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De plus en plus de jeux vidéo utilisent l’IA générative, pour le meilleur et pour le pire

Sur Steam, près d’1 jeu sur 5 déclare désormais utiliser cette technologie d’une manière ou d’une autre. Une tendance à la fois enthousiasmante et préoccupante.

Les créateurs et artistes de tout bord ont difficilement pu passer à côté du phénomène de l’intelligence artificielle générative, à une époque où Internet commence à déborder d’images, de vidéos et même de morceaux de musique entièrement synthétiques. Et apparemment, cela vaut aussi pour les jeux vidéo : selon une petite enquête de Totally Human, près de 20 % des jeux publiés sur Steam en 2025 ont désormais recours à l’IA générative.

Dans un premier article sur le sujet l’année dernière, le média avait identifié environ 1 000 titres dont les auteurs avaient ouvertement déclaré avoir utilisé l’IA générative d’une manière ou d’une autre. Mais ce chiffre a explosé depuis et flirte désormais avec la barre des 8 000 — une augmentation de presque 700 % ! Autre donnée très évocatrice : environ 20 % des jeux sortis depuis janvier 2025 déclarent avoir recours à cette technologie, et le chiffre réel est sans doute significativement plus élevé.

L’IA au service du développement… et du gameplay

Tous les développeurs ne l’emploient cependant pas de la même façon. Certains s’en servent pour générer des assets comme des textures ou des arrière-plans, de la musique ou même des dialogues — soit textuels grâce à des LLM de type ChatGPT, soit directement en format audio avec des systèmes de text-to-speech. La partie code est aussi concernée : grâce aux progrès de services spécialisés comme Claude Code, il est désormais facile pour un studio indépendant d’utiliser ces outils pour réparer un bug récalcitrant ou même générer un nouveau système à partir de rien.

Et il n’y a pas qu’en coulisses que l’IA est de plus en plus présente. Elle commence aussi à s’immiscer directement dans le gameplay. inZOI, la simulation de vie parfois présentée comme le nouveau concurrent des Sims, en est un bon exemple : ce jeu s’appuie sur de petits modèles IA pour gérer le comportement des humains virtuels.

Il existe aussi quelques cas où l’intégralité du gameplay repose directement sur l’IA — et les résultats ne sont pas toujours aussi catastrophiques qu’on pourrait le penser. On peut citer AI Roguelite, un jeu qui revendique fièrement son utilisation massive de cette technologie. « Toutes les entités sont générées par l’IA et toutes les mécaniques de jeu sont dirigées par l’IA », peut-on lire dans la description. Et apparemment, les joueurs en redemandent, comme en témoignent les 92 % d’avis positifs récents.

Une vraie tendance, pour le meilleur et pour le pire

D’autres indices montrent bien que cela commence à devenir une vraie tendance. Nvidia, par exemple, consacre désormais des ressources considérables au développement d’outils IA pour les développeurs. On se souvient notamment de la dernière démo d’ACE, une plateforme qui permet de générer des dialogues et des animations faciales procédurales pour créer des PNJ plus vrais que nature.

Même constat au niveau de la scène indépendante, et il suffit de faire un petit détour par l’Asset Store pour s’en convaincre. Depuis quelques mois, cette plateforme où chacun peut vendre des outils de développement destinés au moteur de jeu Unity a vu émerger des dizaines d’assets centrés sur l’IA. Des générateurs de dialogues et d’effets sonores aux intégrations natives de LLM populaires comme ChatGPT, il y en a désormais pour tous les goûts.

Il sera très intéressant de suivre l’évolution de cette tendance dans les prochaines années. D’un côté, l’IA générative pourrait offrir une vraie bouffée d’air frais au monde du jeu vidéo en aidant de nombreux développeurs, notamment indépendants, à contourner les limites techniques qui les empêchaient de donner vie à des projets très intéressants. Une perspective réellement enthousiasmante… à condition que cette technologie soit intégrée avec discernement et mise au service d’une vision créative forte, au lieu d’être employée comme une béquille pour pallier un manque de moyens ou d’imagination.

Nous vous donnons donc rendez-vous d’ici quelques années pour un nouvel état des lieux. L’IA générative va-t-elle lancer une véritable révolution vidéoludique, ou conduire à l’apparition d’une montagne de jeux bâclés et artistiquement stériles ? Les paris sont ouverts !

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Source : Totally Human

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