Après avoir déjà séduit des milliers d’utilisateurs sur WhatsApp et par téléphone, l’IA de fact-checking Vera débarque sur les réseaux sociaux. Son ambition ? Permettre à n’importe qui de vérifier instantanément une information douteuse, là où elle circule et se propage le plus vite.
Un outil d’utilité publique
La propagation des fake news sur les réseaux sociaux n’est pas nouvelle, mais elle continue de s’intensifier : selon une étude du MIT, les fausses informations se diffusent six fois plus vite que les vraies sur Twitter, portées par des algorithmes qui favorisent les contenus émotionnels et polémiques. Les plateformes comme Facebook ou Instagram, avec leurs milliards d’utilisateurs, sont devenues des terrains fertiles pour les infox, au détriment du débat public et de la vérification des sources.
Difficile pour autant de jeter la pierre aux internautes. L’IA permet de créer des fake news de plus en plus crédibles, au point qu’il est de plus en plus complexe de distinguer le vrai du faux dans le flux incessant d’informations. Vera se positionne comme une réponse technologique à un problème systémique : accessible gratuitement via WhatsApp, téléphone et désormais Instagram, l’outil permet de poser une question à l’oral ou à l’écrit et d’obtenir une réponse argumentée, basée sur une sélection de sources fiables, issues du fact-checking professionnel et des médias de référence.
Fact-checker les réseaux
En plus de diffuser de fausses informations, la montée en puissance des fake news n’est pas sans conséquences. Les post-vérités (comme aime à les appeler Donald Trump) alimentent la polarisation des avis, au risque de créer des phénomènes politiques et sociaux bien réels. Alors que les hommes votent de plus en plus à droite, et les femmes de plus en plus à gauche, les réseaux sociaux jouent un rôle de catalyseur, en offrant un espace de vie aux théories masculinistes, racistes, ou homophobes.
Face à une situation latente, le fact-checking s’est imposé comme un outil indispensable. Mais il reste confronté à plusieurs défis majeurs. Non seulement le fact-checking est trop lent par rapport à la vitesse de propagation des fake news, mais en plus ces dernières sont de plus en plus complexes à déceler. Ajoutez à cela la défiance d’une partie du public envers les médias traditionnels et des initiatives de vérification, longtemps portées par des journalistes, qui peinent à toucher un public jeune, plus habitué à s’informer sur les réseaux sociaux, et Vera s’impose comme une alternative d’utilité publique.
Une IA au service de l’esprit critique
L’originalité de l’outil tient à plusieurs aspects. D’abord, son accessibilité : Vera fonctionne sur des canaux très utilisés par les jeunes et ne nécessite pas de connexion Internet pour sa version vocale, ce qui la rend accessible à des publics peu connectés. Ensuite, sa méthode : elle s’appuie sur plus de 350 sources fiables, dont une centaine d’équipes de fact-checking accréditées (Les Décodeurs, CheckNews, AFP Factuel, etc) ainsi que plusieurs médias scientifiques ou généralistes reconnus. La supervision d’un comité d’experts indépendants – comprenant des spécialistes de la désinformation, des chercheurs et des journalistes – vise aussi à garantir la qualité et l’impartialité des réponses fournies. Une garantie indispensable, à l’heure où la question de l’indépendance des outils de vérification fait débat.
L’arrivée d’outils comme Vera ne résoudra pas à elle seule la crise de la désinformation, mais elle marque une étape importante : celle de la démocratisation du fact-checking, directement là où l’information circule et influence les opinions. Reste à voir si ce type d’initiative saura s’imposer face à la viralité des fake news et à la défiance envers les autorités de l’information.
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