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Les bouteilles en verre contiennent plus de microplastiques… que celles en plastique

Les bouteilles en verre, longtemps perçues comme l’alternative écologique et saine au plastique, contiendraient, en moyenne, cinq à cinquante fois plus de microplastiques que leurs homologues en plastique.

L’étude, publiée mi-mai dans le Journal of Food Composition and Analysis, vient lancer un pavé dans la mare. Après avoir analysé divers types de boissons courantes – sodas, bières, thés glacés, vins et eaux – conditionnées dans différents contenants, les résultats sont sans appel : les boissons embouteillées dans du verre présentent une contamination moyenne d’environ 100 particules de microplastiques par litre, contre seulement 2 à 20 pour les bouteilles en plastique ou les canettes. La surprise est d’autant plus grande que l’on s’attendait, intuitivement, à un résultat inverse, confie Iseline Chaïb, doctorante à l’Anses et cheffe de file de l’étude. Mais alors, comment expliquer ce phénomène ?

La capsule métallique

L’explication ne réside ni dans le verre lui-même, ni dans l’environnement, mais dans la capsule métallique qui scelle la bouteille. Les analyses ont montré que les microplastiques retrouvés dans les boissons en bouteille de verre sont identiques, en couleur et en composition, à la peinture qui recouvre l’extérieur des capsules. Pendant leur stockage en vrac avant utilisation, ces dernières subissent des frottements qui provoquent de minuscules éraflures invisibles à l’œil nu. Ce sont ces micro-éraflures qui libèrent des particules de plastique dans la boisson au moment de la mise en bouteille.

La contamination varie selon le type de boisson. Les bières, limonades et colas sont les plus touchés, avec respectivement 80 à 133 particules par litre, tandis que l’eau et le vin présentent des niveaux bien moindres (4,5 particules par litre dans l’eau en bouteille de verre, 1,6 dans le plastique).

Quels risques pour la santé ?

L’Anses propose des pistes concrètes pour réduire cette pollution. Des tests de nettoyage des capsules avant encapsulage (soufflage d’air, rinçage à l’eau filtrée et à l’alcool) ont permis de réduire de 60 % le nombre de particules de microplastiques dans les boissons. Modifier les conditions de stockage des capsules pour limiter les frottements, ou revoir la composition des peintures utilisées, peuvent aussi jouer sur la balance finale, à condition que les industriels acceptent de jouer le jeu de la santé publique.

À ce jour, aucune donnée toxicologique ne permet de déterminer si les quantités de microplastiques retrouvées dans les boissons présentent un risque avéré pour la santé humaine. L’Anses souligne la nécessité de poursuivre les recherches, tout en appelant les industriels à agir rapidement sur les sources identifiées de contamination. Reste que les résultats de cette étude mettent en lumière la complexité d’une balance entre écologie et risques sanitaires. Si le verre est la meilleure option écologique en matière de recyclabilité, il n’est pas, en l’état actuel des pratiques industrielles, le contenant le plus sûr du point de vue de la pollution aux microplastiques.

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