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Test du RedMagic 11 Pro : le refroidissement liquide sur smartphone, une révolution ?

Nous avons testé le premier smartphone à refroidissement liquide actif. Révolution du gaming mobile ou gadget, voici notre avis.

Réglé comme l’horloge d’un processeur, RedMagic lance un nouveau smartphone près d’un an après son prédécesseur (si on ne tient pas compte du 10S Pro entre temps). Toujours orienté gaming avant tout, le RedMagic 11 Pro est surtout l’un des premiers smartphones à embarquer la nouvelle puce de Qualcomm, le Snapdragon 8 Elite Gen 5.

Son SoC (system-on-chip) n’est toutefois pas le seul argument avancé par RedMagic. Comme les autres modèles de la marque, le 11 Pro propose également des gâchettes sensitives sur sa tranche et un ventilateur actif pour évacuer la chaleur, mais aussi, et c’est là une nouveauté, un véritable refroidissement liquide miniaturisé. De quoi pousser le morceau de silicium de Qualcomm dans ses derniers retranchements et peut-être faire du RedMagic 11 Pro le téléphone le plus puissant du moment.

Les caractéristiques du RedMagic 11 Pro

Voici les caractéristiques du RedMagic 11 Pro :

RedMagic 11 Pro
Écran-Taille : 6.85 pouces
-Taux de rafraîchissement : Jusqu’à 144 Hz
-Taux d’échantillonnage tactile : Maximum 3000 Hz
- Définition : 2688 x 1216 pixels
- Rapport d’aspect : 20:9
- Type : AMOLED
- Luminosité max : 1800 Nits
- Matériau : Corning® Gorilla® Glass
- Gamme de couleurs : 100 % DCI-P3
- Précision des couleurs △E<1
SoC et GPU- Snapdragon 8 Elite Gen 5
- Cœurs CPU : Oryon
- Fréquence du cœur CPU jusqu'à 4,6 GHz
- GPU : Adreno™
- Red Core R3 Pro
Mémoire- RAM : 12Go / 16Go / 24Go LPDDR5T
- ROM : 256Go / 512Go / 1To UFS4.1 Pro

- Pas de microSD
Coloris- Cryo, Nightfreeze ou Subzero
- Matériau : Cadre central en métal + dos en verre
Appareil Photo- Caméra arrière :
Définition : 50MP+50MP+2MP
Capteur : OV50E40, 1/1.55", 7P F1.88
OV50D40, 1/2.88", 6P F2.0
OIS Stabilisation optique de l'image

- Caméra frontale :
Capteur : OV16A
Mégapixels : 16 MP
Taille du pixel : 1.12 μm
Ouverture : 2.0
Audio- Haut-parleurs stéréo
- DTS:X Ultra
Batterie- Batterie : 7500 mAh
- Charge rapide : prend en charge jusqu'à 80 W (filaire et sans fil)
Connectivités- Capteur d'empreintes digitales, G-sensor, Boussole électronique, Gyroscope, Capteur de proximité, Capteur de lumière ambiante, Capteur de lumière sous l'écran, Capteur infrarouge

- 5G
- Double nano-SIM
- Wi-Fi 7
- Bluetooth 5.4
- GPS : L1+L5
- NFC
LogicielAndroid 16 + REDMAGIC OS 11
Taille et Poids- Hauteur : 163,82 mm
- Largeur : 76,54 mm
- Profondeur : 8,9 mm
- Poids: 230 g
Prix de lancement699 € (12 + 256 Go)
799 € (16 + 512 Go)
999 € (24 Go + 1 To)
Date de Disponibilité19 novembre 2025

La boîte change son design, pas son contenu. Terminé le blanc des modèles précédents, c’est désormais une teinte grise qui habille le carton. On y lit le nom de la marque, ainsi qu’un slogan en rouge brillant : « win more games » (« gagne plus de parties »). La promesse est posée.

Le packaging est épais et pour cause : vous trouverez bien sûr le téléphone à l’intérieur, ses habituels livrets de mise en service et un câble USB, mais aussi un chargeur de 80 W. Il semblerait qu’il s’agisse du nouveau standard chez RedMagic qui fournissait déjà le même bloc avec le 10S Pro, en baisse par rapport aux 100 W du 10 Pro. Cela reste tout de même une excellente nouvelle.

