Passer au contenu

ChatGPT ramollit le cerveau

Des étudiants, des casques EEG et ChatGPT dans le rôle du souffleur : au MIT, des chercheurs ont voulu voir comment le cerveau réagit quand on écrit avec l’aide de l’IA. Spoiler : il ne réagit pas beaucoup.

Est-ce qu’utiliser ChatGPT pour écrire un texte, c’est comme activer le mode « économie d’énergie » du cerveau ? C’est un peu ce que suggère une étude menée par une équipe du MIT. Pendant plusieurs mois, des étudiants de la région de Boston ont été invités à rédiger de courts textes… avec ou sans aide. Le tout, casque EEG sur la tête, histoire d’observer ce qui se passe (ou pas) dans leur matière grise.

La sieste du cerveau

Trois groupes : un premier sans aucune aide, un deuxième avec un moteur de recherche, et un troisième équipé de GPT-4o, le modèle IA d’OpenAI. Résultat ? Plus on s’appuyait sur un outil extérieur, moins le cerveau travaillait. Et c’est le groupe « ChatGPT » qui décroche la palme de la paresse cérébrale, avec une baisse d’activité pouvant atteindre 55 % par rapport à ceux qui se débrouillaient seuls.

Le moteur de recherche, lui, fait un peu mieux (ou un peu moins mal), mais montre aussi un net recul. L’activité cérébrale a été mesurée via un outil un peu barbare nommé Dynamic Directed Transfer Function (dDTF), qui analyse comment l’information circule entre les différentes zones du cerveau. En substance : plus ça bouge, plus le cerveau s’implique.

Et ce n’est pas juste une question d’ondes cérébrales. Les chercheurs ont aussi testé la mémoire et le sentiment d’appropriation des textes écrits. Verdict : ceux qui ont utilisé ChatGPT s’en souviennent moins bien… et ont l’impression d’avoir moins « créé » eux-mêmes. Pire encore : quand on leur retire l’IA dans une session suivante, leur performance s’effondre.

À l’inverse, ceux qui avaient commencé en solo, puis ont eu accès à ChatGPT par la suite, ont vu leur cerveau s’activer davantage. Comme si l’IA fonctionnait mieux quand on l’utilise après avoir un peu chauffé les neurones soi-même.

Conclusion des chercheurs ? Laisser l’IA faire le boulot dès le départ, c’est prendre le risque d’apprendre moins bien. Mieux vaut commencer à réfléchir par soi-même, quitte à appeler ChatGPT en renfort après coup.

Cette étude n’a pas encore été validée par la communauté scientifique, donc prudence. Mais elle soulève un vrai sujet, surtout à l’heure où les étudiants sont de plus en plus nombreux à s’appuyer sur des IA pour faire leurs devoirs. La chercheuse Nataliya Kosmyna, qui a dirigé le projet, ne parle pas de « cerveau ramolli » ou de génération abrutie par les IA. Elle préfère alerter sur la nécessité d’encadrer l’usage de ces outils, en particulier dans le domaine de l’éducation.

D’autres recherches sont déjà prévues : la prochaine portera sur la façon dont notre cerveau réagit quand on demande à l’IA de coder à notre place. En attendant, si vous utilisez ChatGPT pour écrire vos textes, gardez au moins un peu d’espace pour votre propre matière grise, ça peut toujours servir !

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Source : MIT

Mode