Sur le papier, le changement est net : Michał Kiciński devient l’unique propriétaire de GOG, jusqu’ici intégrée à l’écosystème du studio CD Projekt. Dans les faits, la continuité est revendiquée. « La mission reste la même : faire vivre les jeux pour toujours », assure la plateforme, fidèle à son slogan « Make Games Live Forever ».
GOG, bastion du 0 % DRM et de la préservation des jeux vidéo
Le nouveau proprio insiste sur l’ADN commun entre GOG et CD Projekt : « Liberté, indépendance et véritable sentiment de propriété ». Selon lui, les jeux AAA du groupe continueront de renforcer l’attractivité de la boutique. Un accord de distribution a d’ailleurs été signé : tous les prochains titres de CD Projekt Red sortiront aussi sur GOG. Autrement dit, The Witcher et Cyberpunk resteront des piliers du catalogue, présents dès le lancement et sans DRM. Pour le studio polonais, ce recentrage est assumé. Le co-PDG Michał Nowakowski explique que le groupe souhaite désormais concentrer ses ressources sur sa feuille de route et l’expansion de ses franchises. GOG, déjà autonome dans son fonctionnement, « passe entre de très bonnes mains ».
Au-delà de la gouvernance, l’opération vise à renforcer la ligne éditoriale singulière de la boutique. GOG reste l’un des rares distributeurs majeurs à défendre le jeu sans DRM, avec des installeurs hors ligne et un client optionnel. « Votre bibliothèque reste la vôtre », promet la plateforme, qui assure conserver les mêmes pratiques en matière de données et d’accès aux jeux.
Cette philosophie s’accompagne d’un engagement marqué pour la préservation. Lancé fin 2024, le Preservation Program vise à maintenir la compatibilité des jeux avec les systèmes actuels et futurs, afin d’éviter que des classiques ne disparaissent dans les limbes. GOG a également rejoint la Fédération européenne des archives, musées et projets de préservation du jeu vidéo (EFGAMP), un signal fort dans un secteur où la conservation reste souvent secondaire.
La boutique s’est aussi illustrée par des choix éditoriaux tranchés, comme l’accueil du jeu d’horreur Horses de Santa Ragione, refusé par Steam et l’Epic Games Store. GOG y voyait une question de principe : laisser aux joueurs la liberté de choisir et offrir aux créateurs un espace pour leurs œuvres.
Michał Kiciński, qui se décrit comme un « joueur mature », revendique par ailleurs son goût pour les classiques. Il estime que des jeux anciens, bien conçus, offrent parfois autant de plaisir que les nouveautés, dans un marché saturé par les productions. Cette sensibilité se traduira aussi par l’arrivée, annoncée pour l’année prochaine, de nouveaux titres au « véritable esprit rétro », dont certains développés avec son implication personnelle.
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