Ce smartphone est proposé en trois coloris : Cryo (noir opaque), NightFreeze (noir avec transparence du refroidissement liquide) et Subzero (blanc et transparent). Les tarifs s’étalent de 699 euros pour la version 12+256 Go jusqu’à 999 euros pour la version 24+1 To.

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Design, écran et audio

On reconnaît immédiatement le style RedMagic au premier regard posé sur ce 11 Pro : c’est une petite brique aux angles peu arrondis. Il rappelle forcément les anciens Xperia de Sony ou les modèles « Ultra » de Samsung. Lourd (239 g) et massif, il s’éloigne des canons modernes habituels, ce qui en fait un smartphone remarquable. J’ai eu davantage de questions et de regards intrigués en le sortant en soirée qu’avec l’iPhone Air.

Redmagic 11 Pro Dos
© Manuel Castejon / Journal du Geek

Il est vrai que son dos attire l’œil. Entièrement plate, la vitre arrière passe sur les objectifs, ces derniers ne ressortant pas. Si c’est un problème pour la qualité des clichés (j’y reviendrai), cela donne un air très premium à cet appareil dont rien ne dépasse. Juste en dessous, un cercle bleu aux airs de Nothing Glyph laisse apparaître de petites gouttes blanches tournoyant dans le dessin. RedMagic a non seulement réussi à intégrer un water cooling, mais en plus à le rendre sexy vu de l’extérieur. Gaming oblige, on retrouve également des LED colorées personnalisables. Précisons tout de même qu’il existe une version “Cryo” plus sobre, sans tous ces oripeaux.

Alors que la tranche gauche est épurée avec un orifice pour le ventilateur et la mention « Game Mode », la tranche droite est beaucoup plus chargée. On y trouve une ouverture symétrique pour l’aération, deux touches capacitives pouvant servir de gâchettes en jeu, les boutons de volume, celui d’alimentation, ainsi qu’un commutateur rouge à l’action configurable. Loin d’être un ayatollah de la théorie des couleurs, je trouve à titre personnel que cet incarnat ne se marie pas forcément à merveille avec le bleu roi du water cooling (un turquoise aurait été plus approprié), mais c’est là un détail.

Malgré les nombreuses ouvertures dans lesquelles peuvent s’engouffrer l’eau et la poussière, le RedMagic 11 Pro est enfin certifié IPX8 ! Sur le papier, il est donc plus résistant que ses prédécesseurs.

En façade, RedMagic impressionne toujours. Les bordures sont fines et uniformes, mais c’est surtout l’absence de caméra frontale qui marque. Cachée sous l’écran, elle se fait oublier jusqu’à ce que l’on ait besoin d’elle (voir la partie Photo et vidéo).

Redmagic 11 Pro Camera Frontale
© MC / JDG

L’écran justement, parlons-en ! Il s’agit d’une dalle Oled de 2688 x 1216 pixels avec un taux de rafraichissement de 144 Hz. Comme l’année dernière, RedMagic fait l’impasse sur la technologie LTPO qui permet de faire varier plus finement ce chiffre. Il faudra donc se contenter de valeurs précises : 60, 90, 120 ou 144 Hz. Par défaut, l’Always-On Display, qui affiche des informations à l’écran même en veille, est donc désactivé.

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une belle dalle qui n’a pas grand-chose à envier à l’ultra premium. Elle n’a pas le traitement anti-reflet du Galaxy S25 Ultra ni la luminosité de l’iPhone 17 Pro, mais ses 1800 nits au maximum suffisent pour consulter du contenu même avec une source lumineuse dans le dos. Attention tout de même aux scènes trop sombres, qui peuvent comme d’habitude s’avérer difficilement lisibles, mais dans l’ensemble l’écran est meilleur que sur certains smartphones plus chers.

Redmagic 11 Pro Ecran
© MC / JDG

Terminons ce tour du propriétaire par la tranche supérieure sur laquelle se trouve un port jack 3,5 mm pour y brancher un casque ou des écouteurs filaires, un indispensable pour jouer sans latence auditive. C’est devenu tellement rare que c’est important à soulever.

La partie audio est pour sa part alignée sur ses prédécesseurs. On retrouve une compatibilité DTS: X Ultra et deux haut-parleurs stéréo. Pour du podcast ou du contenu court, la qualité est très bonne, avec toutefois un écrasement des basses et des aigus en raison du petit format. Un défaut que l’on retrouve de façon plus ou moins marquée sur tous les smartphones.

