Ce qui change vraiment par rapport au Crispi original
La différence la plus immédiatement visible, c’est le format. Le Crispi Pro est un appareil de plan de travail permanent, qui ne se range pas dans un placard entre les utilisations, contrairement au Crispi original dont le PowerPod se détache et se glisse n’importe où. C’est un changement de philosophie plus qu’une simple montée en gamme car on passe d’un objet nomade et compact à une installation fixe, pensée pour les familles et les grandes tablées. Les deux cuves fournies passent à 2,3 litres et 5,7 litres, soit une capacité suffisante pour cuisiner un poulet entier de 1,7 kg selon Ninja.

L’élément chauffant est désormais intégré dans la partie haute fixe, ce qui résout un problème de sécurité du modèle original puisque la résistance n’est plus exposée sur le plan de travail entre deux utilisations. La puissance monte de 1 700 W à 1 800 W. Et surtout, la température devient précisément réglable, de 80 à 230°C par incréments de 5 degrés, là où le Crispi original se contentait de quatre modes prédéfinis sans contrôle manuel. Le nombre de programmes passe de quatre à sept, avec l’ajout du
Max Crisp, Cuire au four(Bake), Levée (Prove), Déshydrater, en plus des Air Fry, Rôtir (Roast), et Re-crisp (réchauffer) existants.
Une prise en main très simple
La logique de fonctionnement du Crispi Pro est simple une fois comprise, mais elle demande un temps d’adaptation si on vient d’un air fryer à panier classique. Le principe, c’est qu’on choisit la cuve adaptée à la quantité à cuire, on insère la plaque crisper au fond, on dépose les aliments, puis on glisse le bol dans la base modulaire, qui s’adapte à la taille utilisée. L’élément chauffant fixe en haut prend le relais, on sélectionne le mode et la température via la molette et les boutons en façade, et c’est parti. Pas de panier à extraire, pas de tiroir, on retourne le bol entier sur la table pour servir directement. C’est ce geste en bout de course qui fait la différence au quotidien.
Quelques habitudes à prendre pour en tirer le meilleur. D’abord, bien clipser le bol dans la base avant de lancer une cuisson car si le contact n’est pas établi, l’écran affiche un message d’erreur et la chauffe ne démarre pas. Ensuite, adapter la cuve à la quantité, dans le 2,3 litres, les aliments se retrouvent proches de la résistance, ce qui accélère la cuisson mais peut surcuire les pièces fines si on ne surveille pas. Le grand bol de 5,7 litres est mieux adapté aux cuissons mixtes, type poulet avec accompagnement, où les aliments ont de l’espace pour circuler.
Pour les gratins ou les plats à réchauffer, on retire simplement la plaque crisper et on dépose le contenu directement dans le bol en verre. Le mode Recrisp chauffe par le dessus et recroustille la surface sans avoir besoin de transférer quoi que ce soit. Le bol fait office de plat de service.
Le bol passe au lave-vaisselle, ce qui est le détail pratique le plus appréciable au quotidien. La plaque crisper aussi, mais son revêtement céramique mérite un traitement doux : pas de tampon abrasif, cycle économique de préférence. C’est le composant le plus fragile de l’ensemble sur la durée.
En cuisine : convainquant sur l’essentiel
Sur une semaine de test au quotidien, le Crispi Pro s’est imposé comme appareil principal en remplacement de mon air fryer double zone, ce qui en dit long sur la confiance qu’il inspire rapidement. La volaille en mode Roast donne des résultats nets : peau croustillante, chair juteuse, et la cuisson se fait sans avoir à retourner le morceau à mi-parcours grâce à la circulation d’air qui passe à la fois au-dessus et en dessous de la plaque crisper. Poulet avec frites en moins de 30 minutes au total, en cuisant les deux simultanément dans le grand bol. C’est exactement la promesse d’un air fryer familial tenue.
