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Investir dans les Lego rapporte-t-il vraiment ? Une étude a suivi les achats de 12 931 collectionneurs

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Le site Brickfact a publié le 15 octobre 2026 une étude sur la rentabilité des collections Lego, à partir des achats et des ventes réels de ses utilisateurs.

Cette étude montre que le rendement dépend surtout du prix auquel les boîtes ont été achetées, bien plus que des sets choisis !

Une étude faite à partir des achats déclarés par les utilisateurs

Brickfact est un site et une application qui permettent aux collectionneurs de suivre la cote de leurs sets Lego, et donc la valeur de leur collection. La plateforme avait déjà publié une première étude en allemand en 2024, qui donnait à l’époque un rendement médian de 10,8 % par an, et elle a refait l’exercice cette année avec une méthode plus stricte.

Pour cette deuxième édition, Brickfact s’est appuyé sur les transactions que 12 931 utilisateurs ont saisies eux-mêmes dans l’application, en indiquant pour chaque achat le set, la date, la quantité et le prix payé. Cela représente environ 1,1 million de boîtes, pour un total de 58,6 millions d’euros dépensés, et la plupart de ces achats ont été faits entre 2022 et 2024. Les comptes trop peu actifs (moins de 10 transactions) ont été retirés, tout comme les achats d’avant 2010 et ceux déclarés à moins de 30 % du prix public, que Brickfact considère comme des erreurs de saisie. Il faut préciser aussi que les sets encore dans leur boîte ne sont pas valorisés à un prix de vente réel, mais à partir des estimations du site, qui se basent sur les annonces en ligne.

Le collectionneur médian gagne 7 % par an

Au 30 septembre 2026, date à laquelle s’arrêtent les données, le collectionneur situé au milieu de l’échantillon obtient un rendement de 7 % par an. Pour un budget médian d’un peu moins de 2 000 euros, cela correspond à une collection qui vaut aujourd’hui environ un quart de plus que ce qu’elle a coûté. La moyenne est bien plus haute (12,3 %), mais elle est tirée vers le haut par quelques collectionneurs aux résultats exceptionnels, c’est pour cela que l’étude préfère s’en tenir à la médiane. Un peu plus de 12 % des participants sont malgré tout en perte.

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© Brickfact 

Le recul par rapport à 2024 s’explique en partie par le changement de méthode, puisque les données de la première étude, recalculées avec les règles actuelles, donnent 9,7 % au lieu de 10,8 %. Pour le reste, Brickfact note que les prix des Lego sont restés plutôt stables ces deux dernières années, alors même que le groupe danois a enregistré une année record en 2025, avec un chiffre d’affaires en hausse de 12 % à 83,5 milliards de couronnes danoises et plus de 860 nouveaux sets lancés.

Ceux qui achètent en promotion s’en sortent nettement mieux

Brickfact a classé les collectionneurs selon la remise qu’ils obtiennent d’habitude par rapport au prix public. Le groupe le plus nombreux, un peu plus de 5 000 personnes, achète en général avec moins de 20 % de réduction, et son rendement médian ne dépasse pas 4,4 % par an, avec presque un quart de collections dans le rouge. Les 715 collectionneurs qui obtiennent couramment 40 % de remise ou plus montent quant à eux à 14,2 % par an, et quasiment aucun d’entre eux ne perd d’argent.

Pour vérifier que l’écart ne vient pas des goûts de chacun, l’étude a comparé le contenu des collections. D’un groupe à l’autre, on retrouve à peu près les mêmes gammes, la même part de petits sets et des durées de détention proches. Brickfact a d’ailleurs fait le calcul en valorisant exactement les mêmes boîtes, une première fois au prix réellement payé, ce qui donne un gain d’environ 28 % pour tous les groupes, puis une seconde fois au prix public, ce qui ramène le résultat entre une légère perte et un gain de quelques pourcents. Sur le calendrier, les remises les plus fortes sont relevées en novembre et en décembre, au moment des fêtes, tandis que mai est en moyenne le mois le plus cher pour acheter.

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© Brickfact 

Attendre le retrait du set du catalogue paie, même en le payant plus cher

Lego retire régulièrement des sets de son catalogue, et c’est souvent à ce moment-là que leur cote commence à monter sur le marché de l’occasion. L’étude a donc regardé quand les collectionneurs achètent par rapport à cette fin de commercialisation. Un set acheté plus d’un an avant son retrait est payé en médiane 70 % de son prix public, mais il ne rapporte que 11,6 % et un tiers de ces achats sont perdants. Acheté après le retrait, le même type de set coûte plus cher (80 % du prix public), et pourtant le gain médian atteint 45,5 %, avec seulement 14,5 % d’achats en perte.

Star Wars reste la gamme la plus achetée

Star Wars représente à lui seul 27,4 % de l’argent investi par les participants, loin devant la gamme Icons et Technic. Sept des dix sets les plus présents dans les collections viennent de la saga, à commencer par The Mandalorian and the Child (75317), que possèdent 2 927 collectionneurs, et le casque de Dark Vador (75304). Les meilleurs gains ne viennent pourtant pas de là, puisque sur les achats faits en 2022 et 2023, c’est Ninjago qui arrive en tête avec un gain médian de 74,4 %, alors que Star Wars se contente de 24 %. La gamme Icons, qui regroupe des sets destinés aux adultes comme les voitures ou les bâtiments, est la moins rentable sur cette période avec 13,1 %. Brickfact précise que ce classement décrit la situation actuelle et ne doit pas servir de conseil d’achat.

Un placement moins rentable que la Bourse sur la période, mais plus stable

Pour comparer avec des placements classiques, Brickfact a simulé les mêmes achats, aux mêmes dates et pour les mêmes montants, dans un ETF MSCI World, dans le DAX allemand et dans l’or. Sur la période, l’ETF aurait rapporté 15,5 % par an en médiane et l’or 20,1 %, si bien que seuls 12 % des collectionneurs ont fait mieux que l’ETF avec leurs Lego. L’étude rappelle que la plupart des achats ont été faits juste avant une forte hausse des marchés et de l’or.

En revanche, une collection d’au moins une vingtaine de sets bouge beaucoup moins que la Bourse. Entre janvier 2019 et septembre 2026, un ensemble de 25 sets n’a jamais perdu plus de 9,7 % de sa valeur estimée, quand le MSCI World a connu une baisse de près de 25 %. Un set seul reste toutefois bien plus instable qu’un indice boursier.

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© Brickfact 

Les frais de revente réduisent fortement les gains

Une partie des participants a aussi revendu des sets, avec 62 281 ventes enregistrées par 3 381 collectionneurs. Avant frais, le gain médian sur ces ventes est de 39,2 %. Brickfact a ensuite appliqué une commission de 13 % (ce que prélèvent en général les plateformes de revente) et les frais d’envoi, ce qui ramène le gain médian à 21,1 % et fait passer la part de ventes à perte de 9 % à plus de 25 %. Le temps passé, le stockage et les impôts ne sont pas comptés. Quant aux utilisateurs de Brickfact, l’étude reconnaît qu’ils sont sans doute plus impliqués que l’acheteur moyen de Lego. En 2019, une étude de l’économiste Victoria Dobrynskaya, de l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, avait mesuré un rendement de 11 % par an sur les sets sortis entre 1987 et 2015, en se basant cette fois sur les prix du marché de l’occasion.

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