Ce mercredi matin, environ 1 000 employés de Netflix ont reçu un courrier qui les invitait à prendre la porte. Les co-PDG Ted Sarandos et Greg Peters ont signé un licenciement massif, le plus important de l’histoire de l’entreprise, touchant 6% des effectifs (elle compte environ 16 000 employés). Des licenciements qui concernent principalement les équipes produits, technologie, juridique et RH.
Selon les mots employés dans le document envoyé aux employés, l’explication est assez succincte : “Notre mission – divertir le monde – est ambitieuse, et pour la réaliser, nous devons faire preuve de rigueur quant à l’allocation de nos ressources humaines et matérielles.” Comme quoi, on peut avoir 325 millions d’abonnés, enregistrer une croissance à deux chiffres, mais vouloir encore faire des économies humaines. À moins que l’IA s’en soit mêlée. Au moins, les patrons ne se cachent pas que ce n’est pas un souci économique : “Notre activité est solide et en croissance, et nous restons en bonne voie pour atteindre nos objectifs.” En gros, on gagne bien, mais on pourrait économiser plus.
Il n’y a pas que le licenciement qui soit en croissance
Pour 2026, l’entreprise prévoit un chiffre d’affaires de 51,0 à 51,4 milliards de dollars (une hausse de 13 à 14%) et une marge opérationnelle de 31,5% (29,5% en 2024). L’année dernière, on parlait d’un chiffre d’affaires de 45,2 milliards (16% d’augmentation) et d’un bénéfice net chiffré à 11 milliards (26% de hausse). Mais puisque l’utilisateur s’engage moins (ce qui est l’un des enjeux principaux de Netflix), le service préfère assurer ses arrières et mettre l’argent ailleurs que dans le salaire de ses 1 000 employés.
“Nous continuerons d’investir massivement dans les domaines à fort impact afin d’améliorer nos services et de stimuler davantage la croissance et l’innovation. Pour ce faire, nous devons faire des choix ciblés à tous les niveaux de l’entreprise afin de continuer à répondre aux besoins de nos membres, partenaires, employés et investisseurs.” Pour résumer, rien ne justifie réellement ce plan de licenciement.
La dernière fois que Netflix a remercié ses employés, c’était en 2022, lorsque 450 postes ont été supprimés. Mais à l’époque, Netflix accusait une baisse de 200 000 abonnés au premier semestre 2022, ce qui était une première en dix ans. Le N rouge a accusé le coup, ses employés encore plus. Niveau calendrier, la “coïncidence” veut que ce plan de licenciement arrive alors que Netflix doit publier ses résultats du troisième trimestre 2026 le mardi 20 octobre. Des résultats qui devraient être en deçà des attentes, ce qui a fait chuter les actions de la boîte. Il faudra bientôt revendre les droits de la Coupe du monde si ça continue.