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Les constructeurs de voitures peuvent souffler, l’Europe renonce à cette mesure

Menacée d’interdiction dans l’Union européenne, la fibre de carbone échappe finalement à une mesure qui aurait pu bouleverser l’industrie automobile. Les constructeurs de voitures sportives et électriques peuvent souffler : le matériau ultraléger reste autorisé.

C’est un soulagement pour l’industrie automobile : la fibre de carbone ne figurera finalement pas dans la liste des matériaux dangereux de l’Union européenne. Initialement, une proposition d’amendement à la directive sur la fin de vie des véhicules envisageait de classer cette matière parmi des substances comme le plomb, le mercure ou encore le cadmium. Ce texte, rédigé en janvier, visait à mieux encadrer le recyclage et la mise au rebut des voitures, afin de limiter les risques pour l’environnement et la santé humaine.

La fibre de carbone sauvée in extremis

Le Parlement européen craignait notamment que, lors du démantèlement des véhicules, les filaments de fibre de carbone ne deviennent aériens et provoquent des irritations cutanées, tout en endommageant les machines de recyclage. Mais après révision, la mention de la fibre de carbone a été retirée de la version finale du document, comme l’ont confirmé les services parlementaires à Motor1 Italia.

La décision d’écarter cette interdiction est stratégique. Aujourd’hui, l’automobile représente environ 20 % de la consommation mondiale de fibre de carbone. Des marques comme Ferrari, Lamborghini, McLaren ou encore Koenigsegg utilisent massivement ce matériau pour construire des châssis monocoques ou des panneaux de carrosserie allégés, gage de performance. Le tout premier véhicule à l’utiliser fut la McLaren MP4/1 en Formule 1, en 1981. Elle s’est ensuite invitée sur la route via la Jaguar XJR-15, première voiture homologuée pour la route dotée d’un châssis intégralement en carbone.

Mais l’enjeu ne concerne pas que les bolides de luxe. La fibre de carbone est également essentielle pour les véhicules électriques, qui doivent impérativement rester légers pour maximiser leur autonomie. Tesla, BMW, Lucid ou Hyundai en font un usage intensif.

Un bannissement européen aurait donc eu des conséquences importantes, d’autant que certains des plus gros producteurs mondiaux — Teijin, Toray Industries ou Mitsubishi Chemical — sont basés en Asie. Après l’annonce de la proposition en janvier, leurs actions avaient d’ailleurs chuté de manière notable.

Derrière cette volte-face, on perçoit une forme de pragmatisme économique. La fibre de carbone a représenté un marché estimé à 5,5 milliards de dollars en 2024. Un poids lourd industriel difficile à écarter sans froisser toute une chaîne de valeur — du secteur aéronautique aux constructeurs automobiles.

Même si l’intention écologique n’est pas remise en cause, la Commission semble avoir pris conscience que les avantages du matériau — légèreté, solidité, performance — l’emportent, pour l’heure, sur les inconvénients liés à sa fin de vie. Le sujet reste sensible, et il est probable que l’Europe poursuive ses efforts pour améliorer les techniques de recyclage plutôt que d’exclure purement et simplement ce composant-clé.

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Source : Motor1

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