Pendant des années, la réponse à la question “TV géante ou vidéoprojecteur ?” était, dans les faits, déjà tranchée. La télé gagnait par forfait : elle était lumineuse le jour, prête en dix secondes, et ne demandait ni cave obscure ni rituel de calibration. Le projecteur, lui, était relégué au rang de caprice de cinéphile ou d’équipement de salle dédiée. Beau, certes. Pratique, beaucoup moins. Et face à une OLED de 85 pouces, la comparaison était souvent cruelle.
L’AWOL Vision Aetherion Max, actuellement en fin de campagne de financement participatif, arrive en 2026 avec une ambition qu’on n’entend pas souvent dans ce segment : tuer ce cliché. Triple laser RGB pur, iris mécanique motorisé pour sculpter les noirs, plus de 3 000 lumens annoncés pour tenir tête à la lumière du jour, Google TV Android 14 avec toutes les applis dedans, sur le papier, c’est moins un projecteur qu’un replacement direct de votre dalle. Pas une alternative. Un successeur.
Alors, mythe ou réalité ? Peut-on vraiment regarder *The Last of Us* un dimanche après-midi sans tirer tous les volets ? Est-ce que 150 pouces en salon, ça ressemble vraiment à une télé, ou à une salle obscure qui sent le pop-corn froid ? J’ai passé plusieurs semaines à chercher la réponse. Et honnêtement, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi tranchée.
Design & Ergonomie : la machine qui assume
La première chose qu’on remarque en sortant l’Aetherion Max de son carton, c’est qu’AWOL a visiblement décidé d’arrêter de faire semblant. Fini le bloc blanc anonyme qu’on cache sous la télé par honte esthétique. Ici, le châssis est entièrement en métal, avec une finition qui imite l’aluminium brossé, des lignes anguleuses qui lorgnent clairement du côté cyberpunk, et une barrette chromée en façade qui donne au projecteur des airs de vaisseau spatial posé sur votre meuble TV. C’est assumé, c’est volontaire, et franchement, ça fonctionne.
La grille de haut-parleurs en métal finement perforé remplace avantageusement les tissus acoustiques qu’on voit vieillir et se déformer sur la concurrence. Et pour les amateurs de lumières d’ambiance, ou pour ceux qui veulent transformer leur salon en antichambre de la Matrice, un bandeau LED RGB horizontal court en façade, entièrement personnalisable en couleur, en animation et en intensité via les menus. On peut aussi l’éteindre complètement pour une immersion totale. Le genre de détail inutile qui fait sourire, et qu’on finit par ne plus vouloir désactiver.
La trappe motorisée : signature stylistique assumée
L’optique est protégée par une trappe motorisée qui s’ouvre à l’allumage et se rétracte à l’extinction. Et là, AWOL fait quelque chose d’un peu culotté : ils ont délibérément conservé le petit bruit mécanique de son déploiement. Pas un bug, pas un oubli, une décision assumée par les équipes techniques, présentée comme une “signature stylistique”. Le genre de détail qui divise, mais qui participe clairement à la philosophie de la machine : ici, on ne fait pas dans la discrétion timide. On s’allume avec du caractère.
Deux capteurs de présence infrarouges flanquent l’optique et coupent instantanément la source laser si quelqu’un s’approche du faisceau. Une précaution de sécurité bienvenue quand on parle de triple laser pointant vers un mur de 150 pouces.
Installation : précis mais pas magique
C’est sur l’installation que l’Aetherion Max montre ses limites les plus concrètes. Pas de caméra embarquée, pas de capteur TOF pour une correction trapézoïdale automatique en temps réel. À la place, AWOL propose une procédure assistée par smartphone : le projecteur projette une mire avec un QR code, vous photographiez le résultat, et le processeur se charge de l’alignement. C’est précis (probablement plus précis que les automatismes classiques) mais ça demande une vraie intervention manuelle à la première configuration et sur mon mur blanc imparfait, ça n’a pas fait de miracle et j’ai dû corriger manuellement. En 2026, certains trouveront ça anachronique. Pas forcément à tort.
La correction géométrique reste ensuite ajustable point par point dans les menus pour les toiles de 100 à 150 pouces.
La télécommande : presque
La télécommande marque une vraie progression par rapport aux générations précédentes : rétroéclairage partiel sur les touches principales, touche “Live TV” dédiée, menu déporté en haut du boîtier. Mais, et c’est agaçant, comme je l’avais déjà remarqué sur le test du Valerion, le rétroéclairage s’arrête pile où on en a le plus besoin : les boutons de volume et les raccourcis d’applications restent dans le noir. Dans l’obscurité totale d’une vraie séance ciné, on tâtonne. Dommage.

