Fini le temps des cartes en papier glissées dans le sac. À la place, une requête à une IA, et voilà un itinéraire tout prêt. Simple, rapide, efficace, du moins en apparence. Dans les Cévennes, cette pratique commence à se voir sur les sentiers. Le Parc national a d’ailleurs pris la parole il y a quelques jours pour rappeler quelques bases. Sur sa page Facebook, il interpelle directement les visiteurs : « Pourquoi ce n’est pas une bonne idée de demander à ChatGPT de préparer votre randonnée dans le Parc ».
L’IA ne marche pas dans les sentiers
Car derrière ces parcours « optimisés », la réalité est souvent plus… sportive. France 3 donne l’exemple d’un père et de son fils qui ont débarqué avec un programme de plus de 80 kilomètres à parcourir en deux jours, reliant Florac, Sainte-Énimie, le causse de l’Hospitalet et le mont Aigoual. Un itinéraire normalement prévu pour quatre jours.
Sur le terrain, le constat est sans appel. Le parc évoque des parcours « irréalistes, incohérents, voire dangereux ». Les erreurs sont variées : distances sous-estimées, temps de marche un peu optimistes, ou encore passages qui, tout simplement, n’existent pas. Le problème, selon les équipes du parc, est assez simple : l’intelligence artificielle compile des informations en ligne, sans toujours faire le tri. « Une intelligence artificielle ne marche pas sur les sentiers », rappellent les gestionnaires du site.
Résultat, certains itinéraires mélangent des données provenant d’autres régions, ou s’appuient sur des sources peu fiables. Et parfois, cela donne des situations assez cocasses, ou nettement moins. Parmi les cas les plus problématiques : les suggestions de bivouac. Adrien Majourel, chargé de communication du parc, explique que « ce qui nous pose le plus de problèmes, ce sont les gens qui veulent bivouaquer sur des secteurs qui ne sont pas autorisés ». Dans les Cévennes, cette pratique est strictement encadrée et limitée à proximité de certains sentiers.
Le phénomène reste encore modeste, mais il progresse. L’an dernier, une dizaine de randonneurs ont reconnu s’être fait piéger. Et le parc estime que ce chiffre pourrait être sous-évalué. Des incidents similaires ont aussi été signalés ailleurs, notamment au Canada, où des marcheurs se sont retrouvés bloqués en montagne après avoir suivi un itinéraire généré automatiquement.
Autre effet secondaire : la circulation d’informations totalement fantaisistes. Certains contenus attribuent au parc des événements ou des activités inexistants. « L’IA va chercher des infos qui n’ont rien à voir avec nous », souligne Adrien Majourel, évoquant des exemples « qui racontent n’importe quoi ». Face à ces dérives, le Parc national des Cévennes tente de reprendre la main en diffusant des informations fiables. Le parc propose plus de 240 itinéraires balisés et vérifiés, accessibles via les offices de tourisme, les plateformes officielles ou les accompagnateurs en montagne.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.