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Sur 2,50 € d’essence, combien partent directement dans les caisses de l’État ?

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Vous validez le paiement à la pompe en serrant les dents et vous vous demandez combien pourrait coûter le carburant si l’État décidait enfin de baisser sa taxe. On vous détaille le calcul.

Un litre d’essence à 2,50 €, c’est le genre de tarif qui donne envie de ne plus aller travailler. Et à chaque plein, la même question revient : dans ce prix qui donne envie de pleurer, quelle part file vraiment dans les caisses de l’État ? La plupart des gens répondent « la moitié » au pif et passent à autre chose. Sauf que la vraie réponse est plus tordue et franchement plus énervante que ce petit calcul de comptoir. On a sorti la calculette, tranche par tranche.

Deux taxes et c’est nous qui payons l’addition

À la pompe, l’État se sert via deux canaux. Le premier, c’est l’accise sur les produits énergétiques, l’ancienne TICPE. C’est une taxe fixe, en centimes par litre, qui ne bouge pas d’un iota que le pétrole flambe ou s’effondre. En 2026, elle tourne autour de 0,69 € par litre d’essence (69 centimes, hors petites variantes régionales).

Le deuxième canal, c’est la vieille TVA à 20 %. Elle s’applique sur le prix hors taxes du carburant, mais aussi sur l’accise. Oui, vous avez bien lu.

Le calcul exact

Reprenons notre litre à 2,50 € et découpons-le tranche par tranche :

  • Accise (ex-TICPE) : environ 0,69 €
  • TVA (20 %) : environ 0,42 €
  • Total pour l’État : environ 1,11 €, soit 44 % du prix
  • Le reste (pétrole brut, raffinage, transport, marges des distributeurs) : environ 1,39 €, soit 56 %

Voilà le verdict : sur chaque litre, plus d’un euro part direct à l’État. Sur un plein de 50 litres au coût de 125 euros, vous lui refilez 55,5 € de taxes.

La fameuse taxe sur la taxe

Rappelez-vous, la TVA se calcule aussi sur l’accise. Concrètement, ça veut dire que vous payez 20 % de TVA sur une taxe que vous avez déjà payée. Sur notre litre, ça représente environ 14 centimes de TVA appliquée uniquement sur l’accise. C’est exactement ce que dénonçaient les gilets jaunes en 2018, et franchement, impossible de leur donner tort.

Le paradoxe qui va vous retourner le cerveau

Comme l’accise est fixe, plus l’essence est chère, moins l’État prend en pourcentage. À 1,80 € le litre, les taxes représentent environ 55 % du prix. À 2,50 €, on tombe à 44 %. Contre-intuitif, mais logique : quand le tarif grimpe, c’est surtout la part « produit et marges » qui gonfle, pas la taxe fixe.

Alors non, ça ne veut pas dire que l’État est perdant. En valeur absolue, la TVA étant proportionnelle, ses recettes augmentent quand même mécaniquement dès que le prix monte.

On peut faire quoi concrètement ?

L’État pourrait agir, mais vu la gestion catastrophique des finances, il semble peu probable que celui-ci lâche une partie de cette grande source de revenus. Le seul levier réel et actuel pour les Français est de passer à un carburant beaucoup moins taxé. Le E85 tourne autour de 0,90 € le litre, le GPL dans les mêmes eaux, précisément parce que l’État a choisi de les taxer légèrement pour encourager les alternatives. Sinon, il reste toujours l’option de passer à l’électrique.

Côté politique, les débats reviennent à chaque flambée : baisse de la TVA à 5,5 %, retour d’une TICPE flottante qui baisserait quand le pétrole monte, gel des prix… Pour l’instant, rien de tout ça n’est passé. En attendant, la seule solution rapide reste de comparer les tarifs des stations alentour.

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