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Test Sonos Beam Ultra : la barre de son qui dégaine enfin le Dolby Atmos pour de bon

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Après des années de virtualisation, Sonos passe à la vraie 3D sur sa barre de son compacte. Avec 9 haut-parleurs, une architecture 7.1.2 et un prix de 699 euros, la Beam Ultra a de quoi faire frémir votre salon. On l’a installée chez nous pour voir si elle tient ses promesses.

Il aura fallu patienter près de cinq ans pour que Sonos dépoussière sa barre de son intermédiaire. La Beam Ultra se glisse dans le catalogue juste au-dessus de la Beam (Gen 2), sortie en 2021 et toujours vendue à son prix de lancement de 499 euros. L’objectif est clair : monter en gamme et faire oublier les turbulences logicielles qui ont secoué le constructeur californien depuis 2024, avec la sortie d’une application remaniée.

Calée entre la petite Ray et la très haut de gamme Arc Ultra, la Beam Ultra opère une vraie mutation technique. Sa devancière devait se contenter d’un Dolby Atmos virtuel, produit par traitement numérique. Le nouveau modèle embarque cette fois des haut-parleurs physiques orientés vers le haut (architecture 7.1.2 avec 9 haut-parleurs), pour un son tridimensionnel natif. Reste une question : avec 200 euros de plus que le modèle précédent, tient-elle parole une fois posée dans un vrai salon ?

Une silhouette affûtée, sans prendre de place

Au déballage, on reconnaît tout de suite la patte Sonos. La Beam Ultra reprend le profil oblong et l’esthétique sobre qui font le succès de la marque depuis des années, tout en affinant discrètement sa silhouette. Elle se décline en deux finitions mates, noire ou blanche. L’assemblage est irréprochable et les matériaux sont de belle qualité. La grille perforée habille presque tout le châssis et planque les composants internes, de quoi laisser la barre se fondre dans n’importe quel intérieur.

Côté mensurations, on parle de 750 mm de large, 63 mm de haut et 105 mm de profondeur, pour 2,88 kg sur la balance. Face aux 651 mm de la Beam (Gen 2), elle gagne une dizaine de centimètres en largeur. Elle accompagne ainsi visuellement les téléviseurs jusqu’à 65 pouces.

Sonos a aussi eu la bonne idée de raboter la hauteur : 63 mm contre 68 mm auparavant. Ces cinq millimètres peuvent sembler dérisoires, mais posée sur le meuble TV devant l’écran, la barre ne grignote pas le bas de la dalle et n’obstrue pas le récepteur infrarouge du téléviseur. Les adeptes de la fixation murale ne sont pas oubliés : des pas de vis à l’arrière permettent d’accueillir le support officiel, vendu en option.

Les commandes physiques ont, elles, changé de place. Les nouvelles grilles acoustiques du dessus, réservées aux canaux verticaux, ont poussé l’interface tactile à ne plus être centrée : elle migre sur les bords. On y retrouve les boutons capacitifs habituels pour lancer la lecture, mettre en pause, régler le volume ou changer de piste. À l’arrière, une niche accueille la connectique et un interrupteur mécanique qui coupe totalement l’alimentation des micros. Les inquiets de la vie privée apprécieront.

Connectique minimaliste, mais écosystème Sonos 27 bien garni

Sonos reste fidèle à sa religion du minimalisme poussé à l’extrême, ce qu’on pourra regretter selon son installation. Au dos, on trouve un unique port HDMI eARC/ARC et une prise secteur. Une seconde entrée HDMI aurait été la bienvenue pour brancher directement une console ou un lecteur Blu-ray, sans monopoliser inutilement l’unique prise eARC du téléviseur.

La grande nouveauté matérielle, c’est l’arrivée d’un port USB-C multifonction. Comme sur les dernières enceintes nomades de la marque, il permet de brancher des adaptateurs propriétaires vendus séparément. L’un sert à raccorder une source audio analogique, une platine vinyle par exemple. L’autre ajoute un câble Ethernet si votre Wi-Fi manque de stabilité. Au passage, l’adaptateur audio optique vers HDMI, autrefois fourni avec la Beam (Gen 2), a disparu de la boîte.

