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Critique Super Mario Galaxy le film : Nintendo en hyperglycémie ?

Mario et Luigi s’offrent des aventures intergalactiques déconseillées par les dentistes et les addictologues. Critique.

 Super Mario Bros a conjuré la malédiction. Les jeux vidéo ont été maltraités pendant des décennies sur grand écran, les plombiers moustachus en avaient eux-mêmes fait les frais dans les années 90 avec un live-action aux allures de terreur nocturne. Face à ces monuments nanardesques, le film d’lllumination avait tout du GOTY. Trois ans plus tard, cette suite est donc attendu au tournant. 

Cette fois-ci, Super Mario Galaxy le film entend bien ramener sur le devant de la scène une flopée d’autres personnages Nintendo iconiques, de Yoshi à Harmonie en passant par Fox McCloud. Ce volet a la lourde tâche d’adapter l’ovni de la licence alors que les contours d’un univers cinématographique dense semblent se dessiner. Mais entre le fan service et une proposition narrative et visuelle de qualité, il peut parfois y avoir un gouffre. Nintendo a-t-il su trouver l’équilibre ?

Nouveaux joueurs

Critique Super Mario Galaxy Le Film
© Illumination / Nintendo

Exit le Royaume Champignon, et bienvenue dans la Voie lactée. Prenant pour inspiration les jeux Super Mario Galaxy, ce second volet concentre son histoire sur la Princesse Peach et ses origines. Un chemin tout tracé à en croire la direction prise par Super Mario Bros. le film. Oui, Illumination donne dans la suite directe mais change un peu son approche. 

C’est en voyageant de planète en planète, à la rescousse de Sa Majesté, que Mario et Luigi vont de nouveau devoir laisser tomber tuyaux et clés anglaises en faveur de power-ups et de saillantes motos, dans une aventure qui change drastiquement d’échelle.

Super Mario Galaxy part avec un héritage lourd à porter. Celui d’un titre vidéoludique parmi les plus plébiscités, autant par sa narration que son gameplay novateur. Sur ce premier volet, cette suite s’en sort plutôt bien. Il approfondit le message sur la famille et se concentrer d’avantage sur l’histoire des personnages secondaires. 

Mario et Luigi cèdent leur place de protagonistes pour laisser à leurs camarades une véritable occasion de briller. Chacun son tour ! Si ce choix peut surprendre, il est en accord avec les nouvelles ambitions de la saga : construire un univers cinématographique riche. La franchise de Nintendo est colossale. Illumination l’a à peine explorée.

Critique Super Mario Galaxy Le Film (4)
© Illumination / Nintendo

Quêtes annexes

Avec son nouveau roster de personnage, Super Mario Galaxy met en lumière des modèles familiaux jusqu’ici peu explorés dans le lore de Nintendo. À ce niveau, le film apporte une dimension bienvenue par rapport aux jeux qui se sont toujours plus ou moins complu au même schéma actantiel au fil des opus.

Comme Arcane l’était pour League of Legends, la production contribue à la création et pas seulement à la transposition de l’univers. Le film se donne le droit de remplir des zones d’ombre, de réinventer et de donner du sens à une mythologie devenue peut-être trop familière au fil des ans. Le résultat est là. On se retrouve happés par l’aspect plus introspectif de Super Mario Galaxy, bien que le tout manque parfois de cohérence. Certaines sous-intrigues ne sont pas pleinement exploitées, le film ne tire pas parti de tout son potentiel.

Si le film pose les bases d’une histoire plus forte et assumée que celle des jeux, ce volet ne révolutionne pas non plus les archétypes que l’on connait déjà. La prise de risque est quasi inexistante dans le fond et l’évolution des personnages, aussi intéressante soit-elle, est maintenue dans une orbite de sécurité.