Android 16 et fonctions IA

Nativement, le RedMagic 11 Pro tourne sous Android 16 agrémenté de l’interface RedMagic OS 11. Celle-ci n’adopte pas encore Material 3 Expressive, le nouveau langage visuel de Google, réduisant ainsi une partie de l’intérêt de la dernière mouture du système. Dans l’idée, l’esthétique reste très proche d’Android et RedMagic a fait un gros travail ces dernières années pour améliorer les traductions, bien que tout ne soit pas encore parfait. L’« Assistant Google de réveil » que je pointais dans mon test du 10S Pro par exemple a été transformé en « Google Gemini de réveil », une modification encore peu parlante. On trouve par ailleurs quelques textes en anglais, bien qu’ils se fassent de plus en plus rares, ou des césures étonnantes comme ce « e » final de la tuile « Quick Share » qui occupe sa propre ligne, quelle que soit la police ou la taille du texte choisie.

Autre amélioration notable : au premier allumage, il est possible de refuser l’installation des trop nombreuses applications préembarquées, les réduisant à quelques-unes uniquement : Facebook, TikTok, Booking et WPS Office pour celles qui pourraient vous intéresser, Block Blast, MoboReader et MoboReels pour celles qui sont vraiment en trop. Il y a donc toujours une marge d’amélioration à ce niveau.

Côté fonctionnalités et personnalisation, RedMagic propose une large palette d’outils et d’idées intéressantes. On apprécie particulièrement les paramètres qui descendent à portée de doigt lorsqu’on tire dessus et la touche magique (le fameux commutateur rouge) qui permet d’activer rapidement la lampe torche, l’appareil photo, le traducteur ou l’enregistreur vocal. Vous pourrez également trouver un menu flottant sur le côté de l’écran si vous aimez ce genre de fonction.

Concernant les mises à jour en revanche, c’est toujours limité ; comptez deux mises à jour majeures d’Android et cinq ans de mises à jour de sécurité. Sans demander un suivi complet sur sept ans comme le proposent Google et Samsung, de 3 à 5 versions d’Android devraient être un minimum en 2025.

Redmagic 11 Pro Gachette
© MC / JDG

Concernant l’IA générative, RedMagic se repose sur Google Gemini, à invoquer par un geste (avec Circle to Search) ou un appui long sur le bouton d’alimentation. Il est aussi possible de sous-titrer ou de traduire un appel en direct ou de générer un fond d’écran à partir d’un prompt.

Performances, jeux et autonomie

Concentrons-nous à présent sur ce qui compte vraiment pour un smartphone gaming : les performances ! Sur le papier, RedMagic a fait tout ce qui était en son possible pour que le 11 Pro possède les meilleures performances. Il embarque la puce la plus puissante du moment, le Snapdragon 8 Elite Gen 5, surpassant même les scores de l’A19 Pro d’Apple, mais aussi de 12 à 24 (!!) Go de RAM LPDDR5T (9,6 Gbps de bande passante) et du stockage UFS 4.1. De quoi promettre des performances de pointe au sommet, tandis que son système de refroidissement, alliant une chambre à vapeur de 13 116 mm², un ventilateur tournant à 24 000 tours par minute et du refroidissement liquide, est là pour éviter la limitation des performances sur le long terme. À l’heure actuelle, aucun téléphone n’est mieux équipé, ni même aussi bien.

Redmagic 11 Pro Refroidissement Liquide
© MC / JDG

Dans les faits, c’est évidemment très impressionnant. Même les jeux les plus gourmands tournent à fond avec une fluidité et une stabilité à toute épreuve, il est impossible de mettre à genoux ce téléphone ou juste d’effleurer ses limites. Qui plus est, l’évacuation de chaleur ayant été améliorée, son ventilateur est bien plus silencieux que sur le 10S Pro lors de longues sessions, vos oreilles apprécieront. Le chuintement reste en revanche à pleine vitesse, lors des benchmarks notamment, et donc potentiellement sur de futurs jeux encore plus gourmands.

Pour autant, en ce qui concerne l’expérience de jeu en elle-même, il faut bien avouer que les différences avec les modèles précédents ne sont pas flagrantes. Ces derniers déploient déjà assez de puissance pour lancer n’importe quel titre 3D avec une main attachée dans le dos. On a atteint un plafond de verre, la limitation n’est désormais plus matérielle, mais marquée par l’absence de nouveautés au catalogue Android.

