C’est une page qui se tourne dans le paysage cellulaire français. Depuis le 31 mars dernier, Orange a entamé une lente extinction de ses réseaux 2G avec un arrêt complet d’ici à la fin de cette année. Viendra ensuite le tour de la 3G, dont la fin est attendue entre 2028 et 2029.
Une décision prise unanimement par les grands opérateurs français que sont Orange, Bouygues, SFR et Free, mais qui a du mal à passer pour de nombreuses associations qui ont signé une tribune dans Le Monde pour dénoncer “une décision unilatérale des opérateurs privés”.
“Nous exigeons un encadrement des réseaux par l’État, afin de limiter les impacts économiques, sociaux et environnementaux de ce type de décision”, pointe le collectif d’associations. “La puissance publique, qui attribue le droit d’exploitation des réseaux aux opérateurs privés, a le pouvoir d’effectuer cette régulation, au nom de l’intérêt général et de la sécurité des personnes.”
Une fracture numérique grandissante
Concrètement, le collectif reproche à ces quatre grands opérateurs de provoquer intentionnellement l’obsolescence de près de 12 millions d’appareils qui ont besoin de ces réseaux pour fonctionner. Et il ne s’agit pas uniquement de smartphones, puisque sur ces 12 millions, on dénombre 2,4 millions de téléphones portables qui ne sont pas compatibles avec la 4G.
Les 10 millions restants concernent des objets connectés pour lesquels l’arrêt des réseaux est un véritable problème : ascenseurs, voitures, alarmes, éclairages publics ou encore dispositifs médicaux voire vitaux. Pire encore, le collectif indique qu’aucun véhicule vendu avant 2025 n’est équipé d’un système d’appel d’urgence compatible 4G, concernant 36 millions de véhicules au sein de l’Union européenne.
Emmaüs Connect, l’une des associations signataires de la tribune, est directement concernée par cet arrêt des réseaux. Charlotte Bougenaux et Marie Cohen-Skalli, codirectrices d’Emmaüs Connect, signalent que les 20 000 téléphones 2G/3G distribués en 2025 à des personnes sans-abris, exilées ou victimes de violence ne seront plus en état de fonctionner. Enfin, 200 000 bracelets antichute pour personnes âgées sont également annoncés comme en voie de devenir obsolètes.
Des conséquences économiques et environnementales
Selon le collectif, l’arrêt de ces deux réseaux entraînerait un surcoût de minimum 1,36 milliard d’euros, jugé par certains comme sous-estimé. Les particuliers et les collectivités seront malheureusement en première ligne, avec des coûts de remplacement élevés :
- Plusieurs centaines d’euros pour un nouveau smartphone ;
- 300€ pour un bracelet antichute compatible 4G/5G ;
- Jusqu’à 1 800€ et une journée d’intervention pour adapter un ascenseur ;
- 400 millions d’euros pour adapter les réseaux d’eau et d’assainissement des collectivités ;
- 900 000€ pour le renouvellement de l’éclairage public dans la seule ville de Lille.
Des coûts qui pourraient encore augmenter avec l’arrivée prochaine de la 6G à l’horizon 2030, qui pourrait sonner le glas de la 4G.
Mais au-delà de l’aspect économique, le remplacement de tous ces appareils aura un coût écologique dissimulé non négligeable. Le collectif estime que le remplacement des 2,4 millions de téléphones représenterait l’émission de 200 000 tonnes de CO2, soit 22 000 tours de la Terre en voiture. Un sacré impact donc…
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