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Comme sur les paquets de cigarettes, New York impose des avertissements aux réseaux sociaux

Après le tabac, l’alcool ou certains jeux vidéo, c’est au tour des réseaux sociaux de se voir affublés d’avertissements sanitaires. L’État de New York va obliger les plateformes à afficher des messages de mise en garde sur les effets potentiels de certaines fonctions sur la santé mentale des jeunes. Un parallèle assumé avec les paquets de cigarettes pour marquer les esprits.

Faites défiler sans fin, laissez une vidéo s’enchaîner automatiquement, guettez les « likes » qui s’accumulent : à New York, ces gestes du quotidien numérique vont bientôt s’accompagner d’un avertissement. Un peu comme ce « Fumer tue » imprimé en gros caractères sur les paquets de cigarettes.

Un message de prévention, pas une interdiction

La loi, adoptée par le Parlement de l’État en juin et signée par la gouverneure Kathy Hochul, impose aux réseaux sociaux d’afficher des messages de prévention dès qu’un utilisateur interagit avec des fonctionnalités jugées « addictives ». Le défilement infini, la lecture automatique, les compteurs de popularité ou les fils algorithmiques sont directement visés.

Le principe est simple : prévenir, au moment précis de l’usage. Comme pour le tabac, il ne s’agit pas d’interdire, mais d’informer. Les avertissements devront apparaître lors de la première utilisation de ces fonctions, puis revenir régulièrement si l’usage se prolonge. Impossible de les ignorer ou de les balayer d’un clic rapide : le message devra être vu.

Les plateformes ne pourront pas non plus se contenter d’un paragraphe noyé dans les conditions générales. La loi leur interdit explicitement de reléguer ces avertissements dans des zones rarement consultées. Ici, le modèle est clairement celui des mentions sanitaires bien visibles, pensées pour interrompre le geste automatique comme lorsqu’un fumeur sort son paquet. Les entreprises concernées s’exposent à des amendes pouvant atteindre 5.000 $ par infraction en cas de non-respect.

L’analogie avec les cigarettes est pleinement assumée par les autorités new-yorkaises. « Les avertissements existent déjà sur de nombreux produits », rappelle l’exécutif local : tabac, alcool, aliments trop sucrés ou trop salés, plastiques à risque d’étouffement, ou encore jeux vidéo signalant les dangers pour les personnes épileptiques. Les réseaux sociaux rejoignent donc cette liste de produits ou de services dont l’usage comporte des risques, en particulier pour les plus jeunes.

Pour New York, l’objectif est avant tout la transparence. « Les New-Yorkais méritent de savoir à quoi ils s’exposent », insiste la gouverneure. Et les chiffres avancés pour justifier cette approche ont de quoi faire réfléchir : des études récentes montrent que les adolescents passant plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux présentent un risque d’anxiété et de dépression deux fois plus élevé. Environ un sur deux dit se sentir moins bien dans son corps à cause de ces plateformes.

New York n’est pas seul sur ce terrain. D’autres États américains ont tenté des approches similaires, avec plus ou moins de succès face aux recours juridiques des géants du numérique. Ailleurs dans le monde, l’Australie a choisi une méthode plus radicale en interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, et le Danemark s’apprête à suivre une voie comparable.

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