Le mode Air Fry fonctionne aussi très bien sur des plats moins attendus. Un croque-monsieur passe au Crispi Pro sans problème : le pain dore uniformément, le fromage fond sans brûler, et la transparence du bol permet de surveiller la cuisson au bon moment sans ouvrir l’appareil et perdre de la chaleur. C’est un usage simple mais révélateur, l’appareil gère aussi bien les cuissons rapides et légères que les pièces de viande plus longues.
Sur les surgelés, le comportement est efficace sur les pièces de taille raisonnable, avec une légère tendance à surcuire les éléments proches de la résistance dans le petit bol. La proximité de l’élément chauffant dans le 2,3 litres réduit le temps de préchauffage nécessaire, ce qui est un avantage sur la rapidité, mais ça demande un peu d’ajustement sur les temps indiqués par les recettes standard.
Sur les gratins et les plats à réchauffer, le Crispi Pro révèle ce qu’il y a de plus intéressant dans la conception à cuves en verre : on dépose le plat directement dans le bol sans plaque crisper, et le mode Recrisp se charge de redonner une croûte par le dessus via la résistance haute. Réchauffer un gratin et lui redonner une croûte en moins de dix minutes, c’est précisément l’usage pour lequel ce format n’a pas d’équivalent direct dans la catégorie.
La fonction Dehydrate existe et fonctionne, mais il faut être patient car c’est un mode lent par définition, qui demande plusieurs heures selon les aliments. Rien d’anormal, c’est la nature du déshydratage, mais à ne pas confondre avec les autres modes rapides du Crispi Pro.
La promesse santé : fondée, mais à nuancer
Ninja met en avant l’absence de PFAS et de PTFE sur toutes les surfaces en contact avec les aliments. C’est factuellement vrai pour les cuves en verre borosilicate car cuisiner dans du verre réduit effectivement la quantité de revêtement synthétique autour des aliments par rapport à un panier aluminium classique. La plaque crisper, elle, est recouverte d’un revêtement céramique sol-gel. Ce type de revêtement est bien sans PFAS, mais le terme non-toxique utilisé par Ninja est une simplification marketing car aucune définition légale de ce terme n’existe dans l’industrie des ustensiles de cuisine, et la durabilité de ces revêtements céramiques est généralement inférieure à celle du PTFE, avec une dégradation possible après 12 à 18 mois d’utilisation intensive. L’argument verre est donc solide, mais l’argument non-toxique mérite d’être pris avec un peu de recul.
Crispi vs Crispi Pro : l’arbitrage à faire avant l’achat
Les deux appareils partagent la même idée centrale, des cuves en verre qui servent à la fois de récipient de cuisson, de plat de service et de boîte de conservation, mais s’adressent à des profils différents. Le Crispi original à 119,99 euros est compact, portable, rangeable, et parfaitement adapté aux petits foyers ou aux cuisines exiguës. Son seul vrai défaut, l’absence de contrôle de température, ne gêne pas tout le monde au quotidien.
Le Crispi Pro à 249 euros est un appareil de plan de travail fixe, pensé pour les familles, avec une capacité suffisante pour des repas de quatre à six personnes, un contrôle précis de la température et sept modes de cuisson. L’écart de 115 euros se justifie si on cuisine régulièrement pour plusieurs personnes et si le contrôle de température est important dans son usage. Il ne se justifie pas si on cherche la portabilité ou si on vit seul.
Un point soulevé par plusieurs testeurs étrangers mérite d’être relativisé : la plaque crisper se décrocherait facilement en basculant le bol. Sur notre unité de test, c’est l’inverse qui s’est observé. La plaque tient bien, et c’est même l’insertion du bol qui demande un peu de fermeté. Un ajustement à prendre en compte à la prise en main, mais pas un défaut. Sur le bruit, le Crispi Pro est dans la norme de la catégorie : audible, comme tout air fryer, sans être particulièrement rebutant pour un usage domestique standard.
Le Ninja Crispi Pro est disponible en plusieurs coloris, au prix de 249 euros, avec cuves 2,3 L et 5,7 L, deux plaques crisper et deux couvercles de conservation. A noter qu’un bol intermédiaire existe et il est commercialisé en option sur le site de Ninja.
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