuvée 2026 est un régal.
Une playlist spatiale qui met tout le monde d’accord
La sélection est très hétéroclite, et nous pesons nos mots : on y trouve la reprise planante de Sleepyhead par Young & Sick qui respire la joie de vivre et l’été. Tokyo Drifting, de la trap bien lourde ponctuée de touches électro, signée par Denzel Curry et Glass Animals. Mais il y a encore de la place pour les anciens puisqu’ils ont également le droit au groove indémodable de In a Daydream de Freddy Jones Band, un morceau de Southern Rock mélodique rappelant les grands espaces américains.
L’un des plus grands phénomènes pop de ces dernières années a fait vibrer l’équipage : le son tube ultra-punchy Pink Pony Club, de Chappell Roan, un hit sorti en 2020 devenu en 2024-2025 un véritable hymne international. Lors de la mission il a dû être interrompu, ce qui a fait réagir immédiatement le commandant Reid Wiseman, lequel a tenu à préciser avec une pointe de malice que l’équipage attendait « avec impatience l’arrivée du refrain ». Et on comprend pourquoi ; une fois que vous l’avez entendu, difficile de vous le sortir des oreilles tant il est explosif.
Le meilleur coup de com’ pour les artistes
Dès que la NASA diffuse un titre, les plateformes de streaming s’emballent. Les statistiques sont vertigineuses : le titre de Young & Sick a enregistré une explosion de 2 100 % de ses écoutes mondiales en une seule journée. Un autre morceau en a aussi profité : la reprise par CeeLo Green de Working Class Heroes (Work), composé à la base par le groupe de garage rock britannique The Jetzons en 1982. L’auteur-producteur américain a vu son titre grimper à + 1 700 %.
C’est aussi ça l’effet Artemis : une bande-son pour un moment historique. Savoir que ces notes résonnent dans l’habitacle d’Orion pendant que quatre humains observent la face cachée de la Lune crée forcément une puissante connexion émotionnelle. Les auditeurs veulent participer, à leur échelle, l’aventure de l’équipage comme ils le peuvent ; la musique est, à ce titre, aussi bien un outil de communion ultime qu’un langage universel.
Sachant, de plus, qu’il n’y a qu’un seul Wake-up call par jour ; pour un artiste, quelque soit son envergure, être sélectionné par la NASA, c’est recevoir un label unique. Une curation hyper-exclusive qui attire en plus l’attention des algorithmes des plateformes (Spotify, Apple Music, Deezer, etc.), qui propulsent ensuite le titre dans leurs propres playlists Tendances.
On trouvera toujours quelques grincheux qui diront que « c’était mieux avant », parce que c’était la voix de velours de Frank Sinatra qui a accompagné l’équipage d’Apollo 10 en 1969 avec son morceau It’s Nice to Go Trav’ling. Ou parce que c’était le thème de 2001, l’Odyssée de l’espace qui berça celui d’Apollo 15 en 1971. Critiquer la playlist d’Artemis II sous prétexte qu’elle manque de « prestige », c’est oublier que chaque génération d’astronautes mérite sa propre bande-son et que la NASA est une agence spatiale, pas un conservatoire de musique classique. Rien n’empêche d’admirer Sinatra ou Richard Strauss en admettant par ailleurs que notre époque ne bat plus au tempo du jazz de salon et que la culture pop est un carburant humain tout aussi noble que l’hydrogène liquide. Encore une fois, la NASA nous prouve qu’elle a le nez creux pour choisir des productions léchées qui font honneur à sa mission !
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