Autre curiosité : aucun bouton physique dédié à la mise au point. AWOL considère que la stabilité thermique et mécanique du bloc optique ne nécessite pas de réajustements fréquents (et c’est vrai en soi) ce réglage passe donc par les menus système. Dans les faits, c’est défendable.
La contrainte du meuble
Un point à ne pas négliger avant l’achat : l’Aetherion Max est une pièce imposante. Pour projeter en 120 pouces avec seulement 28 cm de recul par rapport au mur, la profondeur totale nécessaire sur le meuble monte à 56 cm. Et le bas de l’image démarre à 43 cm au-dessus de la base du projecteur, ce qui impose souvent un meuble bas spécifique pour éviter que l’image ne finisse dans les nuages. Ce n’est pas un défaut, c’est une contrainte réelle à anticiper avant de sortir la carte bleue.

Performances image : le DLP qui ne veut plus entendre parler de ses complexes
On va être directs : historiquement, le DLP avait un problème. Pas sur la luminosité, pas sur la netteté, mais sur le contraste. Les noirs “vrais”, ceux qui donnent de la profondeur à une image, c’était le domaine réservé des OLED et des LCOS. Le DLP, lui, se contentait de noirs “acceptables”. L’Aetherion Max est venu pour clore ce débat une bonne fois pour toutes.
L’iris mécanique : le vrai game changer
Le cœur de la proposition image de cet appareil, c’est son iris mécanique motorisé à sept niveaux de réglage. Le principe est simple mais redoutablement efficace : en réduisant mécaniquement l’ouverture optique, on fait grimper le contraste natif de façon significative, au prix d’une baisse de luminosité maîtrisée. En mode standard, le contraste natif tourne autour de 3 500:1. En basculant sur le préréglage Cinema 2 avec l’iris partiellement fermé, on approche les 5 000 à 6 000:1. Ce n’est plus tout à fait la même image. Les zones sombres ont une vraie densité, les scènes nocturnes cessent d’être grises pour devenir noires… vraiment noires.
EBL : la magie du laser dynamique
L’EBL (Enhanced Black Level) va encore plus loin en ajoutant une dimension dynamique au contraste : le système module la puissance du laser en temps réel selon le contenu affiché, pour atteindre un contraste dynamique théorique de 60 000:1. Scène sombre ? Il réduit l’intensité pour creuser les noirs. Explosion en pleine lumière ? Il pousse la puissance pour que les détails éclatants restent lisibles.
En gros ça fait quoi ? Un personnage planqué dans l’ombre pendant qu’une source lumineuse intense illumine l’arrière-plan. D’habitude avec du DLP, c’est l’un ou l’autre, soit on voit le personnage, soit on préserve la lumière extérieure. Avec l’EBL actif, les deux coexistent. C’est troublant techniquement, parce que ça va contre ce qu’on attend habituellement de cette technologie.

La limite existe néanmoins : sur les contenus HDR très lumineux, l’EBL peut s’emballer et provoquer un écrêtage des blancs, avec une perte de détail dans les zones les plus claires. Pas rédhibitoire, mais ça mérite un réglage fin plutôt qu’une activation en mode “turbo”.
Triple laser RGB : la couleur sans compromis
La source lumineuse triple laser RGB pure (rouge, vert, bleu, sans roue chromatique ni phosphore) est le premier pilier de la performance image. Ce choix architectural n’est pas anodin : là où la plupart des projecteurs de cette gamme plafonnent à 70-80% de couverture BT.2020, l’Aetherion Max revendique 110% de cet espace colorimétrique. Pour donner une idée concrète : c’est comme si votre télé pouvait soudain afficher une palette de couleurs que la majorité des écrans actuels ne peuvent tout simplement pas reproduire. Les rouges ont une profondeur rare, les verts une vivacité qu’on ne voit pas souvent en projection, et l’ensemble forme une cohérence colorimétrique qui rend les contenus nature proprement hypnotiques. Un coucher de soleil a vraiment l’air d’un coucher de soleil. Une explosion dans un film d’action claque avec une intensité qu’on ne soupçonnait pas sur une toile.
Un conseil cependant : résistez à la tentation de pousser les réglages d’amélioration dynamique des couleurs au-delà du niveau “Faible”. Au-delà, les tons chairs commencent à dériver vers le rose ou le rouge, et on passe de “somptueux” à “clinquant” en quelques crans de curseur.
Le traitement d’image : IA aux commandes
Le processeur Pentonique 800 embarqué gère l’ensemble du traitement d’image avec une efficacité rarement vue sur ce segment. Le Dynamic Tone Mapping rééquilibre les scènes complexes en temps réel, évitant que les zones sombres ne soient bouchées ou que les hautes lumières ne soient cramées. La super-résolution par IA fait un travail de précision sur les textures (grain de peau, détails capillaires, matières) et livre une sensation de piqué qui peut sembler “trop net” au premier regard, mais qui devient addictive sur grand écran.
La compensation de mouvement mérite également une mention : la conversion des flux 24p vers le 60 Hz ou le 120 Hz s’opère sans saccades ni effet “caméscope” exagéré. Les travellings rapides restent fluides et naturels, un équilibre difficile à trouver, que l’Aetherion Max gère avec une discrétion appréciable.

