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Les 10 523 Français qui ont investi 7 millions d’euros dans Duralex, ne reverront jamais leur argent, voici pourquoi

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Les 10 523 particuliers qui avaient investi dans Duralex via la plateforme Lita fin 2025 vont perdre leur mise. La verrerie, en redressement judiciaire depuis juin, a été reprise le 14 octobre par Cédric Meston, et les titres émis par l’ancienne SCOP ne seront pas remboursés.

  • Les 10 523 investisseurs ayant misé 7 millions d’euros dans Duralex via Lita ne verront pas leur argent, Duralex étant en liquidation.
  • Les titres participatifs émis par la SCOP ne seront remboursés qu’en cas de liquidation, ce qui est désormais le cas.
  • Cédric Meston a repris Duralex avec un plan de 16 millions d’euros, sans promesse de remboursement pour les investisseurs.

L’annonce a été faite le 15 octobre par Julien Benayoun, cofondateur et directeur général de Lita, la plateforme de financement participatif qui avait organisé la collecte. Il a confirmé à l’AFP que les 7 millions d’euros ne seront pas remboursés, en rappelant qu’il s’agissait “d’un investissement très risqué“. Lita indiquait d’ailleurs dès le lancement que ni le capital ni les intérêts n’étaient garantis. Il faut préciser que les particuliers avaient souscrit des titres participatifs émis par Duralex SCOP SA, la coopérative, et non par le nouveau propriétaire de l’usine. Ce type de titre n’est remboursable qu’en cas de liquidation de la société ou après au moins sept ans, et la SCOP va justement être liquidée, avec des dettes qui passeront avant les porteurs de titres.

Une collecte de 7 millions d’euros en novembre 2025

Duralex était passée en SCOP en juillet 2024, quand le tribunal de commerce d’Orléans avait confié la verrerie à ses salariés. En novembre 2025, la coopérative a lancé une campagne sur Lita avec un objectif de 5 millions d’euros, destinés à moderniser l’usine de La Chapelle-Saint-Mesmin, près d’Orléans, et à financer de nouveaux équipements. La collecte a finalement atteint environ 7 millions d’euros, apportés par 10 523 particuliers. La participation était plafonnée à 1 000 euros par personne, et le montant moyen a été de 372 euros. Les titres promettaient une rémunération de 8 % brut par an, avec un remboursement envisagé à partir de la septième année.

L’argent a été versé fin 2025, mais il n’a pas suffi. La date de cessation des paiements a été fixée au 15 mai 2026, et le tribunal de commerce d’Orléans a placé Duralex en redressement judiciaire le 1er juin 2026, avec une publication au Bodacc le 17 juin. Selon Maddyness, c’était la cinquième fois en une vingtaine d’années que la verrerie se retrouvait dans cette situation. Le 3 septembre, le siège de Duralex a été perquisitionné dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet d’Orléans, qui n’a pas communiqué les qualifications pénales retenues. Selon l’AFP, l’ancien directeur général François Marciano, figure de la reprise en SCOP, et son fils Antoine, qu’il avait nommé directeur financier, pourraient être visés. Leur avocat, Me Pierre Lalanne, affirme qu’ils “démentent toute implication dans d’éventuelles malversations”. Lita a été entendue comme victime potentielle et se réserve le droit de porter plainte.

Une reprise par Tupperware

Le 14 octobre, le tribunal de commerce d’Orléans a retenu l’offre de la holding Tomé, menée par Cédric Meston. Âgé de 32 ans, cet entrepreneur a cofondé HappyVore, une marque d’alternatives végétales à la viande, puis a repris en 2025 Tupperware France et Black Star, un spécialiste du pneu rechapé. Xavier Niel est associé au projet via sa holding NJJ Capital. Le groupe stéphanois Carlesimo proposait de conserver 129 salariés, alors que l’offre de Cédric Meston en garde 155 sur environ 220, et environ 65 postes ne sont pas repris.

Le plan de reprise s’élève à 16 millions d’euros, sans dette bancaire, dont 6 millions d’euros d’aides publiques. Une partie doit servir à remplacer un four à gaz par un four entièrement électrique d’ici 2029, car l’énergie représente près de 20 % du chiffre d’affaires de la verrerie, selon Labo Maison. Cédric Meston vise un retour à la rentabilité en 2027 et veut faire de Duralex “le verre le plus vert du monde”. Quant aux investisseurs de Lita, il leur a écrit : “Je ne peux vous promettre un remboursement”. Il leur propose à la place une journée de visite à l’usine, ainsi que des produits Duralex et Tupperware d’une valeur proportionnelle à leur investissement. Ceux qui n’ont pas déclaré leur créance dans les délais peuvent encore demander un relevé de forclusion jusqu’au 17 décembre 2026.

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