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Votre vol a du retard ? Vous allez devoir encore plus galérer pour être indemnisé !

Les passagers aériens européens risquent bientôt de voir leurs droits à indemnisation fortement réduits en cas de vol retardé. Explications.

Un accord informel vient d’être trouvé entre les 27 États membres de l’Union européenne pour revoir à la baisse le célèbre règlement européen 261/2004, qui encadre depuis près de 20 ans les compensations versées aux voyageurs lésés. À la clé : des retards plus longs nécessaires pour espérer toucher une compensation, et des montants parfois revus à la baisse.

Une réforme poussée par les compagnies aériennes

Cela faisait des années que les transporteurs réclamaient une réforme. Selon eux, la législation actuelle coûte trop cher et ne tient pas compte des réalités du transport aérien. En moyenne, les indemnisations versées atteindraient 8 milliards d’euros par an. Trop, estiment les compagnies, qui jugent le système actuel “disproportionné”, notamment lorsqu’un vol court est retardé de quelques heures pour une cause mineure mais conduit à une indemnité forfaitaire de 250 € par passager.

La pression a fini par porter ses fruits : le 6 juin 2025, les 27 ont validé un texte de compromis, en attente désormais d’un vote du Parlement européen. Il entérine une révision profonde des seuils d’indemnisation, et donc une réduction des droits des voyageurs.

Ce qui va changer concrètement

Jusqu’à présent, les passagers pouvaient prétendre à une compensation allant de 250 à 600 € si leur vol était retardé d’au moins trois heures à l’arrivée, en fonction de la distance parcourue. Ce principe, validé à plusieurs reprises par la Cour de justice de l’Union européenne, faisait office de norme protectrice sur le Vieux Continent.

Avec le nouveau texte, ces seuils vont évoluer :

  • Sur les vols courts (moins de 1 500 km), le retard minimum passe de 3 h à 4 heures, mais l’indemnité grimpe légèrement, de 250 € à 300 €.
  • Sur les vols long-courriers (au-delà de 3 500 km), il faudra désormais un retard d’au moins 6 heures (contre 3 aujourd’hui) pour espérer toucher une compensation. Et celle-ci sera réduite à 500 €, contre 600 € actuellement.

Autrement dit, une grande majorité des retards aujourd’hui indemnisés, notamment ceux compris entre 3 et 6 heures, ne donneront plus droit à aucune compensation si la réforme est adoptée en l’état.

Une pilule amère pour les associations de consommateurs

Du côté des associations de défense des voyageurs, la réaction ne s’est pas fait attendre. La Fédération européenne des voyageurs (BEUC) parle d’un recul inquiétant des droits acquis, au profit des compagnies aériennes. “Ce texte revient à dire que le retard doit être plus grave pour espérer toucher moins“, dénonce un porte-parole. Plusieurs ONG demandent au Parlement de bloquer ou d’amender cette réforme, jugée trop favorable au secteur aérien.

L’ironie, c’est que cette réforme intervient à un moment où les compagnies enregistrent un retour massif des passagers post-Covid, et où les retards et annulations restent nombreux dans de nombreux aéroports européens.

Pour l’heure, rien n’est encore définitif. Ce projet de réforme doit encore être examiné et voté par le Parlement européen. Des amendements sont possibles, mais les lignes directrices semblent déjà bien arrêtées. Si le texte est validé tel quel, il faudra compter plusieurs mois avant son entrée en vigueur effective. D’ici là, les règles actuelles restent applicables.

Autrement dit, en 2025, il est encore possible de réclamer jusqu’à 600 € d’indemnité si votre vol est retardé de 3 h ou plus, mais cela pourrait changer dès l’an prochain.

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