Amazon ne veut plus seulement livrer des colis, diffuser des séries télé ou proposer du cloud. Le géant américain veut aussi fournir un accès internet depuis l’orbite basse. Son projet, longtemps connu sous le nom de Kuiper, s’appelle désormais Amazon Leo et s’approche de son lancement commercial, prévu d’ici la fin de l’année (vite !).
Une machine à fabriquer des satellites
Pour y arriver, Amazon a dû apprendre à fabriquer des satellites en série. Dans son usine près de Seattle, l’entreprise vient de produire son 1.000e satellite. Rajeev Badyal, qui pilote Amazon Leo après avoir travaillé sur les débuts de Starlink chez SpaceX, résume les progrès réalisés : « Il nous a fallu six mois pour fabriquer nos 27 premiers satellites. Maintenant, nous pouvons facilement en produire 27 par semaine », déclare-t-il à ArsTechnica.
L’usine elle-même a été construite à toute vitesse. Amazon a transformé un bâtiment vide de 16.000 mètres carrés en site de production en quinze mois, à partir de fin 2022. Les satellites étaient encore en conception pendant que les chaînes de fabrication prenaient forme. Il a donc fallu ajuster les méthodes, former les équipes et corriger les défauts au fil de l’eau.
Amazon ne fabrique pas tout en solo. L’entreprise s’appuie sur des fournisseurs quand ils ont déjà l’expérience nécessaire. Mais elle garde en interne les éléments qu’elle juge stratégiques, comme le système de propulsion, conçu et produit maison. Aujourd’hui, Leo compte 396 satellites en orbite. Ils doivent encore être placés à leur position finale, mais l’entreprise estime en avoir assez pour commencer à offrir un premier service. D’autres lancements sont prévus, notamment avec la fusée Vulcan d’ULA et avec Arianespace.
La constellation de première génération doit atteindre 3.232 satellites. Amazon planche déjà sur une deuxième génération, même si les détails restent confidentiels. Face à Starlink, Amazon sait qu’il arrive en retard. Mais le groupe compte sur trois arguments pour séduire les entreprises et les gouvernements : la vitesse, la sécurité et les services professionnels.
Chris Weber, chargé des activités commerciales, affirme qu’Amazon Leo pourra atteindre 1 gigabit par seconde en téléchargement et 400 mégabits par seconde en envoi. Des chiffres nettement supérieurs à ceux de Starlink. Amazon met aussi en avant le chiffrement AES-256 et une option de réseau privé, permettant de relier une antenne à un centre de données client ou à AWS sans passer par Internet.
Pour le grand public, Amazon reste plus discret, mais évoque un bon rapport qualité-prix, une installation simple et des liens possibles avec Prime, Prime Video, eero, Fire TV ou Ring.