La question du jour
Reste la grande question de l’angle “TV Killer” : est-ce qu’on peut regarder une série un dimanche après-midi sans tirer les volets ? Avec plus de 3 000 lumens annoncés et une réserve de puissance conséquente en mode standard, la réponse est oui, à condition d’investir dans une toile ALR ou CLR. Sans elle, la lumière ambiante reste l’ennemie. Avec elle, l’Aetherion Max tient la comparaison face à n’importe quelle dalle du marché. Et à 150 pouces, la télé du salon commence à faire vraiment pâle figure.
Gaming : le moniteur géant qu’on n’attendait pas
AWOL n’a pas fait les choses à moitié pour les joueurs. Grâce au nouveau contrôleur Texas Instrument DLPC845, l’input lag tombe à 9,4 ms en 4K/60 Hz, 6,7 ms en 1080p/120 Hz, et atteint le chiffre record de 3 ms en 1080p/240 Hz. Couplé à une entrée DisplayPort 1.4, chose rarissime sur un projecteur UST, l’Aetherion Max se positionne clairement comme un moniteur de compétition taille XXL, capable de faire tourner Counter-Strike ou Forza Horizon sans que la réactivité ne soit jamais en cause. Il y a quand même un point de vigilance à signaler : l’activation du VRR via AMD FreeSync Premium provoque des scintillements intermittents sur PC et Xbox Series X. J’ai effectué mes tests sur une version de présérie et AWOL a poussé un correctif firmware, réglant en grande partie le problème, preuve qu’ils travaillent sur le problème, si vous le constatez, la recommandation est de rester sur une fréquence fixe élevée (120 ou 240 Hz) pour une expérience stable. Un bug de jeunesse qui ne gâche pas l’ensemble, mais qui mérite d’être mentionné.

Son intégré : mieux vaut ne pas trop y croire, et pourtant
Soyons honnêtes : sur un projecteur, la section audio commence généralement par une mise en garde polie du type “pour une vraie expérience sonore, investissez dans une barre de son”. Et dans 90% des cas, c’est le bon conseil. Sauf qu’avec l’Aetherion Max, on a eu la mauvaise habitude de lancer un film sans brancher quoi que ce soit d’autre, et de ne pas vraiment ressentir le besoin de le faire.[1]
Une puissance qui surprend
Le système stéréo intégré décode le Dolby Atmos et le DTS:X, et s’en sort avec une autorité franchement surprenante pour un appareil dont ce n’est clairement pas la vocation première. Il tient sans distorsion notable une pièce de 30 m² à un volume réglé à seulement 22%, ce qui laisse une marge confortable avant d’atteindre les limites du système. Les médiums sont propres, les dialogues restent lisibles même sur les scènes d’action chargées, et les basses, sans rivaliser avec un caisson dédié, ont suffisamment de corps pour ne pas laisser l’image sonner creux.
La fonctionnalité qui change tout
Mais la vraie bonne idée d’AWOL, c’est ailleurs : la possibilité de configurer le projecteur comme voie centrale dans une installation home cinéma existante. Concrètement, les dialogues et les voix sortent directement de l’image. L’effet est immédiat et difficile à décrire sans l’avoir vécu, les voix semblent littéralement ancrées dans l’écran, ce qui renforce le contrat d’immersion d’une façon que même certaines barres de son haut de gamme peinent à reproduire. Pour ceux qui ont déjà un système audio en place, c’est une intégration élégante qui valorise l’existant sans tout réinventer.
Ce qu’il faut garder en tête
La ventilation, quasi inaudible dès qu’un contenu est diffusé, participe aussi à la qualité perçue de l’expérience sonore : aucun souffle parasite ne vient concurrencer la bande-son, ce qui n’est pas toujours le cas sur ce segment. Un mode “Réduction de bruit” existe pour les environnements particulièrement silencieux, mais il réduit la luminosité en contrepartie, dans les faits, le mode normal est déjà suffisamment discret pour s’en passer.
Évidemment, pour une expérience sonore véritablement à la hauteur d’une toile de 150 pouces, une installation dédiée avec enceintes et caisson restera toujours la bonne réponse. Mais pour une soirée improvisée, un dimanche après-midi sans sortir le câblage, ou un usage quotidien sans compromis visibles, l’Aetherion Max assure largement et c’est déjà beaucoup plus que j’en attendait.
Dernière chance : la campagne participative se termine bientôt !
L’AWOL Vision Aetherion Max est actuellement en toute fin de campagne participative, et le moins qu’on puisse dire, c’est que le public a répondu présent : près de 18 millions de dollars levés, ce qui en fait l’une des campagnes les plus massives du secteur. Si vous voulez en profiter avec près de 50% de réduction par rapport à son prix de vente conseillé, il va falloir se presser, les dernières heures d’une campagne participative, ça n’attend pas.
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