Redmagic 11 Pro Genshin Impact
© MC / JDG

RedMagic ne s’arrête pas là néanmoins et ajoute ses propres plug-ins. On peut par exemple installer un effet loupe au niveau du viseur d’un FPS pour mieux trouver les têtes, un chronomètre qui enregistre les cooldowns des ennemis ou encore une reproduction plus détaillée des bruits ambiants pour identifier plus facilement les bruits de pas d’un adversaire par exemple. C’est malin (à la frontière de la triche même) et répond à un véritable besoin sur mobile.

La connectivité est également de la partie. Avec de la 5G, du Wi-Fi 7, de l’USB 3.2 Gen 2 et du Bluetooth 5.4, vous ne devriez pas avoir de souci de connexion, ni au réseau, ni à un autre appareil.

Redmagic 11 Pro Batterie
© MC / JDG

Côté autonomie, RedMagic a intégré dans son nouveau smartphone une gargantuesque batterie silicium-carbone de 7500 mAh. Autant dire que même en jouant, vous n’aurez aucun mal à achever votre journée et que vous frôlerez les deux jours avec un usage mixte plus frugal. Ajoutez à cela une charge rapide à 80 W aussi bien en filaire qu’en sans-fil et l’autonomie ne devrait pas représenter un problème au quotidien.

Photo et vidéo

Si la plupart des téléphones ont des objectifs qui ressortent de la coque, c’est pour de bonnes raisons. Tout d’abord, la place accordée à ces optiques, mais aussi la qualité de la lentille. En transférant les objectifs sous la vitre (voire sous l’écran) à l’avant comme à l’arrière, RedMagic se complique la tâche : la lumière doit parcourir un chemin plus long et plus complexe, réduisant ainsi sa précision lorsqu’elle arrive jusqu’au capteur.

Sachant que les capteurs arrière n’ont pas changé (l’OmniVision OV50E pour le grand-angle et l’OV50D pour l’ultra grand-angle), il ne faut pas s’attendre à une hausse flagrante de qualité. Mon verdict sur l’appareil photo du 10S Pro est donc toujours valable : « le capteur principal peut faire illusion en plein jour, mais souffre de quelques désagréments que les adeptes de la photo remarqueront au premier coup d’œil ».

Si je dois bien lui accorder un gain de netteté gagné grâce à un fort traitement numérique, les cibles mouvantes et les fortes sources lumineuses de nuit restent encore un problème de taille pour cet appareil photo. C’est un smartphone gaming, il n’est pas orienté photo. Considérez-le comme un appareil d’appoint pour dépanner, pas comme celui qui vous fera gagner un concours.

À l’avant, le capteur de 16 Mpx est bien à la peine pour capturer tous les détails d’un visage. Attendez-vous à une peau lisse de jour comme de nuit, ainsi qu’à des traits très marqués par un traitement logiciel trop brutal.

En vidéo, il est possible de filmer jusqu’en 4K à 60 images par seconde. L’autofocus s’ajuste bien, mais on ressent comme en photo les limites lorsque la dynamique est difficile à gérer avec des ombres très sombres et de hautes lumières trop vives.

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Photos du RedMagic 11 Pro

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Notre avis

Si vous aimez jouer sur mobile, le RedMagic 11 Pro est certainement le téléphone qu'il vous faut. C'est le plus puissant smartphone à être passé entre nos mains, avec une marge largement suffisante pour tenir de nombreuses années avant de voir apparaître le premier ralentissement. Encore faut-il trouver un usage à cette débauche de puissance et ce n'est pas sur Android que vous le trouverez pour le moment.

Mais c'est un smartphone avant tout, et plutôt bon il faut bien l'admettre. Son volet photo est encore à la peine par rapport aux géants du marché, mais c'est là le tribut à payer pour un appareil sans protubérance. En revanche, RedMagic va devoir s'améliorer sur son support logiciel : deux versions d'Android, c'est bien trop peu en comparaison des 5 à 7 ans de mises à jour proposés par certains concurrents.

Toujours est-il que pour un téléphone dédié au jeu, il s'en sort correctement dans tous les domaines et à un prix relativement contenu. Le tout avec un design hors du commun, c'est appréciable de voir un peu d'originalité à une époque où l'uniformité règne.
Note : 8  /  10

Les plus

  • Le téléphone le plus puissant à ce jour
  • Enfin IPX8
  • Un bel écran sans zone morte
  • Grosse autonomie

Les moins

  • De la puissance, mais pour quel usage ?
  • Les photos trop numériques
  • Support logiciel trop court

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