Côté sans-fil, la Beam Ultra coche toutes les cases modernes avec le Wi-Fi 6 et le Bluetooth 5.3. Elle est pleinement compatible avec Apple AirPlay 2 et Spotify Connect. Seul bémol réseau : toujours pas de Google Cast, que la marque continue de bouder.

Sur le plan logiciel, la barre inaugure la plateforme Sonos 27. Après un printemps 2024 chaotique, marqué par les soubresauts d’une application entièrement revue, le système d’exploitation maison a atteint sa maturité. L’application mobile est fluide, réactive et ergonomique. Elle réunit tous les services de streaming, la gestion du multiroom et les réglages avancés du home cinéma : audio surround, audio vertical, synchronisation des dialogues TV, etc.

Parmi les nouveautés de Sonos 27, la technologie Sonos Fabric mérite le détour. Elle simplifie énormément l’association d’enceintes surround arrière. Grâce à un système de reconnaissance acoustique, on peut appairer sans le moindre câble une paire d’enceintes portables, comme les Move 2 ou les Play, en satellites arrière pour une soirée ciné. Dès que le film est fini, elles redeviennent autonomes et vous pouvez les trimballer ailleurs dans la maison.

L’écosystème intègre aussi le protocole MCP, qui permet de relier la barre à des agents d’IA comme ChatGPT et de piloter son installation en langage naturel. La barre propose enfin le transfert audio vers le casque sans fil Sonos Ace Ultra. D’une simple pression, le son de la télé bascule dans le casque en gardant le rendu spatialisé Dolby Atmos, idéal pour les séances ciné nocturnes sans réveiller tout l’immeuble.

Pour adapter le son à la pièce, le calibrage acoustique Trueplay est évidemment de la partie. Disponible sur iOS, il fonctionne désormais aussi pour les utilisateurs Android grâce aux micros intégrés à la barre. Le système analyse la réverbération de la pièce en émettant une série de balayages fréquentiels, puis ajuste précisément la réponse en fréquence de l’appareil.

Sous le capot : 9 haut-parleurs et zéro radiateur passif

C’est en ouvrant la bête qu’on mesure le saut technologique par rapport à la génération précédente. Pour passer d’un rendu 5.0 virtuel à un vrai canal 7.1.2 natif, Sonos a entièrement repensé l’acoustique interne. La Beam (Gen 2) misait sur cinq haut-parleurs et deux radiateurs passifs. La Beam Ultra balance les radiateurs passifs par-dessus bord et loge neuf haut-parleurs actifs, chacun nourri par son propre amplificateur numérique de classe D.

Les hautes et moyennes fréquences reposent sur cinq tweeters dédiés. Au centre, celui du canal vocal profite d’un nouveau guide d’ondes mécanique et d’un processeur de signal numérique (DSP) inédit. Il est flanqué de deux tweeters latéraux, chargés d’envoyer le son vers les côtés de la pièce pour élargir la scène stéréo et diffuser les effets surround. La vraie nouveauté, ce sont les deux tweeters orientés vers le haut, installés dans des pavillons directionnels. Ils projettent les ondes vers le plafond pour les faire rebondir et restituer les effets de hauteur des bandes-son Dolby Atmos.

Pour les graves et le canal LFE (Low Frequency Effects), la barre embarque quatre woofers à profil bas. Avec cette débauche de transducteurs actifs, la Beam Ultra offre une assise solide dans le bas du spectre sans dépendre de radiateurs passifs. Résultat : une meilleure tenue mécanique et moins de distorsion quand on monte le volume.

Il y a toutefois un regret à la lecture de cette fiche technique de haut vol : l’absence de la technologie Sound Motion. Développée à l’origine par la start-up néerlandaise Mayht, rachetée par Sonos, elle a été inaugurée sur la grande sœur Arc Ultra. Elle repose sur un transducteur à double membrane, actionné par quatre moteurs électromagnétiques placés aux coins de l’unité. Ce système multiplie par trois la pression acoustique dans les basses fréquences, tout en réduisant considérablement le volume du haut-parleur.

