Passer au contenu

Les smartphones vendus aux États-Unis sont de moins en moins « Made in China »

L’Inde devient le nouveau champion de l’assemblage pour les téléphones vendus aux États-Unis. Derrière ce changement, on trouve les tensions commerciales avec la Chine, la prudence des marques, et une bonne dose d’anticipation pour éviter les droits de douane de Donald Trump.

Une petite phrase résume bien la tendance : en un an, la Chine est passée de 61 % à 25 % des smartphones expédiés vers les États-Unis, selon Canalys. Et c’est l’Inde qui rafle la mise, avec une part qui grimpe à 44 %. Autrement dit, presque un téléphone sur deux vendu aux États-Unis sort désormais d’une usine indienne.

Apple mise gros sur l’Inde, et ça change tout

Ce glissement ne sort pas de nulle part. Apple, par exemple, accélère sa stratégie dite « China Plus One ». L’idée est de ne plus dépendre uniquement de la Chine pour produire des iPhone. Résultat, le constructeur a boosté ses capacités en Inde, au point d’y fabriquer et d’assembler certains modèles d’iPhone 16, et tout particulièrement les versions Pro destinées aux États-Unis.

D’autres marques s’y mettent aussi, comme Motorola ou Samsung, même si leur transition est plus timide. Motorola continue de produire surtout en Chine, et Samsung s’appuie toujours beaucoup sur le Vietnam.

Canalys
© Canalys

Côté ventes, le marché américain est plutôt calme. Au deuxième trimestre 2025, la croissance n’est que de 1 %, alors que les marques ont envoyé plein de téléphones vers les distributeurs. Pourquoi ? Pour anticiper des droits de douane supplémentaires imposés par Donald Trump, toujours dans l’air du temps avec les tensions US-Chine.

Apple, par exemple, avait déjà bien rempli ses stocks à la fin du premier trimestre. Samsung a suivi le mouvement un peu plus tard, ce qui a contribué à une jolie hausse de ses livraisons (+38 %, soit 8,3 millions d’unités). Apple reste numéro un avec 13,3 millions d’iPhone écoulés, même si c’est en baisse de 11 %. Motorola, Google et TCL complètent le top 5, avec des fortunes diverses (Google monte, TCL descend).

Mais malgré tous ces efforts, les consommateurs n’achètent pas forcément plus. Le contexte économique reste tendu, et la peur de nouvelles taxes pèse sur les habitudes d’achat. Résultat : les magasins sont pleins, mais la demande reste modeste.

Autre effet secondaire : le marché américain devient un terrain de jeu difficile pour les marques plus petites. Le groupe finlandais HMD, détenteur de la licence Nokia, a déjà décidé de réduire la voilure. Quand 90 % du gâteau est mangé par trois géants (Apple, Samsung, Motorola), il ne reste pas grand-chose à partager.

Certaines marques comme OnePlus ou Nothing tentent leur chance sans passer par les opérateurs, en vendant directement sur leurs sites ou via Amazon et BestBuy. Mais leur présence reste limitée. Sans gros volumes ni partenaires solides, difficile de s’imposer.

Produire ailleurs qu’en Chine devient donc la norme, mais toujours pas aux États-Unis comme le réclame pourtant la Maison Blanche à cor et à cri. De toute façon, construire en Inde ou ailleurs ne suffit pas à faire décoller les ventes. Le vrai nerf de la guerre, ce n’est pas seulement où l’on fabrique les téléphones… c’est surtout de réussir à les vendre.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Source : Canalys

Mode