Critique Super Mario Galaxy Le Film (3)
© Illumination / Nintendo

Aventure en 200 cc

Le premier film Mario était parfaitement imparfait dans son abondance de références. Les caméos étaient nombreux, les clins d’oeil visuels et narratifs aussi, laissant parfois un goût de démesure dans la bouche de certains spectateurs. Force est de constater que ce sentiment est bel et bien de retour avec Super Mario Galaxy qui n’en finit pas de nous submerger, flirtant dangereusement avec la saturation pure et simple.

Si le départ est plutôt tranquille, une fois la course lancée, il est absolument impossible de tout suivre tant on se retrouve bombardées de scènes débordant d’énergie, de lumière, de couleurs, de musique et de personnages. Le film les enchaine à la vitesse de la lumière. Le sentiment de plaisir est toujours là mais la lisibilité globale de l’œuvre en est forcément impactée.

Super Mario Galaxy succombe au format qu’adoptent de plus en plus de films, pensés pour les séquences choc à poster sur les réseaux sociaux. On se retrouve donc avec une galaxie de moments capsules, qui gravitent autour d’un noyau juste assez convaincant pour ne pas nous en dégouter. Jamais réellement franchie, la limite reste proche. Pensé pour plaire à un public jeune, accro aux vidéos verticales et aux shots de dopamine, le long-métrage perdra sans doute son public plus mature en cours de route.

Critique Super Mario Galaxy Le Film (5)
© Illumination / Nintendo

L’ambiance sonore s’ajoute, elle aussi, au cocktail de l’overdose. Les moments de calme sont systématiquement remplis de musiques anormalement épiques, saturant complètement la jauge émotionnelle  et rendant les séquences véritablement importantes beaucoup moins marquantes que ce qu’elles devraient être. Les mélodies iconiques des jeux sont cuisinées à toutes les sauces, et si on a au début du film une grande admiration pour les effets, fidèles et nostalgiques, ces sucres ajoutés font de Super Mario Galaxy un plat à déconseiller aux diabétiques… (et aux épileptiques).

Le point rassurant est que Nintendo ne cherche pas à nous enterrer, en plus de tous ces stimuli sensoriels, sous une masse de références externes. Les caméos se comptent sur les doigts d’une main et c’est parfait ainsi. Le souci majeur reste la surenchère au sein même de la franchise Mario qui peine réellement à se contenir. Les scénaristes aussi ont abusé du sucre.

NCU : le Nintendo Cinematic Universe

Quitte à être inondé d’images, Illumination s’assure qu’elles soient au moins agréables à l’œil. Visuellement, c’est presque un sans-faute pour Super Mario Galaxy, qui s’imprègne complètement de l’esthétique des jeux tout en sublimant les textures, les jeux de lumière et les décors de l’épopée. La présence de Fox McCloud apporte des défis supplémentaires aux équipes, qui réussissent non seulement à jouer avec les détails de la fourrure, mais offrent aussi un changement d’esthétique (dont nous tairons les détails ici) qui témoigne d’un véritable savoir-faire en matière d’animation.

Évidemment, Nintendo garde ses cartouches pour continuer à bâtir ce qui ressemble de plus en plus à un empire cinématographique. Il nous manque encore aujourd’hui certains personnages clés pour être pleinement satisfaits, mais l’avenir est plein de promesses. On rappelle aussi qu’au vu de la richesse de la licence vidéoludique, très peu d’opus ont été représentés malgré deux films extrêmement denses en références : il reste donc une marge de progression considérable.

Tout le monde y trouve son compte, mais surtout les plus jeunes, qui reconnaîtront des titres sortis il y a moins de dix ans, là où les spectateurs plus âgés apprécieront davantage la portée globale du projet que chacun de ses détails.

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Notre avis

Super Mario Galaxy est un film qui impressionne, émerveille, bombarde, puis nous essouffle à force de vouloir trop en faire, trop vite, trop fort. Derrière le feu d’artifice constant, on sent pourtant une vraie envie d’élargir l’univers, de raconter des histoires plus personnelles, sans jamais prendre le risque de tout chambouler pour autant. Il s'agit d'une suite solide et spectaculaire, qui fait du fan service sa marque de fabrique. Déconseillé pour les épileptiques.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 7 / 10

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