La NASA a commencé à éteindre discrètement des dizaines de ses comptes X (anciennement Twitter) dédiés à ses missions scientifiques, comme ceux des rovers Curiosity et Perseverance, ou encore du mythique duo Voyager. En tout, au moins 23 comptes liés à la Science Mission Directorate (SMD) disparaîtront ou seront fusionnés. L’agence justifie cette décision par le besoin de « rationaliser » une présence devenue tentaculaire : plus de 400 comptes, dont 300 pour la seule SMD.
Robots muets
Certains y voient un ajustement nécessaire, en évoquant une opération « attendue depuis longtemps ». D’autres s’inquiètent : la suppression de ces comptes revient à réduire les canaux d’accès à des missions passionnantes et très suivies. Le compte @MarsCuriosity comptabilise ainsi plus de 4 millions d’abonnés, et continue pour l’instant de poster ses « meilleurs souvenirs » avant sa mise en sommeil. Même tonalité pour @NASAVoyager ou @NASAPersevere, qui partagent leurs « moments forts » avant de céder leur place aux canaux principaux de la NASA.
Mais tous ces robots ne sont pas silencieux pour autant : les missions continuent sur le terrain — ou plutôt dans l’espace. Il faudra désormais suivre leurs évolutions via les comptes généralistes de l’agence, jugés plus lisibles par les communicants. Un changement de ton qui déplaît à certains chercheurs pour qui cette uniformisation est une erreur : « Le propre des réseaux sociaux, c’est de permettre aux voix singulières de toucher leur propre public », affirme ainsi l’astrophysicien Jonathan McDowell.
Derrière cette restructuration numérique se cache une coupe bien réelle. Le budget 2026 proposé par Donald Trump prévoit de réduire de près de 25 % les fonds alloués à la NASA, dont près de la moitié pour les programmes scientifiques. Résultat : plus de 40 missions actuelles ou en développement pourraient être supprimées, à commencer par Voyager, Orion ou la très attendue mission de retour d’échantillons martiens (Mars Sample Return).
Le bureau des communications est lui aussi dans le viseur, avec un budget quasiment divisé par deux, passant de 76,2 à 33,8 millions de dollars. L’objectif affiché : centraliser les fonctions à Washington, réduire les échelons intermédiaires et automatiser les tâches de routine.
Ce climat budgétaire délétère ne touche pas que la NASA. Le site Climate.gov, portail de la NOAA sur le climat, devrait également fermer après le licenciement de la quasi-totalité de son équipe. Pour beaucoup d’observateurs, ces coupes traduisent une volonté plus large de restreindre la visibilité des sciences publiques aux États-Unis.
Une stratégie assumée dans les chiffres, mais qui fait grincer des dents chez les passionnés de l’espace. Les robots continueront d’explorer les confins du système solaire, mais on n’en entendra plus vraiment parler.
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