À 5,75 mm d’épaisseur et 485 grammes, la Xiaomi Pad 8 est l’une des tablettes les plus fines du marché. Xiaomi l’a présentée le 28 février dernier à Barcelone lors du MWC 2026, avec un argument tarifaire difficile à ignorer face à l’iPad Air à 799€ ou la Galaxy Tab S10 FE autour de 600€. Le constructeur chinois revendique cette fois une vraie ambition productivité, avec un mode Workstation renforcé, un stylet et une prise en charge multi-écran sans fil. Belles promesses, encore faut-il les tenir.

Fiche technique
| Caractéristique | Xiaomi Pad 8 |
|---|---|
| Écran | 11,2 pouces IPS LCD 3 200 x 2 136 px (3,2K) 144 Hz 800 nits |
| Processeur | Qualcomm Snapdragon 8s Gen 4 |
| RAM | 8 ou 12 Go |
| Stockage | 128 ou 256 Go |
| OS | Android 16 / HyperOS 3 |
| Batterie | 9 200 mAh Charge filaire 45W |
| Photo | 13 MP (arrière) 8 MP (avant) |
| Audio | 4 haut-parleurs Dolby Atmos |
| Connectivité | Wi-Fi 7 Bluetooth 5.4 |
| Certification | IP54 |
| Dimensions | 5,75 mm d'épaisseur 485 g |
| Prix | À partir de 499€ |
Un design qui tranche
Le châssis unibody en aluminium de la Pad 8 est solide et sobre. On retrouve trois coloris au choix (gris, vert, bleu), une finition propre, un stylet et un clavier en option, et une certification IP54 qui lui confère une protection contre les projections d’eau et les dépôts de poussière. Pas de doute sur ce point, Xiaomi a soigné sa copie, en proposant un mix efficace entre écran compact et station de travail autonome. L’objectif de productivité est assumé, le ton est donné.

Seul défaut notable à ce stade : la tablette est un véritable aimant à traces de doigts. Pas vraiment rédhibitoire, mais agaçant au quotidien. L’écran Crystal-Clear de 11,2 pouces affiche de son côté une résolution de 3200 x 2136 pixels avec un taux de rafraîchissement adaptatif jusqu’à 144 Hz. Le format 3:2 se révèle très pertinent pour la productivité et la lecture de documents, et la dalle, si elle fait l’impasse sur l’OLED au profit de l’IPS LCD, profite d’une jolie colorimétrie, lumineuse et bien calibrée. L’utilisation en extérieur est efficace, même si elle ne profite pas des contrastes de l’OLED, forcément. Sur une scène nocturne ou un jeu à l’ambiance sombre, la différence avec un Galaxy Tab S Ultra ou un iPad Pro saute aux yeux.
Des performances solides, une gestion thermique impressionnante
Sous le capot, le Snapdragon 8s Gen 4 assure. Ce n’est pas la puce la plus puissante du catalogue Qualcomm (ce rôle revient au Snapdragon 8 Elite, réservé à la Pad 8 Pro), mais elle affiche tout de même une progression de 32 % en CPU et 67 % en GPU par rapport à la Xiaomi Pad 7. En pratique, ça se traduit par une fluidité constante, que ce soit pour du multitâche bureautique, de la navigation web ou du jeu. La gestion de la chaleur constitue d’ailleurs l’une des vraies réussites de la Pad 8, qui semble taillée pour la productivité.
Le mode Workstation d’HyperOS 3 est justement là pour satisfaire ce besoin d’efficacité. Dock d’applications épinglées, fenêtres flottantes ajustables, écran scindé en format 5:5 ou 1:9, gestion native des fichiers Word, Excel et PowerPoint dans leurs versions PC complètes : l’environnement de travail est pensé pour un usage laptop assumé. Pour un métier comme le nôtre, qui nécessite de passer des heures à écrire (et pas forcément à son bureau) l’expérience est plutôt convaincante le temps d’une session de travail nomade, mais ne nous convainc pas de passer au tout ultra-portable.
On peut également utiliser la tablette comme second écran sans fil pour un PC ou un Mac, quelle que soit la plateforme. C’est simple à mettre en place, et très prometteur, mais le résultat est (comme souvent sur cette promesse) décevant. L’écran supplémentaire fonctionne, mais souffre une latence insupportable. C’est correct pour afficher une page fixe, par exemple des statistiques ou un tableau de bord, mais pas plus.

Une partie logicielle trop envahissante
HyperOS 3 a beau être la vitrine logicielle de Xiaomi, il traîne quelques vieux démons. Les applications préinstallées sont trop nombreuses (Booking, Netflix, et bien d’autres), et certains logiciels sont une aberration sur un produit à près de 500€. L’interface en elle-même reste cependant agréable à utiliser au quotidien : les animations sont fluides, la personnalisation poussée, et HyperOS 3 intègre des fonctions d’IA (résumé de notifications, retouche photo intelligente) qui tiennent leurs promesses dans les usages courants. Xiaomi fait clairement des efforts sur la cohérence visuelle et la réactivité de l’ensemble.
Côté autonomie, la batterie de 9200 mAh (350 mAh de plus que la génération précédente, malgré l’amincissement du châssis) assure une autonomie d’environ 8 heures en multitâche intensif. En utilisation ponctuelle, bureau et soirée streaming inclus, on tient aisément deux jours. Sur ce critère, la Pad 8 se hisse parmi les meilleures de sa catégorie. Pour la recharge en revanche, c’est une autre paire de manches. 45 W maximum et 93 minutes pour une charge complète, c’est raisonnable, mais nettement en retrait face à la Pad 8 Pro et son HyperCharge 67W, ou à la concurrence qui propose du 65W sur la Samsung Tab S10 FE.
Stylet et photo : du bon et du moins bon
La Xiaomi Pad 8 est compatible avec le Focus Pen Pro, un stylet de 17,5 grammes qui abandonne les boutons physiques de son prédécesseur au profit d’une zone tactile avec différents gestes. Il s’attache magnétiquement à la tranche de la tablette, et ne s’est jamais perdu dans notre sac pendant le test, ce qui est assez rare pour être souligné. L’expérience d’écriture est agréable avec une latence bien maîtrisée. L’application Mi Canvas, native et gratuite, s’en sort honnêtement pour un usage intermédiaire.

Pour la photo, pas grand-chose à dire, et c’est voulu : le capteur 13 MP à l’arrière sert principalement à scanner des documents ou des codes QR. Les clichés sont corrects, mais sans éclat. Personne n’achète une tablette 11 pouces pour ses photos, et Xiaomi n’a pas cherché à faire semblant. Même chose pour le capteur avant, qui s’en sort honorablement sur les visioconférences, mais ne fait pas dans la démonstration de force, ainsi que les quatre haut-parleurs Dolby Atmos répartis sur les tranches supérieure et inférieure.
Prix et disponibilité
C’est le plus gros atout de la tablette, en dépit de ses qualités techniques : à moins de 500€ pour la version 8+128 Go, la Xiaomi Pad 8 est une alternative aux tablettes très haut de gamme dédiées à la productivité. Certes, elle est moins costaude à l’usage, mais à ce prix, il fallait bien faire quelques concessions. L’absence d’écran OLED en est une, de même que les accessoires vendus en option. Avec le pack complet (tablette, clavier, stylet), la facture grimpe rapidement.
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