Deux ans après une grève sans précédent pour l’industrie cinématographique et télévisuelle américaine, qui portait entre autres sur l’usage de l’IA, deux géants d’Hollywood sortent les griffes. Selon l’AFP via Le Monde, Disney et NBCUniversal attaquent MidJourney pour leur usage de plusieurs personnages emblématiques de leurs catalogues. En effet, les deux studios reprochent au générateur d’images d’être capable de faire éclore des clones de Dark Vador ou des Mignons.
Dans leurs plaintes, les deux entités expliquent que l’entreprise “génère a l’infini des copies non autorisées de travaux” détenus par leurs studios. Disney et Universal précise avoir demandé à plusieurs reprises de cesser, sans succès. Désormais, Disney et Universal réclament 150 000 dollars par œuvre bafouée.
Cette plainte intervient alors que MidJourney espère proposer un outil de génération de vidéos prochainement. Il n’est pas difficile de comprendre en quoi ce prochain lancement inquiète. D’ici à quelques mois, les utilisateurs pourraient imaginer des films Star Wars ou Moi, moche et méchant d’un simple clic. Des productions non officielles qui pourraient nuire à l’image des marques utilisées. Récemment, la reproduction de la voix de Dark Vador dans Fortnite, a créé la controverse. Pendant une brève période, le personnage était capable de jurer face aux joueurs.
Pourquoi c’est important ?
L’intelligence artificielle est un sujet sensible pour les géants d’Hollywood. Comme bien des industries, le cinéma et la télévision espèrent en tirer profit pour développer leurs activités. Pour réaliser des prouesses techniques du côté des effets visuels ou sonore, pour améliorer les expériences utilisateurs des plateformes ou pour économiser des précieux deniers, l’IA est une révolution dont tout le monde veut s’emparer.
Mais elle a aussi ses détracteurs, et particulièrement du côté des syndicats. L’utilisation de l’IA au détriment de comédiens ou de scénaristes était l’un des points de discorde entre les organisations et les représentants des entreprises du secteur. L’accord conclut en 2023 a permis d’imposer des gardes fous pour assurer la survie de nombreux corps de métier.
Disney avait particulièrement pointé du doigt pour son recours à l’IA sur le tournage de Wandavision et pour le générique de Secret Invasion. Dans un tel contexte, Mickey paraissait vouloir rester en retrait. En décembre dernier, la Writers Guild of America avait appelé les studios à s’emparer de ces problématiques. L’idée était de faire front commun pour permettre d’établir un cadre légal clair et protégeant la propriété intellectuelle de ces outils.
En effet, Midjourney comme OpenAi cultivent le flou sur la manière dont leurs intelligences artificielles ont été entraînées. Actuellement, les entreprises du secteur utilisent la notion de “fair use” pour se protéger. Cet ensemble de lois limite les droits sur la propriété intellectuelle en prenant en compte les intérêts des détenteurs des droits d’auteur et l’intérêt public pour autoriser certains usages qui auraient autrement été considérés comme illégaux. Concrètement, il s’agit d’évaluer le bienfondé d’une démarche au regard de ce qu’elle peut apporter aux deux parties.
Si le tribunal fédéral de Los Angeles venait à se prononcer en faveur de la Walt Disney Company et de NBCUniversal, ce serait une avancée majeure pour le secteur du divertissement. D’abord parce que d’autres studios pourraient marcher dans les pas des deux entreprises mais aussi et surtout parce qu’il pourrait largement remettre en question le modèle économique des géants de l’intelligence artificielle.
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