Passer au contenu

Le drone Reaper de l’armée française apprend un nouveau tour : tirer sur les drones

L’armée de l’Air et de l’Espace a organisé début avril une séance de tir un peu particulière. Un MQ-9 Reaper a lancé un missile Hellfire… non pas contre une cible au sol, mais contre un drone en plein vol. Résultat : cible touchée, test validé.

Il n’y avait rien d’anodin dans cette démonstration. Le Hellfire, bien connu pour ses frappes de précision, n’était pas conçu à l’origine pour abattre des engins aériens. Et son intégration sur le Reaper est récente — à peine trois mois. L’adaptation a donc été menée tambour battant, ce qui démontre que la question des drones adverses devient urgente.

Un tir d’essai qui fait mouche

L’essai a été mené avec le soutien de la Direction générale de l’armement (DGA) et du Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM), deux acteurs clés dans l’expérimentation des nouveaux usages. Autrement dit : on teste, on ajuste, et on déploie vite. Jusqu’ici, le MQ-9 Reaper était surtout un œil dans le ciel. Surveillance, reconnaissance, frappes ciblées… un rôle déjà bien rempli. Mais avec cette nouvelle capacité, il passe à l’étape suivante : il peut désormais s’occuper lui-même des menaces qu’il repère.

Son avantage principal est le temps. Contrairement à un avion de chasse qui intervient ponctuellement, le Reaper peut rester en l’air pendant de longues heures. Il patrouille, observe, identifie, et maintenant, il peut tirer si nécessaire. À bord (enfin, au sol), une équipe de quatre personnes pilote les opérations : un pilote, un opérateur capteurs, un officier renseignement et un analyste image. Ensemble, ils scrutent les données en temps réel et décident de l’action à mener.

Grâce à ses capteurs thermiques haute définition, le drone peut repérer et classifier des cibles même dans des environnements compliqués. Et désormais, il n’a plus besoin d’appeler des renforts pour neutraliser une menace aérienne : il peut s’en charger directement. Ce nouveau rôle ne remplace pas les autres moyens de défense aérienne, il les complète. L’idée est de multiplier les options selon la situation.

Les Rafale restent les champions de l’interception rapide à haute altitude. Les hélicoptères Fennec prennent en charge les cibles lentes ou proches du sol. Les systèmes sol-air assurent la protection à différentes distances. Et au milieu de tout ça, le Reaper s’installe tranquillement comme un guetteur armé. Il couvre une zone sur la durée et intervient si un drone s’invite là où il ne devrait pas.

D’autres solutions sont déjà en préparation, notamment des drones spécialisés dans la lutte anti-drones. Le dispositif continue donc de s’étoffer car ces appareils sont devenus omniprésents dans les zones de combat. Petits, discrets, parfois difficiles à détecter, ils obligent les armées à revoir leurs méthodes. Plutôt que de repartir de zéro, la stratégie consiste aussi à adapter ce qui existe déjà. Le Reaper en est un bon exemple : une plateforme bien connue, à laquelle on ajoute progressivement de nouvelles fonctions.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode