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Test du PencilVac : quand Dyson tente de réinventer l’aspirateur balai dans un format minuscule

Le PencilVac est le dernier-né de Dyson. Comme son nom le laisse supposer, ses lignes s’inspirent de celles d’un crayon et l’image n’est pas usurpée.

Le cahier des charges des ingénieurs consistait à développer l’aspirateur balai le plus fin et le plus léger du marché. Pari tenu. On peut ajouter l’agilité à la liste de ses qualités dans la mesure où comme son prédécesseur Omni-glide, on peut vraiment le faire tourner dans tous les sens. Mais cela suffit-il à nous satisfaire ? Réponse avec notre test.

À première vue, le PencilVac ne ressemble à aucun aspirateur balai du marché. Et pour cause, il ne ressemble en rien à un aspirateur – un peu comme l’Omni-glide lorsqu’il est sorti. Sauf que pour dessiner les lignes du PencilVac, les ingénieurs de Dyson sont allés encore plus loin. Ils ont totalement repensé les lignes de l’aspirateur, de son collecteur, qui se fond intégralement dans le manche, la forme du filtre et celle de la poignée qui est d’ailleurs inexistante. En fait, en découvrant et en manipulant le PencilVac, on a un peu l’impression que toutes les caractéristiques de compacité, légèreté, finesse… ont été poussées à leur paroxysme. Le PencilVac hérite des codes esthétiques des appareils Dyson de nouvelle génération, puisque le corps est noir mat, comme celui de l’aspirateur balai de gabarit plus classique V16 Piston Animal, avec une brosse rouge et violette.

Dyson Pencil (5)
© JDG

Fin et léger : promesses largement tenues

Pour rendre le PencilVac plus léger et plus fin, les ingénieurs de Dyson ont repris le design sans poignée de l’Omni-glide. Ils ont affiné le collecteur, qui n’est désormais pas plus large que le manche. Cela confère à ce petit aspirateur un aspect filiforme de prime abord déroutant puisque l’ensemble mesure seulement 38 mm de diamètre, depuis le haut de l’appareil (où se clipse la batterie) jusqu’en bas, où se fixe la brosse. Notons au passage que la batterie est toujours amovible, ce qui permet de prolonger la durée de vie de l’appareil en la changeant si elle montre des signes de faiblesse. Autre possibilité : en acheter une seconde si on souhaite doubler l’autonomie. Sa recharge est d’ailleurs possible sur le socle du PencilVac, qui accueille aussi l’accessoire deux-en-un. D’un noir mat assorti à l’aspirateur, ce support de charge est compact et bien pensé. On y fixe l’appareil grâce à des « pastilles » magnétiques ; il tient alors debout en position de parking. C’est pratique et bien pensé.

Dyson Pencil (7)
© JDG

L’autre point clé du cahier des charges est également rempli puisque le PencilVac est vraiment très léger : il pèse 1,8 kg avec sa brosse, sachant que cet accessoire repose au sol. On a donc l’impression de porter bien moins que le poids total de l’appareil.

Et également super agile

S’il y a une bien une chose que nous avons aimée lors du test du PencilVac, c’est sa maniabilité, à laquelle sa taille de guêpe et son poids plume contribuent naturellement – mais pas seulement. Les quatre demi-cônes qui constituent la brosse principale et qui tournent dans des sens opposés permettent d’accompagner le mouvement aussi bien vers l’avant que vers l’arrière (et aussi d’aspirer dans les deux sens, d’ailleurs). En outre, comme l’Omni-glide en son temps, le nouveau Dyson PencilVac est l’un des rares modèles du marché dont la brosse puisse tourner pour rouler et aspirer aussi de profil – par exemple pour longer les murs sans que l’utilisateur ait besoin de changer de position ni de se contorsionner le bras. L’absence de véritable poignée, remplacée par un manche (comme c’était déjà le cas pour l’Omni-glide) permet d’exploiter pleinement cet atout. Il suffit d’une légère rotation du poignet pour que la brosse tourne dans un sens ou dans l’autre. De plus, étant donné que le manche est extrêmement fin, on passe facilement dans les espaces exigus entre deux meubles par exemple. C’est aussi très pratique dans les pièces de petites dimensions ou très meublées. L’aspirateur peut également être entièrement allongé au sol, ce que l’articulation de sa tête permet sans difficulté. Dans cette position, grâce à son collecteur ultra fin, il passe aisément sous les meubles, ce qui s’avère vraiment pratique.

Dyson Pencil (4)
© JDG

Parmi les atouts du PencilVac, on peut aussi signaler son panneau de commande qu’on appréhende facilement puisqu’il se compose seulement de deux boutons, pour démarrer/arrêter et changer de mode. Il est complété par un petit écran numérique en couleur, sur lequel on apprécie de voir l’autonomie s’afficher précisément (en minutes et secondes).

Mais un collecteur lilliputien et pas si pratique

Toutefois, il y a plusieurs revers à la médaille, à commencer par la taille et la contenance du collecteur, encore plus réduites qu’auparavant : elle n’est plus que de 0,08 litres ! Dyson a prévu un système de compression des saletés dans le collecteur, qui s’effectue automatiquement (on a déjà vu ce genre de solution de compactage chez d’autres fabricants, mais il fallait effectuer le tassage soi-même). Malgré cela, ce collecteur est vraiment très petit. Si on a juste un peu de poussière et quelques miettes à aspirer, passe encore. Mais s’il y a des cheveux longs et ne serait-ce que quelques poils d’animaux, il se remplit à la vitesse de l’éclair. De plus, les déchets solides, eux, ne sont pas compactables…

Dyson Pencil (8)
© JDG

En outre, le fabricant britannique a prévu un nouveau système de vidange qu’il qualifie de « seringue », ce qui est assez imagé. En effet, une fois la brosse retirée, un bouton permet de débloquer le collecteur et il faut ensuite pousser vers le bas. La poussière glisse le long du tube transparent et tombe directement dans la poubelle. Il faut reconnaître que cela limite les contacts avec la poussière, car on peut facilement placer l’extrémité du tube dans la poubelle et cela vole moins puisque les déchets sont compressés.

L’idée est plutôt bonne, mais à l’usage, ça n’est pas si pratique. La partie dans laquelle les déchets sont collectés n’est pas parfaitement hermétique, si bien que lors de nos tests, des poussières et de petits grains de litière sont passés dans le système coulissant, ce qui a totalement coincé le mécanisme. Nous avons dû forcer pour débloquer le collecteur, désolidariser les deux morceaux (ce qui est prévu pour pouvoir nettoyer l’aspirateur et son filtre) et éliminer les saletés gênantes avec de remonter le tout. Pas très pratique… En outre, le démontage et le nettoyage – tout comme sortir le filtre long et plat de son logement – nécessitent de prendre un petit coup de main car cela ne va pas de soi. La forme étant inédite, on ne comprend pas d’emblée comment démonter et effectuer l’entretien sans se faire aider. Heureusement, au sein de l’application MyDyson, on trouve un certain nombre de tutoriels vidéo salutaires. On peut préciser que le PencilVac s’y connecte en Bluetooth, mais la connexion ne nous a pas semblé avoir grand intérêt hormis la possibilité de bénéficier de mises à jour et de rappels d’entretien. Sinon, le niveau de batterie et le mode choisi s’affichent sur la page d’accueil. On trouve aussi un historique des séances de ménage, qui dans notre cas ont été mémorisées de manière aléatoire.

Une tête qui paraissait pourtant bien pensée

En théorie, la petite tête d’aspiration très originale est une super idée. Elle est composée de quatre demi-cônes qui tournent dans des sens opposés, permettant ainsi d’accompagner le mouvement dans tous les sens et aussi d’aspirer aussi bien quand on la pousse vers l’avant que quand on la tire vers soi. En outre ces cônes recouverts de tissu doux s’étendent vraiment jusqu’aux bords de la brosse des deux côtés, si bien qu’ils longent parfaitement les rebords de meubles et les plinthes. En prime, Dyson a prévu deux lasers verts dont le fabricant a le secret (ou plutôt avait le secret car depuis le V15 Detect, il a été copié) pour révéler la poussière fine invisible : un à l’avant et un à l’arrière. Enfin, la brosse est garantie anti-emmêlement – ce que nous avons pu confirmer lors de nos tests. Les poils d’animaux ne s’y coincent pas et les cheveux, même longs, ne s’y enroulent pas.

En revanche, nous nous sommes une nouvelle fois interrogé quant à la forme de la tête, légèrement en pointe à l’avant et à l’arrière (une remarque que nous faisions aussi lors du test du V16 Piston Animal). Quand on s’approche d’une surface droite avec une brosse légèrement triangulaire, forcément, ça n’adhère pas bien. Accordons au PencilVac que c’est un peu moins gênant que dans le cas du V16 car on peut aspirer les bordures de profil.

Quant aux lasers, ils nous avaient particulièrement convaincu lors de notre test du V15 et de ses successeurs. Ils sont toujours aussi efficaces pour rendre visibles la poussière fine, les cheveux ou les poils d’animaux sur des sols durs. Et une fois encore, les deux lasers se sont illustrés – mais ça n’est pas franchement à l’avantage du PencilVac. Car il manque de puissance d’aspiration et on ne voit que ça ; sur nos sols gris foncé c’était édifiant.

Dyson Pencil (9)
© JDG

Une puissance d’aspiration qui nous laisse sur notre faim

On s’attend à ce que le PencilVac soit un appareil d’appoint, du fait de son format, de son mini collecteur et également de sa puissance d’aspiration modérée. Dyson annonce en effet 55 Aw (quand le V16 Piston Animal affiche 315 Aw). Malgré tout, on en attend un minimum qu’il a du mal à fournir. Car dans la plupart des configurations, il peine et nous déçoit. La puissance minimale (éco) se révèle insuffisante, on voit clairement qu’il faut repasser plusieurs fois pour dépoussiérer les sols même s’ils ne sont pas spécialement sales. Avec les éclairages, c’est très visible. Grâce à la rotation des cônes, il s’en sort mieux pour ramasser des déchets un peu épais comme des grains de litière pour chat ou de morceaux de croquettes par exemple, mais il ne faut pas qu’ils soient présents en quantité. La puissance moyenne (« med ») est plus indiquée pour effectuer une séance de ménage relativement efficace, à condition que les saletés ne soient pas trop incrustées ni en quantité, sinon, il peut être nécessaire de passer la brosse plusieurs fois pour en venir à bout.

Quant à la puissance maximale, dite boost, elle est à réserver aux cas extrêmes dans la mesure où elle fait beaucoup fondre l’autonomie. D’ailleurs, dès qu’on l’enclenche, l’écran devient rouge pour attirer notre attention sur ce point. À noter enfin que si on a besoin d’enlever la brosse principale pour aspirer dans un espace étroit, la puissance manque clairement. C’est mieux avec la brossette fournie, à condition de la faire bien adhérer sur la surface qu’on souhaite nettoyer. Cet accessoire arbore un coude articulé, ce qui est bien pratique pour nettoyer les surfaces horizontales en hauteur (comme les dessus d’armoire, de réfrigérateur…).

Ainsi qu’un manque de polyvalence décevant

Comme son prédécesseur, le PencilVac n’est destiné qu’aux sols durs ; il n’est pas adapté aux tapis et moquettes. Mais le dernier-né de Dyson perd encore en polyvalence au passage, puisqu’il est dépourvu de mini turbo-brosse, un accessoire pourtant bien utile pour dépoussiérer les matelas, les tissus, les canapés, coussins, sièges de voiture… Mais c’est surtout sa forme qui le prive de véritable fonction d’aspirateur à main puisque le tube n’est pas détachable. Il constitue la partie principale de l’appareil – seule la brosse s’en détache. Si cette configuration est idéale pour accéder à des zones en hauteur, pour celles à mi-hauteur – par exemple un canapé, un buffet, un matelas… ça n’est pas pratique voire pas du tout ergonomique. Rapporté au prix du PencilVac, ce manque de polyvalence se révèle gênant.

Dyson Pencil (1)
© JDG

Une autonomie réduite et pas mal de bruit

L’autonomie, elle, est relativement réduite, ce à quoi on peut s’attendre sachant que la batterie tient dans le format d’un bâtonnet pas plus épais que le manche. Sachant qu’elle est amovible, on peut aussi envisager d’en acheter une seconde. En mode éco, on peut tenir presque 35 minutes, mais au prix d’une efficacité réduite. À puissance moyenne, on peut aspirer pendant 25 minutes tandis que l’endurance chute à 19 minutes en mode boost. Dès la première utilisation, on remarque aussi que quel que soit le mode choisi, le PencilVac est bruyant : 74 dB à puissance moyenne (et jusqu’à 84 dB en mode boost). Le son aigu qu’il produit peut se révéler fatigant, surtout si on est sensible au bruit.

Côté prix, il faudra compter 499€ pour le Dyson PencilVac.

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Notre avis

Dyson annonce avoir développé un aspirateur ultra compact et particulièrement léger, ce qui est vrai. En outre, il faut reconnaître que les prouesses techniques sont nombreuses pour y parvenir. Encore une fois, le fabricant britannique se distingue en proposant un appareil repensé de A à Z, qui n’a presque plus rien d’un aspirateur balai traditionnel. Hélas, si les idées sont bonnes de prime abord, on ne peut pas s’en contenter. Si nous avons beaucoup apprécié sa maniabilité et son agilité, nous regrettons sa puissance d’aspiration trop faible à notre goût, son collecteur trop petit, certains points d’ergonomie qui méritent d’être améliorés et son manque de polyvalence. Des défauts sur lesquels on a du mal à passer l’éponge quand on sait le prix auquel est vendu cet appareil d’appoint.
Note : 6  /  10

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