Elon Musk et Donald Trump, c’est “Je t’aime, moi non plus”. Plus d’un an après avoir quitté ses fonctions à la tête du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) suite à des vives tensions avec le président américain, Elon Musk fait son retour dans l’orbite de l’administration Trump. Cette fois, c’est au sein du Pentagone, le quartier général du département de la Défense, que le milliardaire a posé ses valises.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé ce 30 septembre que le patron de SpaceX, Tesla ou encore X rejoindrait une nouvelle initiative baptisée “Project Meridian”. Accompagné de Palmer Luckey, cofondateur de l’entreprise de défense Anduril, et de Newt Gingrich, ancien président républicain de la Chambre des représentants, Elon Musk disposera de 120 jours pour mener à bien les travaux du Projet Meridian.
Un projet futuriste
“Ce sont trois des esprits les plus brillants de notre pays”, précise Pete Hegseth lors de son allocution. “Le travail sera futuriste à dessein, concentré sur la découverte, le développement et le déploiement des armes et systèmes dont nos enfants et petits-enfants auront besoin de leur vivant, sans aucune limite créative ni restriction sur le futur champ de bataille, des profondeurs de la Terre jusqu’au-delà de la Lune.”
BREAKING: Secretary Pete Hegseth announces that Elon Musk will co-lead a new War Department effort studying the future of warfare during his State of the Force address.
Hegseth unveils Project Meridian, naming Musk, Palmer Luckey and Newt Gingrich to co-lead the effort under the… pic.twitter.com/stxOPThY8z
— Fox News (@FoxNews) September 30, 2026
Concrètement, le Projet Meridian a pour but d’étudier sur les 120 prochains jours comment l’armée américaine pourrait exploiter les technologies émergentes pour mener des opérations militaires encore inédites. Cela pourrait aller des profondeurs souterraines ou sous-marines à l’espace et la surface lunaire. En d’autres termes, le projet aura pour but d’analyser et d’étudier le combat du futur. “Le projet Meridian ne consiste pas à élaborer de nouvelles stratégies ou de nouvelles politiques, mais plutôt à identifier les domaines que nous devons conquérir et les capacités que nous devons maîtriser”, commente le secrétaire à la Défense.
Nous assistons à des progrès rapides dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’autonomie, des énergies dirigées, de la robotique, des biotechnologies, des avancées appelées à profondément transformer la nature de la guerre. – Pete Hegseth
De sérieux conflits d’intérêt
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Elon Musk n’a absolument pas commenté cette nouvelle nomination sur ses réseaux sociaux. Sa nomination et celle de Palmer Luckey soulèvent toutefois des questions de conflits d’intérêts. En effet, Anduril a décroché en mars 2025 un contrat pouvant aller jusqu’à 642 millions de dollars sur dix ans pour équiper les bases du Corps des Marines de systèmes anti-drones.
Musk, via SpaceX, a obtenu en mai deux contrats auprès de l’US Space Force. Le premier, de 2,29 milliards de dollars, est destiné à construire un réseau de communication satellite sécurisé à haut débit reliant capteurs et systèmes d’armes à travers le monde. Le second contrat est quant à lui estimé à 4,16 milliards de dollars et aura pour but de développer des satellites de détection et de ciblage des menaces aériennes depuis l’espace.
A l’issue de ces 120 jours d’étude, Elon Musk et ses deux comparses devront fournir à l’administration Trump un rapport public accompagné d’une annexe classifiée. Il pourrait déboucher sur le développement de nouvelles technologies spatiales, alors que les Etats-Unis sont justement dans l’œil du cyclone pour avoir déployé des armes en orbite.