Sur la Beam Ultra, Sonos a choisi de s’en passer, très probablement pour des raisons de coût et d’encombrement dans un châssis aussi compact. Les quatre woofers traditionnels améliorent nettement les graves par rapport à la génération précédente. Mais le Sound Motion aurait apporté encore plus de profondeur et d’impact dans l’infra-grave.

À l’épreuve du salon : le home cinéma fait (presque) des étincelles

Barre branchée en eARC et calibrage Trueplay effectué, nous avons passé la Beam Ultra à la moulinette de nos tests audio et vidéo, dans une pièce d’un peu moins de 30 m². Sonos annonce une sonorisation efficace jusqu’à 33 m². Autant le dire tout de suite : dans notre salle de test, la barre s’en sort remarquablement et remplit l’espace avec une aisance déconcertante.

Sur les films en Dolby Atmos (la barre gère aussi les déclinaisons Dolby TrueHD, Dolby Digital Plus et PCM multicanal), l’apport des canaux d’élévation physiques saute aux oreilles. La virtualisation approximative, c’est terminé : la scène sonore gagne une vraie tridimensionnalité. La spatialisation latérale est tout simplement excellente. Les effets dépassent très largement les 75 cm de la barre et projettent avec précision les objets en mouvement sur les côtés. Dans les scènes d’action denses, les véhicules et les tirs traversent la pièce avec une parfaite fluidité.

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Comme souvent avec les barres de son qui jouent la carte de la réflexion acoustique plutôt que des enceintes encastrées au plafond, la verticalité reste le point faible. Le rendu dépend fortement de la hauteur et de la matière de votre plafond. Les effets de hauteur sont bien perçus, mais la Beam Ultra ne fait pas de miracle. On peut atténuer cette limite en l’associant à des enceintes surround arrière placées un peu en hauteur, comme nous l’avons fait avec deux Play.

Le canal central bénéficie d’un soin tout particulier. Les dialogues sont d’une clarté et d’une intelligibilité irréprochables, même au milieu d’un déluge d’effets spéciaux ou d’une bande originale envahissante. Sonos propose aussi un mode d’amélioration des voix piloté par l’IA, réglable sur quatre niveaux depuis l’application. La voix centrale d’origine est déjà bien équilibrée, mais cette fonction devient redoutable sur les films aux prises de son médiocres ou aux mixages mal dosés. Les fréquences vocales sont mises en avant très naturellement, sans dénaturer le timbre des acteurs, bien plus convaincante que ce que propose Bose sur sa Lifestyle Ultra. Pour les séances nocturnes, le mode Son Nocturne remplit parfaitement son rôle : il compresse la dynamique globale pour éviter les écarts de volume brutaux quand ça explose.

Du côté des graves, le bond en avant par rapport à la Beam (Gen 2) est flagrant. Les quatre woofers délivrent des basses percutantes, propres et rapides. On n’atteint pas la frappe d’un vrai caisson comme le Sub Mini ou le Sub 4, mais l’assise est très satisfaisante : elle donne du corps aux explosions et de la rondeur aux musiques de films. Pour la majorité des salons de taille moyenne, la barre se suffit largement à elle-même.

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En musique, via AirPlay 2 ou les services de streaming intégrés, le bilan est globalement positif, même si la vocation home cinéma reste dominante. L’image stéréo est large et la compatibilité Dolby Atmos Music offre une belle immersion sur les titres spatialisés. Le profil sonore privilégie cependant nettement les médiums. C’est un atout pour les voix, mais les fans d’electro ou de hip-hop pourraient regretter un léger manque de profondeur dans l’infra-grave et de peps dans les aigus extrêmes.

Côté formats, la Beam Ultra décode sans broncher le Dolby Atmos, le Dolby TrueHD, le Dolby Digital Plus, ainsi que le DTS Digital Surround et le DTS-HD. Les amateurs de Blu-ray grinceront en revanche des dents : pas de DTS:X, une impasse regrettable sur un appareil vendu à ce prix.

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