Passer au contenu

Test Drag x Drive sur Switch 2 : les bras m’en tombent

Nintendo propose son jeu démo technique qui exploite à fond le mode souris des Joy-Con 2. Face au titre qui a rendu les joueurs sceptiques dès son premier trailer, est-ce que Drag x Drive vaut le coup de lancer la roue ? Réponse dans notre test.

Nintendo aime surprendre, on le sait. Mais avec Drag x Drive, la firme de Kyoto pousse le concept de l’innovation jusqu’à l’épuisement physique. Ce jeu de basket en fauteuil roulant utilise exclusivement le motion control et la fonction souris des Joy-Con de la Switch 2. Une idée plutôt maligne sur le papier qui révèle rapidement ses limites dans la pratique. Après plusieurs heures de jeu et quelques courbatures, voici notre verdict sur cette expérience pour le moins décevante.

Des contrôles malins, mais épuisants

Drag x Drive repousse les limites de ce qu’on peut attendre d’un gameplay. Chaque Joy-Con représente une main qui actionne les roues du fauteuil roulant. Pour avancer, il faut faire glisser les deux manettes simultanément sur ses cuisses ou sur une surface plane de type tapis de souris. Pour tourner à gauche, on maintient le Joy-Con gauche immobile tout en poussant le droit vers l’avant.

Le tutoriel obligatoire dure environ cinq minutes, mais c’est largement suffisant pour comprendre que ce jeu va solliciter vos épaules et vos bras comme jamais. La fatigue se fait sentir rapidement, transformant chaque session de jeu en véritable séance de sport.

La prise de balle s’effectue automatiquement quand on passe dessus. Pour faire une passe, on utilise L+R. Marquer un panier nécessite de lever physiquement la main qui tient le Joy-Con et d’effectuer un mouvement de lancer. Un indicateur pratique montre que plus on se rapproche du panier, plus les chances de marquer augmentent. C’est plutôt intuitif, mais physiquement demandant.

Un Rocket League like version basket

Le cœur de Drag x Drive consiste à jouer des matchs de basket 3 contre 3 à la manière de Rocket League. Les parties durent 3 minutes chrono avec une règle des 14 secondes de possession avant de devoir tirer, sinon la balle passe à l’équipe adverse. Cette contrainte temporelle ajoute une dimension tactique bienvenue à des matchs qui pourraient sinon tourner en rond.

Pour récupérer la balle d’un adversaire, il faut littéralement foncer sur lui pour qu’il la lâche, puis aller la chercher manuellement. Les joueurs les plus avancés peuvent faire tourner la balle sur le doigt ou utiliser les rampes de skate intégrées au terrain pour effectuer des dunks.

Trois classes distinctes pour une personnalisation limitée

Drag x Drive permet de personnaliser son personnage et de choisir parmi trois classes aux statistiques différentes. Le système de classes apporte tout de même une dimension stratégique intéressante, même si le jeu ne détaille pas suffisamment les différences entre chacune.

Cette lacune dans l’explication des mécaniques reflète malheureusement l’approche générale de Nintendo sur ce titre. La personnalisation des personnages reste aussi plutôt limitée selon les standards actuels des jeux multijoueurs.

Des modes de jeu variés, mais peu développés

Si le multijoueur en ligne constitue l’expérience principale, Drag x Drive propose tout de même un mode hors ligne décent. On peut affronter des bots avec différents niveaux de difficulté, participer à des concours de tir aléatoires, utiliser un mode spectateur ou tester un mode course.

Ces modes additionnels donnent un peu de variété à l’ensemble, mais ils manquent de profondeur. Le mode course notamment semble avoir été ajouté à la va-vite sans réelle réflexion sur son intégration dans l’expérience globale.

Pourquoi tout est aussi gris et sombre ?

Test Drag x Drive
© Nintendo

Contrairement aux habitudes de Nintendo, Drag x Drive affiche une esthétique tristement générique. Là où ARMS brillait par son style coloré et ses personnages charismatiques, ce nouveau titre mise sur une palette de couleurs ternes dominée par les tons gris. Cette approche visuelle détonne complètement avec l’ADN habituel de Nintendo et donne l’impression d’un jeu inachevé.

Plus problématique encore, Nintendo n’assume pas totalement son concept. La firme évite soigneusement de parler de « fauteuils roulants » dans sa communication officielle, préférant le terme générique de « véhicules ». Cette frilosité marketing contraste avec l’audace technique du projet et interroge sur les véritables intentions concernant l’éventuelle représentation du handisport.

Plus de contenu à venir ? La grande inconnue

Test Drag x Drive
© Nintendo

Drag x Drive souffre cruellement d’un manque de contenu. Une seule arène, des défis limités, aucun système de progression digne de ce nom et des récompenses cosmétiques peu attrayantes. La plupart des jeux Free to play dispose de bien plus de contenu, alors pourquoi les joueurs seraient-ils disposés à payer un titre 19,99 euros pour un titre aussi famélique ?

L’absence de multiples terrains, de personnages avec une vraie personnalité et d’une bande sonore mémorable montre encore une fois à quel point Drag x Drive est une démonstration technologique creuse. Nintendo a raté l’opportunité de créer un nouveau classique multijoueur pour se contenter d’un showcase de certaines capacités de la Switch 2.

Alors ça, pour être paradoxal…

Comble de l’ironie, le jeu inspiré du basket en fauteuil roulant exige des contrôles physiquement très demandant. Les options d’accessibilité sont quasi inexistantes et les réglages pour adapter les contrôles restent extrêmement limités. Il m’a été difficile d’effectuer des sessions de plus de 15 minutes, tant les douleurs dans les bras et les épaules devenaient intenses.

Les développeurs du jeu ont-ils véritablement expérimenté leur œuvre au-delà de quinze minutes de jeu, ou bien Drag x Drive est-il conçu pour des parties nécessairement brèves ? Le peu d’intérêt que représente le titre est proportionnel à l’intérêt que l’on portera à la réponse à cette question.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Notre avis

Malgré un succès commercial plus que relatif notamment dû à son gameplay farfelu, ARMS avait au moins eu le mérite de proposer une DA avec des personnages hauts en couleur. En comparaison, Drag x Drive est terriblement terne et sans vie. Le jeu souffre de défauts structurels tel que le manque flagrant de contenu, la direction artistique terne et l’épuisement physique rapide limitent drastiquement l’attrait du titre. On oubliera donc bien rapidement ce jeu lancé sans ambition, au profit d’autres titres bien plus complets dispo en Free to play sur l’eShop.
Note : 4  /  10

Les plus

  • Usage innovant du mode souris des Joy-Con 2

Les moins

  • Contrôles épuisants
  • Contenu famélique
  • Direction artistique terne
  • Accessibilité nulle

Mode